Campagne d'abattage de volailles : la Confédération paysanne craint la disparition des petits élevages

Sources : France Bleu et France Info, mis en ligne le 5 janvier 2017

860 infographie grippe aviaireÀ l’issue d’une réunion de la filière au ministère de l’agriculture ce mercredi, une solution a été adoptée pour endiguer l’épizootie de grippe aviaire : un vide sanitaire avec abattage des canards dans une partie des départements du Gers, des Landes, des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Atlantiques. La Confédération paysanne craint que les petits élevages soient pénalisés.

Un nouveau plan de lutte contre la grippe aviaire a été annoncé ce mercredi par le ministère de l’agriculture : l’abattage de palmipèdes en parcours extérieurs situés dans 150 communes du Gers, des Landes, des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées. Cela concerne potentiellement plus d'un million de canards prêts à gaver. Ni les gallinacées, ni les canards actuellement au gavage pour le fois gras, ni les canetons, ni les animaux détenus par des particuliers ne sont concernés.

"La décision ne concerne pas toutes les zones dans lesquelles il y a eu de l'influenza aviaire, mais une zone dans laquelle il y a encore une activité virale très importante", explique à France Bleu Bruno Ferrera, chargé de la sécurité sanitaire au ministère de l'agriculture. Il ajoute : "Il est important de pouvoir stopper le virus dans cette zone afin de protéger les autres."

Un abattage en plusieurs temps

Cet abattage débutera ce jeudi 5 janvier pour se terminer le 20. Dans un premier temps, les exploitations situées dans les zones de protection (3 km autour d'un foyer) des départements des Landes, du Gers, des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Atlantiques sont concernées, ainsi que les zones de surveillance qui se trouvent à proximité des Landes. Le but est d'éviter que le H5N8 ne s'étende vers l'Ouest. Si la propagation du virus n'est pas endiguée, les exploitations situées dans la zone de surveillance (10 km) seront également vidées.

Selon France Bleu, quatre abattoirs seront dédiés à cette mission. S'en suivra une période de vide sanitaire dont on ne connaît pas la durée. L'arrêté du ministère de l'Agriculture du 4 janvier précise que cette zone est susceptible d'évoluer en fonction de l'avancée du virus H5N8.

Un virus redoutable

Pourquoi ce changement de méthode par rapport à l’année dernière ? Il s’agit, cette année, du virus H5N8, très contagieux et très virulent. L'an dernier, sept souches différentes avaient été identifiées en France mais il n'y avait pas de virus H5N8. Le vide sanitaire s’était fait progressivement, les canards avaient pu aller à maturité.

Un risque de généralisation du schéma industriel

Laurent Pinatel, porte-parole du syndicat Confédération paysanne, ne nie pas le bien-fondé de cet abattage massif. Il met toutefois en cause l'industrialisation du secteur. "Il y a des industriels qui ont pris des risques inconsidérés avec le devenir des élevages, sans en assumer aujourd'hui les conséquences", déplore-t-il. Selon lui, l'importante concentration d'animaux dans un même secteur conduit à une propagation plus rapide.

"L'épisode du vide sanitaire en avril dernier a été plutôt facile à faire pour les grosses structures de type industriel. Il a été beaucoup plus contraignant pour les producteurs fermiers", poursuit Laurent Pinatel. Il craint qu'à terme cet épisode de grippe aviaire conduise à la disparition de l'élevage fermier et à la généralisation du schéma industriel. La campagne d'abattage dans le sud-ouest de la France doit durer jusqu'au 20 janvier. Environ 800 000 volailles sont concernées par ce premier volet. Si le virus persiste, le chiffre pourrait atteindre 1,3 million. La souche H5N8, qui inquiète les services sanitaires, n'avait pas été détectée lors de la précédente épizootie, d'où les abattages plus nombreux en 2016 et 2017.

 

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