Depuis quelques semaines, la Grèce est secouée par un mouvement social. Jeudi 11 mars,
une nouvelle grève générale a paralysé le pays. A Athènes, dans la capitale, plus de 100 000 manifestants ont battu le pavé à l'appel notamment de la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE, un million de membres) et de la Fédération des fonctionnaires (Adedy, 375 000 adhérents).
Des affrontements avec les forces de l'ordre ont émaillé le défilé où les banderoles en disaient long sur l'ampleur du malaise et de la contestation :
«Même s'ils nous terrorisent, les mesures ne passeront pas», «Nous sommes des hommes, pas des numéros», ou encore «L'Europe doit changer où elle sombrera».
Les manifestants protestent contre les mesures d'austérité du gouvernement social-démocrate de Georges Papandréou. Le pays est actuellement touché par une grave crise économique. En cause,
une vague de spéculation sur la dette grecque via les désormais fameux Credit default swaps, ces produits financiers qui permettent aux spéculateurs de faire leur beurre sur la dette d'un Etat. Paris, Berlin et Athènes, avec Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, viennent de demander à la Commission européenne
l'ouverture d'une enquête sur ces CDS. En revanche, Paris et Berlin divergent encore sur l'opportunité de la création d'un Fonds monétaire européen. Même si mercredi 10 mars, à la suite d'une rencontre avec la chancelière Angela Merkel, François Fillon a démenti
toute « divergence de vue ».