Un CDS est une sorte d’assurance souscrite par un investisseur sur le risque de défaut d’un emprunteur. Et qui dit assurance, dit prime... Comme tous les produits dérivés, l’évolution de son cours et celui de son sous-jacent (le produit dont il est dérivé) sont intimement liés. Or on peut les faire grimper avec très peu de volumes et très peu de moyens car c'est un marché relativement petit, voir minuscule... Son principal intérêt ? Faire la loi sur les prix de son sous-jacent. Bref, dès que les CDS grecs montent, les analystes et les médias cèdent à la panique et font la surenchère de titres accrocheurs : "Les CDS grecs flambent, la Grèce bientôt en faillite".
Prenons un exemple pour mieux comprendre ce mécanisme des CDS. Imaginez que le contrat d’assurance incendie de votre maison soit à vendre. Dans ce modèle, la dette grecque est la maison, et le CDS l’assurance incendie. Si la maison brûle, autrement dit si la Grèce fait défaut, l’assurance rembourse la perte, la valeur de la maison. Du coup, si le cours de votre contrat d’assurance revendu sur le marché secondaire, comme c’est le cas des CDS, augmente, cela traduit la perception que votre maison est davantage menacée par un incendie entraînant sa valeur à la baisse. Idem pour la dette grecque. Et faisant monter le prix des CDS, les spéculateurs font fondre la valeur de la maison. Pour les Grecques, il faut désormais fournir plus de service, c’est-à-dire servir un taux d’intérêt plus important pour attirer de nouveau les investisseurs. Ce taux est aujourd’hui de 6,25%... Un miracle de la nature, puisque la plupart des institutions qui ont souscrit à l’offre peuvent s’endetter auprès de la banque centrale à 1%.
Qui ne jouerait pas ce jeu ?