Quant à savoir si la relaxe de Villepin est un camouflet pour le parquet et, partant, pour Sarkozy, Marin garde son cap : «
Sur de nombreux points, le jugement donne raison au procureur » citant la relaxe du journaliste Denis Robert et les «
rôles donnés » à Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud. Il note aussi que les juges ont reconnu que, pour Villepin, la «
complicité par abstention peut exister » même si cela ne lui a valu aucune condamnation.
Mais pour le procureur, il y a encore une «
part de vérité à faire émerger ». «
La presse a raison de dire que Dominique de Villepin est innocenté mais rien n'est encore fait » ajoute-t-il. L'ex-Premier ministre serait donc un demi-innocent? ou un innocenté coupable? A moins qu'il ne soit un innocenté à moitié coupable?
Incroyable Jean-Claude Marin! N'est-ce pas lui qui, en juin 2008, avait affirmé que les «
charges n’apparaissaient pas suffisantes » pour renvoyer Villepin devant le tribunal correctionnel? Avant de changer d'avis quelques mois plus tard, puis de se muer en pourfendeur zélé de DDV pendant les audiences. Au point qu'Arnaud Montebourg le qualifia de
« préfet judiciaire aux ordres du gouvernement ». Doublé d'un carriériste acharné, rajoutent ses détracteurs, soulignant ses multiples revirements (il fût tour à tour balladurien, puis chiraquien, puis sarkozyste). D'ailleurs, à l'issue du procès Clearstream, au cours duquel il avait requis un peine d'une incroyable sévérité à l'encontre de Villepin — 18 mois avec sursis — on avait annoncé sa prochaine nomination comme procureur général de la Cour d'appel de Paris.
Une décision reportée sine die, non seulement parce que le candidat au remplacement de Marin, Philippe Courroye, est jugé trop sulfureux. Mais aussi parce que Marin est très utile là où il est.
Il vient d'ailleurs d'en faire une nouvelle fois la preuve.
Reste que parier sur un deuxième procès Clearstream est risqué. Jean-Pierre Elkabach le résume ainsi : «
Vous voulez rendre Dominique de Villepin encore plus populaire ? ». Réponse de Marin : «
ce n'est pas mon intérêt, ce n'est pas mon objet ». On l'aura compris.