Equateur, le Président sauvé de justesse…

Le Lot en Action. 11 octobre par Willaim Wallace

Malgré une certaine controverse dans les grands médias « libres » de l’Occident qui tentent de minimiser l’évènement, on peut affirmer qu’une tentative de coup d’Etat a eu lieu le 30 septembre en Equateur.
Des policiers factieux, encouragés et manipulés par Lucio Gutierrez, chef du parti réactionnaire "Société patriotique" et alliés des investisseurs occidentaux, ont séquestré le président Rafael Correa dans l'hôpital de la police de Quito.

Les mutins s'en sont pris aussi à un immeuble de la télévision publique, envahissant brutalement les studios. Ils ont occupé un temps l'aéroport de Quito et le parlement. Le peuple a réagi rapidement et s'est rassemblé pour tenter de libérer son président, mais les policiers factieux ont bombardé la foule de jets de pierre et de grenades lacrymogènes. Il y a eu au moins un mort et plusieurs blessés.
Fort heureusement, cette terrible journée s'est bien terminée pour le peuple équatorien et son président. Il a fallu néanmoins l’intervention de deux commandos de l'armée pour sortir Correa de ce mauvais pas. Aussitôt libéré, il a pris la parole devant le peuple de Quito et tenu des propos très fermes, à l’image de sa propre fermeté durant tous ces évènements.  Le président a affirmé que cet évènement ne pouvait pas être assimilé à de simples revendications salariales  « Les moyens ne correspondent pas… Il s’agit d’une tentative de coup d’Etat déguisé… de ceux qui n’ont pas su l’emporter dans les urnes".  Il s’est dit persuadé que des médias privés (qui appartiennent pour la plupart à de grandes firmes multinationales, comme quasiment tous les nôtres) "conspirent" contre le régime.
Il a exclu le retrait de la loi qui a servi de prétexte à cette rébellion et promis que les quelques policiers et militaires impliqués seront jugés et sanctionnés à la mesure de la gravité de cette violation de l'ordre constitutionnel et démocratique.
Ces faits rappellent malheureusement beaucoup la tentative de coup d'Etat contre Chavez en 2002 et le coup d'Etat au Honduras.
Comme dans ces deux autres pays, c'est un gouvernement progressiste qui est visé, un pays de l'ALBA, un président qui, avec son peuple, veut transformer son pays pour plus de justice, plus de droits, plus d'équité, plus d'indépendance.
Nul doute que l'oligarchie équatorienne le digère mal, tout comme l'Empire qui s'inquiète de voir peu à peu lui échapper une partie des richesses qu'il s'appropriait sur le dos des peuples du sud du continent…
Après Hugo Chavez, Rafael Correa démontre que l'unité et la fermeté du peuple et de ses dirigeants, le renforcement de la solidarité entre les pays du continent peut faire échouer ces tentatives de déstabilisation.
Grâce à son sauvetage et au comportement qu’il a eu, alors qu’il se trouvait en grand danger de mort, l’actuel président en ressort grandi et mieux connu. Il s’est révélé un homme d’État digne, au courage sans faille, n’acceptant aucune négociation sous la pression des armes, quitte à y laisser sa vie, mais non l’honneur et la dignité dont l’ont investi les Équatoriens. De quoi nous faire rêver sur la qualité de tels chefs d’État pour gouverner nos propres pays. L’Amérique latine n’est plus ce qu’elle était, et les peuples, plus conscients et participatifs, ne laisseront plus passer les prédateurs sans réagir.
Mais attention, il ne faut pas crier victoire trop rapidement,  les forces néolibérales ne désarment pas facilement.

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