Le génocide irakien

Le Lot en Action n°16. 20 mai 2010 par William Wallace

Alors que la presse atlantiste rend compte des 3 000 GI’s morts en Irak et des nombreuses victimes civiles des attentats interconfessionnels, elle passe sous silence le massacre quotidien des civils, victimes des patrouilles US et de leurs opérations de recherche de suspects.

Plus de 1,2 million d’Irakiens ont succombé à une mort violente depuis l’invasion du pays en 2003, c’est ce qu’annonçait fin mars une étude du prestigieux institut britannique de sondage Opinion Research Business (ORB). Ces chiffres suggèrent que les décès provoqués par l’invasion et l’occupation de l’Irak rivalisent en nombre avec les massacres massifs du XXe siècle — le nombre de personnes tuées en Irak dépasse les 800 000 à 900 000 victimes du génocide du Rwanda, en 1994, et se rapproche d’ores déjà du chiffre de 1,7 million de disparus dans les tristement célèbres « camps de la mort » des Khmers rouges, dans les années 70 du siècle dernier.


Dans leur reportage d’octobre 2006, les enquêteurs de la revue The Lancet ont interrogé des Irakiens sur la façon dont avaient péri leurs proches et 56 % ont imputé ces décès à l’action des forces des Etats-Unis et de leurs alliés. Schwartz a fait remarquer que si une partie proportionnelle de la moitié du reste des morts irakiennes non attribuée a été provoquée par les forces des USA, le résultat final serait que près de 80% de l’ensemble de ces morts ont été causées directement par les Etats-Unis.
Même en prenant les estimations les plus basses confirmées à la fin de 2006, il se trouve que les forces des USA sont responsables de la mort de 5 000 Irakiens en moyenne par mois, depuis le début de l’occupation. Cependant, le taux des victimes mortelles en 2006 a été deux fois plus élevé que la moyenne, ce qui veut dire que la moyenne des morts provoqués par les troupes US, cette année, a dépassé les 10 000 par mois, soit plus de 300 par jour. Avec la vague de violence amorcée en 2007, le chiffre actuel est probablement beaucoup plus élevé.


Bref, la guerre contre des armes de destruction massive imaginaires est en train de se transformer en massacre gigantesque, et même en génocide, car il faut appeler les choses par leur nom.
Ce pays dont l’histoire commence avec la Mésopotamie, région qui abrita quelques-unes des plus anciennes civilisations du monde, Sumer, Assyrie, Babylone, est détruit chaque jour par la folie meurtrière de l’impérialisme dont le seul souci est de se rendre maître de ressources naturelles, afin de les détourner au profit des grandes firmes.
Il faut signer les pétitions qui circulent sur le net (www.mesopinions.com) , pour que soit jugés comme criminels de guerre les instigateurs de cette guerre injuste, M. Blair affirmait, fin janvier, qu’il n’avait « aucun regret » au sujet de l’intervention en Irak qui dure depuis 2003.


Peut-on laisser de tels personnages libres, alors que chaque jour des milliers d’enfants irakiens meurent à cause des volontés guerrières de ces quelques cols blancs qui restent bien à l’abri devant leur téloche dans leur villa occidentale ?
Quelle que soit sa taille ou sa puissance, aucun pays ou dirigeant de nation n’est affranchi du droit humanitaire international.
Des déclarations bien documentées montrent que les armées d’invasion ont utilisé des armes interdites de destruction de masse, ont bombardé des quartiers civils et commis des massacres. Il y a eu des enlèvements, des tortures, du profilage racial et religieux, et de nombreux autres actes de sauvagerie et d'anarchie qui répondent à la définition juridique de crime de guerre, de génocide et de crimes contre l'humanité.
Des hommes comme Tony BLAIR et George W. BUSH devraient comparaître le plus rapidement devant un tribunal international pour crimes de guerre et manipulation de masse.
Ne l'oublions jamais : celui qui laisse commettre une injustice ouvre la voie à d'autres injustices.

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau