Nucléaire et gaz de schiste : top départ pour le lobbying et la propagande

Le Lot en Action. 3 avril 2011 par Bluboux

Pour ceux qui en doutaient, la propagande pour les énergies nucléaire et fossiles (gaz de schiste) débute avec force. Retenons simplement deux actions de lobbying et de désinformation :

LLobbying des industries pétrolières : l’ « Amicale des foreurs »  a fait parvenir une lettre à tous les députés (publiée ici), vers la mi-mars, en vue du débat qui devait avoir lieu le 29 du même mois. A en juger par la surprenante position du groupe parlementaire de l’UMP, qui s’est exprimé par l’intermédiaire de son président, Christian Jacob le 29 mars dernier lors du fameux débat du 29 mars, cette missive n'a pas eu l'effet escompté... (voir l'article Gaz de schiste, l'UMP s'inquiète)

Désinformation, propagande sur les grands médias : France 2, le 16 mars dernier, lors du journal de 20h : « Pour produire la même quantité d’électricité que le nucléaire en France, il faudrait couvrir l’Union Européenne de capteurs photovoltaïques. » Assertion confirmée sur le plateau par Jean-Marc Jancovici, spécialiste dans le domaine de l’énergie et du climat et présenté comme « ni pour, ni contre le nucléaire ». Simple petit détail : France 2 s’est trompé d’un facteur supérieur à 1.000 ! Ce que confirme L’Agence Locale de l’Energie 33, centre de ressources départemental pour les collectivités en matière de maîtrise de leurs consommations et dépenses énergétiques. Vous pouvez consulter leur communiqué en ligne ici.

Nous allons assister à de multiple gesticulations des industries du nucléaire et pétrolière dans les prochaines semaines, ainsi que de leur marionnettes politiques, Sarkozy en-tête, qui va s’évertuer à essayer de rassurer et de vendre l’EPR.

Pour une information plus sure en la matière, voici l’extrait du dernier communiqué du Réseau Sortir du Nucléaire :

 

La catastrophe nucléaire dans le monde

Le 1er avril, des traces de radioactivités ont été relevées à Moscou, en Russie. Alors qu'elles sont composées d'iode-131, de césium-134, de césium-137 et de tellurium-132, les autorités sanitaires russes ont indiqué que cette radioactivité "ne posent pas de problèmes de santé publique". [Source]

Le 17 mars, le gouverneur de New York a réclamé la fermeture de la centrale d'Indian Point, située à moins de 40 km de la mégapole américaine, après qu'un rapport de la Commission fédérale de régulation nucléaire ait souligné le risque sismique auquel cette centrale est exposée. [Source]

Le 30 mars, à l'occasion de la présentation du rapport annuel sur la sûreté nucléaire, André-Claude Lacoste, directeur de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), a reconnu devant le Parlement que « personne ne peut garantir qu'il n'y aura jamais d'accident nucléaire en France ». Il a par ailleurs indiqué ne pas exclure un moratoire sur le chantier de l'EPR de Flamanville, jugé « très compromis ». Un responsable régional de l'ASN a par ailleurs fait part de ses doutes sur la réalisation de l'EPR de Penly (Seine-Maritime), qui n'a pas encore été décidée. [Source]

Le 31 mars, une contamination radioactive à l'iode 131 a été détecté dans du lait produit en Californie et dans l'Etat de Washington. Selon la Food and Drug Administration, l'autorité sanitaire américaine,les quantités décelées ne représentaient pas de danger pour la santé. [Source]

Le 1er avril, des représentants de plusieurs cantons suisses ont rencontré à Bâle Philippe Richert, le président du Conseil régional d'Alsace, afin de réclamer officiellement la fermeture de la centrale de Fessenheim. Le 21 mars, le préfet de Fribourg avait déjà reproché devant la Commission Locale d'Information et de Surveillance (CLIS) de Fessenheim, la non-prise en compte de la combinaison du risque sismique et de la rupture de la digue du Canal d'Alsace qui surplombe la centrale. Par ailleurs, des députés verts du Parlement du Bade-Wurtemberg, en Allemagne, ont demandé au commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger, d'obtenir auprès des autorités françaises l'arrêt immédiat de Fessenheim. La semaine dernière, le Conseil régional de Franche-Comté avait déjà adopté une motion en ce sens. [Source]

200 à 300 sans-abris japonais auraient trouvé refuge dans la centrale d'Onagawa (3 réacteurs à eau bouillante), à 120 km au nord de Tokyo, seul bâtiment encore debout après le passage du tsunami. Un incendie s'était déclenché dans cette centrale après le raz-de-marée. Aujourd'hui à l'arrêt, l'exploitant assure que les réacteurs sont sous contrôle. [Source]

 

L'économie de l'industrie nucléaire

Le 31 mars, au cours de sa visite au Japon, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il organiserait en mai prochain une réunion du G20 pour discuter de la sûreté nucléaire. Il a également plaidé en faveur de normes de sûreté internationales. Une réglementation qui devrait favoriser commercialement l'EPR, dont les promoteurs prétendent que son prix élevé se justifierait par une sûreté accrue. [Source]

D'après les autorités ukrainiennes, il manquerait quelques 600 M€ aux 1,5 Md€ nécessaires à la construction d'un nouveau sarcophage pour la centrale de Tchernobyl. Cette somme devra abonder un fond géré par la Banque Européenne de Reconstruction et de développement (BERD), et financera un chantier remporté en 2007 par un consortium composé de Bouygues et Vinci. [Source] 

Sources : Foxnews, Le Figaro, CRIIRAD, NHK world, Libération, Daily Mail, Le Point, New York Daily News, Kyodo News.

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