Latronquière : les parents s'organisent et rentrent en résistance

Le Lot en Action. 23 juin 2010 par Bluboux

Nous venons de recevoir un communiqué de l'association des parents d'élèves de Latronquière (cf Le Lot en Action mag n°18, en kiosque jusqu'au 1er juillet) que vous trouverez à la fin de l'article. Pour permettre à ceux qui n'ont pas accès au journal de comprendre l'enjeu de la lutte engagée par ces parents d'élèves, nous reproduisons ci-dessous l'article paru dans notre dernier numéro.

Collège de Latronquière. La lutte des classes est engagée

Au motif de réduire les dépenses publiques, la dérèglementation s’accélère dans le secteur de la petite enfance et de l’Education nationale en général. Samedi dernier, le 12 juin, une manifestation à l’appel des parents d’élèves  du collège était organisée à Latronquière (cf. l’encadré du discours des parents d’élèves).

’autres fermetures de classes sont annoncées à Cahors et dans la basse vallée du Lot. Bref,  ce que nous vous annonçons depuis plusieurs mois se met en place, il va y avoir de sérieuses coupes sombres dans l’Education nationale, des fermetures de classes à foison, des fermetures d’écoles et les effectifs par classe vont grimper de façon totalement scandaleuse. C’est tout bonnement la ruralité qui est remise en cause (ce qui se passe à Latronquière en est l’illustration) et le choix de concentrer les habitants de notre territoire sur les centres urbains, Cahors et Figeac.  (Photo La Dépêche du 13 juin 2010)

Si à Latronquière, nous parlons du collège, toutes les écoles vont être concernées : le ministère de l’Education nationale vient de faire parvenir aux inspecteurs d’Académie un document dit « de travail », intitulé « Augmentation de la taille des classes dans le 1er degré », qui pose les jalons d’une augmentation des effectifs dans les classes du premier degré. Il est demandé aux recteurs d’Académie de remplir une fiche sur le « Relèvement des seuils d’ouverture et de fermeture de classes », de faire une projection jusqu’à 2013, et de souligner « les contraintes » et les « éléments facilitateurs » de cette évolution. Ce document devient un objet d’inquiétudes pour les élus, les enseignants et les parents. Ces inquiétudes prennent une dimension particulière en milieu rural dont les écoles sont directement visées par les services de l’Etat.

Ce document explique en premier lieu que la baisse des effectifs dans une classe « n’a pas d’effet avéré sur les résultats des élèves et que les très petites écoles ne s’avèrent plus toujours performantes ». Hormis dans les zones dites prioritaires, « l’augmentation de la taille des classes peut donc être globalement envisagée sans dégradation des résultats des élèves ».
Les écoles rurales semblent plus que les autres dans le collimateur du gouvernement qui en appelle à une « réduction significative du nombre de classes, notamment lorsqu’il concerne des écoles à faibles effectifs ». Et le document de s’interroger sur « la pertinence des opérations qui consistent à implanter systématiquement des postes de soutien ou de coordination dans les regroupements, dans la mesure où la nouvelle organisation de la semaine scolaire apporte des solutions nouvelles, en particulier, en matière d’aide personnalisée. »

Les communes qui n’ont pas encore créé de RPI (regroupements pédagogiques intercommunaux) sont grandement invitées à le faire. « Les fusions d’écoles, ainsi que la mise en place des RPI sont de nature à permettre une répartition plus homogène et plus cohérente des effectifs, tout en réduisant le nombre de classes nécessaires » souligne le texte. Et s’il est précisé que « la fermeture de petites écoles est progressive sur le moyen terme et peut encore progresser, en accord avec les communes concernées », le document indique également que cet accord n’est en rien une obligation. « Le Conseil d’État a en effet considéré qu’un poste peut être retiré, même sans l’accord de la commune, en indiquant qu’aucune disposition législative ou réglementaire ne subordonne le retrait d’emplois d’instituteur à l’intervention préalable d’une délibération du conseil municipal décidant de la fermeture de la classe. »  (sic)! Clairement, élus de la République, sachez qu’en haut lieu on se moque totalement de ce que vous pensez et que l’on continue à fouler les principes de la démocratie !

Et je ne vous parlerai pas ici longuement de la récente décision de Nadine Morano qui augmente nombre d’enfants accueillis à effectifs identiques et de d’embaucher dans les crèches des personnels moins qualifiés, ni celle de Luc Chatel qui pour économiser des postes d’enseignants annonce clairement qu’il vise la fin de la scolarisation des moins de trois ans qui représente souvent pour les couches populaires une véritable chance de socialisation pour l’enfant et la seule possibilité de travailler pour la mère. Ces annonces simultanées correspondent à une politique esquissée par le Président de la République dès février 2008 : favoriser l’accueil des jeunes enfants chez les assistantes maternelles, permettre à celles-ci de se regrouper en « maisons » – structures collectives qui ne disent pas leur nom – , multiplier les jardins d’éveil payants et caractérisés par un encadrement réduit.
Il n’y a pas à s’étonner que le secteur marchand se trouve favorisé alors que, le 5 février dernier, l’ensemble du secteur de la petite enfance passait sans susciter trop d’émoi – comme celui de l’aide à domicile, dans le champ de la concurrence européenne.

N’oublions pas que le Lot est LE département test voulu par le Visionnaire, et qu’en conséquence les réactions des populations sont épluchées avec attention. Si nous ne voulons pas que l’éducation nationale subisse le triste sort des autres services publics, qui sont remaniés, désorganisés et enfin livré aux marchés, il devient nécessaire de réagir fortement. Si nous ne réagissons pas fortement, et si possible avant la rentrée scolaire, à l’instar des parents d’élèves de Lacapelle Marival l’année dernière, dans très peu de temps nous n’auront plus véritablement de choix et devrons envoyer nos enfants dans des écoles privées et payer tous les mois pour ces services, tout en continuant de payer des impôts dont on peut légitimement se demander à quoi ils vont servir…
Nous reviendront bien évidemment sur ce sujet essentiel dès la rentrée.

Communiqué des parents d'élèves de Latronquière

 

 

 

  COLLEGE EN LUTTE

 

« VILLAGE DE LA SOLIDARITE pour le collège de Latronquière/Sousceyrac»

Devant le COLLEGE de LATRONQUIERE

 

  • VENDREDI 25 JUIN 21H30

Inauguration du « village », après le feu de la St Jean (les parents campent tout le WE devant le collège…).

 

·          Tout le week-end, vous pourrez rencontrer les parents d’élèves qui se battent pour l’avenir du collège. Ils se feront un plaisir de répondre à vos questions… Pas de portes ouvertes du collège samedi.

 

NOUS AVONS BESOIN DE NOTRE COLLEGE ET LE COLLEGE A BESOIN DE NOUS TOUS!

http://collectifcollgeLatronquire.blog4ever.com/

Ne pas jeter sur la voie publique

 

COLLEGE EN LUTTE

 

De la maternelle au Lycée : destruction programmée. Latronquière le début d’une longue série.

 

Au motif de réduire les dépenses publiques, la déréglementation s’accélère dans le secteur de la petite enfance et de l’Education Nationale en général.

Samedi, le 12 juin, une manifestation à l’appel des parents d’élèves du collège était organisée. D’autres fermetures de classe sont annoncées à Cahors et dans la basse vallée du Lot, ce que nous annonçons depuis des mois se met en place. Il va y avoir de sérieuses coupes sombres dans l'Éducation Nationale, des fermetures de classes à foison, des fermetures d’écoles et les effectifs par classe vont grimper de façon totalement scandaleuse.

C’est tout bonnement la ruralité qui est remise en cause (ce qui se passe à Latronquière en est l’illustration) et le choix de concentrer les habitants de notre territoire sur les centres urbains, Cahors et Figeac !

Il est demandé aux recteurs d’Académie de remplir des fiches sur « le relèvement des seuils d’ouverture et de fermeture des classes…

N’oublions pas que le Lot est LE département test voulu par nos décideurs….

 

Article « Le Lot en action » du jeudi 17 juin 2010

 

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

Le Lot en Action, 24 avenue Louis Mazet, 46 500 Gramat. Tél.: 05 65 34 47 16 / contact@lelotenaction.org