Cancer du bitume : vers un scandale sanitaire ?

Le Lot en Action n°15. 6 mai 2010 par Bluboux

 

Cette petite brève (ci-dessous), passée inaperçue dans les médias, a pourtant une importance majeure et nous permet de faire un lien entre les déclarations du syndicaliste Didier Pesteil (qui lors de l’enquête menée sur la pollution à la créosote à Biars déclarait, pour tenter de minimiser les conséquences de cette pollution, que les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) sont également fortement présents dans le bitume utilisé pour les routes) et le projet d’installation d’une centrale d’enrobage à chaud sur la carrière de Thémines.

En tout cas de quoi alimenter, si besoin était, la colère des habitants des communes environnantes de la carrière, qui sont toujours dans l’attente de la décision de Super Préfet. Rappelons simplement qu’il existe pourtant des solutions simples (utilisation de liants végétaux, voir le L.E.A. mag n°6 et n°11) qui permettent de diminuer de façon drastique les émissions de HAP. Certains départements ont pris des mesures qui imposent ces liants végétaux, il suffit donc d’un tout petit peu de volonté politique… Aller Don Miquel, montrez-nous que vos discours sur la protection de l’environnement et de la santé publique ne sont pas que fanfaronnade !

"Ancien salarié de la société Eurovia, Francisco Serrano Andrade est mort en 2008 des suites d’un cancer de la peau attribué au bitume. Sa famille assigne lundi 12 avril son entreprise pour "faute inexcusable" devant le tribunal des affaires de Sécurité sociale (TASS) de Bourg-en-Bresse (Ain).
La veuve et les quatre enfants de Francisco Serrano Andrade veulent que la responsabilité de son ancien employeur soit reconnue. Selon Me Jean-Jacques Rinck, l’avocat lyonnais de la famille, "c’est un scandale comparable à celui de l’amiante". L’avocat s’appuie sur le fait que le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles de la CPAM a retenu "un lien direct entre la maladie et l’activité professionnelle" du salarié, pris en charge au titre d’une maladie professionnelle.
La société Eurovia, via son conseil, Me Franck Dremeaux, entend "contester toute faute ayant conduit à la maladie puis au décès de M. Serrano Andrade". Elle demandera au tribunal un nouveau renvoi.
L’affaire du "cancer du bitume" pourrait avoir des conséquences économiques considérables. Des multinationales des travaux publics pourraient en effet être contraintes de dépenser plusieurs milliards d’euros pour indemniser les victimes, et changer leurs méthodes de travail et de protection des employés."

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau