Déclarations stupéfiantes du Sinistre de l'agriculture, M. Le Maire, ce matin sur France Inter

Le Lot en Action. 17 décembre 2009 par Bluboux

Ce matin une centaine d’agriculteurs ont déversé du fumier devant l’Elisée, pour dénoncer la politique agricole de la France et de l'Union européenne, ainsi que la baisse de leurs revenus (en 2009, le revenu annuel moyen des agriculteurs s'est établi à 14.600 euros, en chute de 34% par rapport à 2008, année déjà marquée par un fort recul de 20%, selon les comptes publiés par le gouvernement), et on dérouler une banderole avec le slogan « travailler plus pour crever plus ».

 

L’Elysée s’était déjà occupé brillamment de ce dossier, en novembre dernier, lorsqu’à plusieurs reprises les conseillers spéciaux ont clairement conseillé aux agriculteurs de se mettre à la page en employant des salariés sous payés de l’Est. Autrement dit, soyez modernes, arrêtez de vous plaindre et profitez pleinement de ce que vous offre le Traité de Lisbonne, à savoir la directive Bolkenstein !


Invité de France Inter ce matin, le Sinistre de l’agriculture, Bruno Le Maire, s’est livré à un surprenant exercice. Il a critiqué vertement la financiarisation des denrées agricoles en pointant du doigt la volatilité des cours et les risques de délocalisation de l’agriculture.  C’est un ministre régulateur, antimondialiste qui entre en scène:  «Il faut une meilleure répartition de la valeur ajoutée, ce n'est pas normal qu'en période de crise, les seuls à trinquer, ce soient les producteurs. Pas de coup de baguette magique, c'est une somme de décisions justes et équitables. On est allés beaucoup trop loin dans la libéralisation de ce marché là».
Etonnant que le Sinistre dénonce les effets de la politique que soutient le gouvernement et qui est le fondement de son idéologie ? Non, pas vraiment puisque c’est la stratégie de communication qu’adopte Sarkozy depuis le début, en usant et abusant de déclarations fracassantes, démagogues et populistes, puis en appliquant le contraire.


Je ne reprendrai que l’épisode de la crise financière, particulièrement symbolique puisque la France a été, contrairement à l’idée reçue qui circule, très avant-gardiste en la matière, puisque dès 1983 la frontière qui séparait les banque de dépôt des banques d’affaire a été gommée dans notre pays (et ce n’est que dans les années 90 que les pays anglo-saxons emboitent véritablement le pas). Super Sarko est intervenu très rapidement, dès octobre 2008 en dénonçant « les agissements  irresponsables » des banques et promettant de réguler les marchés financiers. Un an après on peut constater concrètement les résultats des mesures qui ont été prises : les banques centrales ont récupéré une grande partie des actifs toxiques des banques, des milliards de fonds publics ont été injectés et les acteurs financiers se retrouvent à nouveau avec des liquidités énormes, qui alimentent la courses folles de la spéculation. On assiste à nouveau à la distribution de bonus scandaleux alors que le problème reste entier (les fameux actifs toxiques, pour la partie qui reste dans les actifs des banques, hypothèquent encore sérieusement leur avenir).  La classe politique au pouvoir refuse de reconsidérer les dogmes du libéralisme et préfère appliquer des rustines, refusant obstinément de voir les voies d’eau, énormes, qui conduisent le paquebot vers le fond.


Le gouvernement, usant de la méthode Coué (qui a ses limites en économie) essaye de se (nous) persuader que la reprise est là. Mais la reprise pour qui ? Les banques certes, si l’on se contente de regarder le vernis tout neuf, mais si l’on gratte un tout petit peu, le bois est pourri. Quand à la reprise pour les entreprises, pour l’emploi, pour le social, c’est une catastrophe.
Et le langage de Monsieur Le Maire ce matin, au micro de France Inter, participe de cette méthode. Nous avons du souci à nous faire pour nos agriculteurs, car derrière ces propos à priori étonnants, j’entends clairement que la délocalisation de l’agriculture est en marche et va aller très vite (voir article sur Les vraies raisons de la crise du Lait).


Pour finir sur un sourire bien jaune, je vous engage à lire avec attention le texte ci-dessous. Une fois terminé, reprenez la lecture mais en commençant par la ligne du bas et en remontant.


Dans notre parti politique, nous accomplissons ce que nous promettons.
Seuls les imbéciles peuvent croire que
nous ne lutterons pas contre la corruption.
Parce que, il y a quelque chose de certain pour nous :
L’honnêteté et la transparence sont fondamentales pour atteindre nos idéaux.
Nous démontrons que c’est une grande stupidité de croire que
les mafias continueront à faire partie du gouvernement comme par le passé.
Nous assurons, sans l’ombre d’un doute, que
la justice sociale sera le but principal de notre mandat.
Malgré cela, il y a encore des gens stupides qui s’imaginent que
l’on puisse continuer à gouverner
avec les ruses de la vieille politique.
Quand nous assumerons le pouvoir, nous ferons tout pour que
soit mis fin aux situations privilégiées et au trafic d’influences
nous ne permettrons d’aucune façon que
nos enfants meurent de faim
nous accomplirons nos desseins même si
les réserves économiques se vident complètement
nous exercerons le pouvoir jusqu’à ce que
vous aurez compris qu’à partir de maintenant
Nous sommes avec saint Nicolas, la "nouvelle politique".

Etonnant non ? Voilà ce qui symbolise parfaitement ce que d’un coté ce gouvernement dit (et tous ceux des pays occidentaux aujourd’hui) et dans l’autre sens, ce qu’il fait.  (Merci à Lionel de Cahors pour ce texte)

Interview du sinistre ce matin :

 

 

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