Nos vœux pour 2011: créons et résistons !

Le Lot en Action. 21 décembre 2010 par Bluboux

A moins d’avoir un compte bancaire bien garni et de vivre totalement enfermé dans sa bulle, l’année qui vient s’annonce difficile. La démocratie et les libertés sont attaquées par le gouvernement en place, de façon incroyable, sans que l’opinion publique ne réagisse vraiment. Les acquis sociaux dont bénéficiaient les français sont rognés jusqu’à la trogne, mais même lorsque des millions de citoyens descendent dans les rue pour manifester leur désapprobation, rien n’y fait, le rouleau compresseur libéral continue d’avancer inexorablement et écrase tout sur son passage.

Les banques, seules responsables d’une crise financière sans précédent, réussissent le tour de force de ponctionner encore les fonds publics, c'est-à-dire le peuple, de centaines, que dis-je, de milliers de milliards de dollars, tout en gardant les coudées franches. Aucun gouvernement n’a imposé de limites et les marchés financiers continuent d’imposer leurs lois au monde entier. Ces mêmes marchés financiers accélèrent la destruction de notre planète : les océans sont pollués, l’eau douce, pourtant indispensable à toute forme de vie, est également souillée (y compris les réserves souterraines), la couche d’ozone continue de diminuer, le climat change, la déforestation  alarmante au Brésil, en Asie et en Afrique se poursuit sans que personne n’intervienne, la biodiversité se réduit chaque jour… Les gouvernements et les institutions internationales sont corrompus. Tous les organismes d’Etat censés veiller à la Santé publique, à l’environnement ou aux droits de l’Homme sont mis à la solde des marchés ou muselés et rendus inefficaces.

Bon, j’arrête là ce triste constat, loin d’être exhaustif… Alors que faut-il faire ? Doit-on pour autant se résigner en se disant que tout est foutu et attendre l’écroulement de notre civilisation ? Il est devenu évident que beaucoup de choses sont allées bien trop loin pour que nous puissions réparer les dégâts. Beaucoup de militants, associatifs, écolos, voire même politiques et syndicaux constatent, même si certain ont du mal à la rendre explicite, que tant que les gens auront à manger dans leur assiette et un p’tit bout de quelque chose à préserver, ils ne sortiront pas de leur bulle et continuerons à cautionner ce système, à voter pour l’UMPS, à consommer bêtement et à rester concentré sur leur nombril, histoire de ne surtout pas voir ce qui se passe autour d’eux.  Nous allons tout droit dans le mur et plus rien peut arrêter la course folle du camion, lourdement chargé, dans le quel nous sommes embarqués. S’il est utile d’essayer encore et encore de freiner avec force, pour réduire le choc de l’impact, nous devons d’ores et déjà prévoir les secours et consacrer une partie de notre énergie à préparer la reconstruction. L’histoire de l’humanité est ainsi faite. Après l’ascension vient le déclin et la disparition, à l’instar des civilisations sumérienne, chinoise,  grecque, romaine, incas, musulmane… Mais pour notre civilisation, la pente est raide et le choc risque d’être encore plus violent.

De nombreux citoyens, de par le monde, s’organisent  pour vivre différemment et les expériences réussies sont nombreuses. Nous donnons régulièrement une place, dans notre journal, à ces mouvements citoyens qui inventent, imaginent et créent  de nouvelles forme de vie en société, de rapport à l’autre et à notre environnement. Nous vous avons déjà parlé de l’expérience des Territoires en Transition, essentiellement dans les pays anglo-saxons, et du projet lotois qui devrait voir le jour dans les semaines à venir (pour tous renseignements, contactez l’association Coqueli’Causse). Des habitants de notre région sont déjà organisés et vivent différemment. Je pense aux groupes qui se sont mis en place dans la région de Prayssac, avec Poivron Rouge, mais également à Lauzerte, à Limogne  ou encore sur les causses du coté de Livernon et d’Assier. Groupements d’achat et développement des circuits courts, réseaux de solidarité et d’échanges ont permis la création d’une vraie dynamique et ont tissé des liens sociaux forts. Aujourd’hui cette dynamique forte est bouillonnante de création. Des projets d’écoles alternatives sont en cours, notamment à Lauzerte et Prayssac et si l’expérience des Territoires en Transition voit vraiment le jour, ce pourrait être le début d’une véritable révolution locale, qui permettrait alors de dépasser le stade des petits groupements d’individus pour entamer des réflexions et développer des projets au niveau de notre département, voire de notre région.

Si nous voulons continuer à résister, faisons le dans la créativité, l’ouverture et l’échange. Il n’aura fallut que 60 ans pour imposer, sur presque toute la planète, un système de société basé sur la consommation et l’individualisme. Nous aurions pu faire d’autres choix, suggérés à la fin des années 60 par les mouvements sociaux qui ont secoués les sociétés occidentales. Mais ces derniers sont restés lettre morte, sans aucun relais politique fort. Les aspirations de beaucoup à développer une société davantage tournée vers les valeurs de partage, d’échange, d’Amour et de spiritualité ont été balayées par le consumérisme et notre propension naturelle à l’égocentrisme, l’individualisme et l’égoïsme (devoir de philo, vous avez trois heures !). Nous ne pouvons faire l’économie d’un changement individuel profond sur notre rapport à l’autre et à l’environnement. Or cette prise de conscience sera d’autant plus difficile et douloureuse qu’elle sera brutale. Nos vœux, pour cette nouvelle année, vont dans cette direction. Que cette prise de conscience se fasse, que nous nous tournions vers l’avenir et sortions enfin de l’affrontement et de l’opposition. Continuons à militer, mais dans le positif et dans la création.

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau