Révision Générale des Politiques Publiques

Le Lot en Action mag n°10. 11 février 2010 par Bluboux

Dans notre dernier numéro nous vous parlions du coup de colère du Clando contre Super Préfet, notre maquettiste, concernant la Commission Départementale d’Organisation et de Modernisation des Services Publics (CDOMSP). J’y reviendrai à la fin de cet article puisque de nouveaux éléments ont été portés à notre connaissance. Or cette Commission revêt aujourd’hui une importance particulière, puisque la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP : 374 mesures idéologiques, décidées unilatéralement par le chef de l’État et son gouvernement les 12 décembre 2007, 4 avril 2008 et 12 juin 2008), réforme si chère à Sarkozy, commence à produire ses effets dramatiques sur les citoyens. Nous vous rapportons ici quelques unes de ces tristes constatations.

 

Education nationale : suppression de 3 000 postes d’enseignants spécialisés des réseaux d’aide aux élèves en difficultés (RASED), ainsi que la destruction de 34 238 emplois d’enseignants (équivalents temps plein) dans l’Éducation nationale. 93 000 emplois ont disparu du budget de l’État suite à la réforme des universités.
Logement : Les mesures RGPP ont conduit à faire des économies budgétaires sur une politique publique prioritaire et aux besoins pourtant gigantesques et rendent plus complexes le développement de logements sociaux, l’attribution de subventions et l’accès au logement des plus démunis.


Traitement du chômage : Imposée par la RGPP, la fusion des Assedic et de l'ANPE était destinée à créer « un grand service de l'emploi performant ». Depuis, la situation n’a cessé de se dégrader tant au niveau des employés (manque catastrophique de moyens) qu’à celui des demandeurs d’emploi  (missions d’aide, d’accompagnement et de conseil à l’emploi)
Santé : La loi Hôpital Patients Santé et Territoires (HPST) et la création des Agences Régionales de Santé permettent la fermeture de pans entiers de services et d’établissements (suppression de 180 blocs opératoires et de maternités), et portent atteinte à l’organisation du système de Sécurité sociale et de son réseau de l’assurance maladie.
Justice : suppression de 65 tribunaux, de 62 conseils de Prud’hommes.


Protection des citoyens, salariés, consommateurs : Nous vous l’annoncions dans notre dernier numéro, les organismes tels que la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), mais également de la Directions Régionales de l'Industrie de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE), de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), de  l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) etc. (j’arrête là une liste qui prendrai aisément la page), bref des services publics au service de la protection des citoyens, sont triturés, remodelés, regroupés de telles façons que les services rendus soient moins nombreux, moins efficaces et à moindre coût, en supprimant des postes par dizaines de milliers.


Si pousser un coup de gueule fait du bien, il ne règle aucun problème. Je reviens donc à la fameuse CDOMSP. Jean Launay m’a écrit personnellement pour m’informer que la commission s’était réunie la semaine qui précédait notre dernier numéro, en soulignant au passage notre « rédactionnel approximatif » et combien il est courroucé d’avoir été traité de lascar. Il me serait facile de rétorquer à Son Altesse Sérénissime Jean Launay que si la Commission s’est effectivement réunie, il n’en demeure pas moins vrai que c’est après deux ans de carence. Quant à sa défaillance pour rappeler Super Préfet à ses obligations en la matière, elle me semble également établie. Mais plutôt que de rentrer dans un inutile débat, il me semble plus opportun que nous réfléchissions, en tant que citoyens, en tant qu’élus (pour S.A.S. Launay) comment interpeller l’Etat (et donc son serviteur Super Préfet) pour que cette commission soit moins opaque, que ses comptes rendus soient enfin rendus publics et qu’un débat s’ouvre pour que nous puissions être informés de façon plus démocratique. Il me semble que cela fait aussi partie du travail de nos élus, en tout cas du contrat moral passé avec leurs électeurs, c'est-à-dire nous, les citoyens.

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