Kokopelli, David contre Goliat

Kokopelli qui est bien connu dans les milieux militants pour « un monde meilleur », se trouve de nouveau ennuyée par le GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences) suite au film de Colline Serreau « Solutions locales pour un désordre global ».
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Kokopelli, un petit rappel historique s’impose.
Kokopelli est basée à Alès dans le Gard, et comptait plus de 5000 adhérents fin 2009, l'association milite et agit très concrètement pour :
- contribuer à la sauvegarde de la biodiversité planétaire,
- rendre accessible aux jardiniers européens des variétés anciennes de plantes et en particulier des variétes potagères, devenues rares,

- redonner des semences traditionnelles aux paysans du Tiers-Monde (Inde, etc.),
- favoriser la naissance de réseaux paysans pour préserver la culture de variétés anciennes et de semences traditionnelles dans le Tiers-Monde,
- mettre en place des centres de ressources génétiques dans le Tiers-Monde,
- préserver l'existence des semences non OGM et l'agriculture paysanne.


L'association, est dirigée par Jean-Marc Guillet, Dominique Guillet et Raoul Jacquin, est notamment soutenue par Pierre Rabhi (vice-président de l'association), Jean-Pierre Berlan (économiste et ancien directeur de recherche à l'INRA), Jean-Louis Gueydon de Dives (Fondation pour une Terre humaine), Maurice Chaudière et Isabelle Susini (Fondation Patagonia)
Kokopelli distribue commercialement des semences bio dans toute l'Europe et a une antenne en Belgique. La finalité de ses autres antennes en Inde, au Népal et au Brésil est strictement de distribuer des semences gratuites, de favoriser la création de banques de semences communautaires et de promouvoir des techniques d'agroécologie tempérée et tropicale.
Ce sont des centaines d'adhérents et d'adhérentes de Kokopelli qui produisent également des semences dans leurs jardins familiaux au titre de la solidarité internationale. Ces semences sont envoyées dans les communautés rurales du Tiers-Monde qui en font la requête. Bien entendu ces échanges solidaires hérissent le poil de tous les bureaucrates qui se partagent notre planète.
En 2003 et 2004 les services de la répression des fraudes ont établi des procès-verbaux pour vente illicite de variétés non inscrites au catalogue officiel et défauts de marquages de noms de variétés. L’association Kokopelli a été poursuivie pour ces faits, le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (GNIS) et la Fédération nationale des professionnels de semences potagères et florales (FNPSP) se sont constitués parties civiles.


Par ailleurs, le 9 décembre 2005, le semencier Baumaux a assigné en justice l'association Kokopelli pour concurrence déloyale.
L'association Kokopelli revendique et défend le droit des générations à naître de choisir leur alimentation, en libérant la semence. En réaction à ce procès, Kokopelli qui au départ n'est pas une société commerciale et qui a pour vocation, avec ses partenaires jardiniers et institutionnels de préserver la biodiversité, comme le préconisent les instances internationales, a lancé une pétition auprès du public en réaffirmant le sens écologique et l'intérêt public de sa démarche, notamment pour préserver l'avenir.
L'association estime qu'elle n'a pas vocation à devenir abonnée des prétoires et que son financement et ses forces devraient être consacrés à transmettre un bien génétique reproductible, plus riche que celui dont l'humanité a hérité. Kokopelli pense que la semence est un patrimoine inaliénable de l'ensemble de l'humanité et défend génétiquement, techniquement et biologiquement ce patrimoine, réalisant de fait une mission de service public qui devrait, selon elle, être assurée par l'État.
Le dernier film documentaire de Colline Serreau « Solutions locales pour un désordre global » présente l’association Kokopelli, et dénonce les pratiques des grands groupes de semencier qui depuis plusieurs décennies tentent de s’accaparer le monopole du vivant. Le  Groupement National Interprofessionnel des Semences (GNIS), a réagi dès la sortie du film par un communiqué en date du 9 avril 2010,  pour tenter d’apporter un démenti aux vérités dérangeantes et mal connues que ce film dévoile au grand public.
Il est bon de rappeler ici que l’Europe a perdu, en un siècle, 98% de sa biodiversité agricole, et que l’action menée par Kokopelli est plus qu’indispensable.


Le GNIS confisque dans les réfrigérateurs des « réseaux de sélectionneurs » des milliers de semences anciennes, pour servir à la création de variétés hybrides non reproductibles, voire d’OGM ! Ces variétés nouvelles, par leur caractéristique d’hybrides F1, ne sont pas reproductibles par les paysans - et quand elles le seraient, il conviendrait alors que ceux-ci versent des royalties aux sélectionneurs - et, d’autre part, seules ces variétés nouvelles sont autorisées à la vente, à l’exclusion de toutes les semences fermières. Le Certificat d’Obtention Végétale, dont les critères d’obtention sont également ceux de l’inscription au Catalogue officiel, est ainsi devenu un outil d’élimination des variétés anciennes et d’éradication des méthodes de sélection paysanne.
Les paysans ont ainsi été totalement dépossédés de leurs semences, de leurs savoir-faire et de leur droit de ressemer le produit de leurs récoltes, le tout sous couvert de notre ministère de l’agriculture…

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