Sale ambiance à la poste de Figeac

Le Lot en Action mag n°21. 9 septembre 2010 par Bluboux

Le samedi 4 septembre, jour de marché à Figeac, Fred faisait signer une pétition aux passants. Ce jeune homme, fort apprécié par les usagers, ainsi que par tous ses collègues,  a travaillé pendant plus de 6 mois à la poste de Figeac (4 contrats à durée déterminée, d’affilée) et la direction vient de lui faire savoir que son dernier contrat ne serait pas renouvelé. Si Fred savait que son poste était précaire, il nourrissait néanmoins quelques espoirs eu égard non seulement à ses excellents états de service, mais également au manque de personnel dans l’équipe, qui compte une trentaine de personnes, dont 3 en contrats précaires.


« Les départs à la retraite ne sont plus remplacés et la direction répartit les tournées sur les autres facteurs, donc une surcharge de travail, mais en leur demandant d’effectuer ces tournées dans les mêmes horaires. Nous travaillons aujourd’hui à un rythme qui devient intenable, l’ambiance est déplorable, les arrêts maladies s’enchaînent, il y a même eu un suicide », nous a déclaré Fred, qui compte bien transmettre les signatures de cette pétition (signée également par tous les salariés de la poste) aux directions régionale et nationale de la Poste.


Curieux d’en savoir davantage, nous avons interrogé  une salariée titulaire de la poste de Figeac : « Effectivement depuis le mois de mars de cette année, les choses ont vraiment changé : les tournée se sont considérablement alourdies, on nous demande de distribuer la pub en plus (auparavant nous étions rémunérés pour cela), on nous a équipés de machine qui surveillent ce que nous faisons et chronomètrent la moindre tâche à la seconde près. Les tournées de référence qui sont prises pour le calcul des trajets se font en périodes creuses, ce qui fait que dès que le volume de courrier s’accroît, nous sommes à la ramasse. Cet été, ils nous ont encore alourdi les tournées, au moment où il n’y avait que des remplaçants et stagiaires. Même les syndicats ne disent rien. Ce que j’aimais par-dessus tout dans ce métier, c’était la notion de service et de contact humain, aujourd’hui c’est fini. J’en ai marre, je suis pourtant titulaire, mais aujourd’hui je n’espère plus qu’une seule chose, trouver un autre boulot. Deux de nos collègues sont en dépression lourde, les arrêts pleuvent. Et ils nous font passer tout cela sous de jolis mots : « qualité, rentabilité, clients ». Ils en sont même arrivés à mettre en place des « formations » de 9 mois, durant lesquels ils emploient des stagiaires, sous-payés, en leur promettant un CDI au terme… qui n’arrive jamais ! »


Il semble également que cet été les effectifs pour remplacer les titulaires ont été fortement sous-évalués, à des fins économiques bien sûr, et de nombreux habitants n’ont eu leur courrier que par « paquets », tous les trois, quatre, voire 5 jours ! Nous allons ouvrir une enquête sur cette affaire et vous tiendrons informés dans notre prochain numéro.

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