Des éleveurs en grève déversent des millions de litres de lait

Le Lot en Action. 19 septembre 2009 par Bluboux

Le 13 septembre dernier nous vous annoncions le début de la grève des producteurs de lait lors de l'inauguration de la foire expo de Figeac. Des opérations se déroulent dans toute la France y compris dans le Lot et vous trouverez ci-dessous deux articles concernant ces manifestations.

Le ton monte et les mastodontes de l'agro-alimentaire ne sont pas prêts à revenir à la table des négociations. Or le problème est simple : aujourd'hui les producteurs travaillent à perte. Les cours du lait sont aujourd'hui la conséquence d'une production mondialisée. Il est bien évident que d'importer du lait de Pologne, voire de lieux de production encore plus éloignés est l'une des conséquences des dérèglements du libéralisme.

Les agriculteurs sont les premières victimes des politiques agricoles et agro-alimentaires européennes. L'Europe a largement participé aux actes commerciaux criminels qui ont consisté à détruire les filières agricoles des pays du Sud, avec pour chefs d'orchestre le FMI et l'OMC. Et ne confondons pas les "gros" agriculteurs, qui sont devenus dont entreprise gigantesques, et nos paysans qui trinquent depuis des années et sont en train de disparaître. (Voir les documentaires sur ce site : A qui profite la faim, On est foutu on mange trop, L'ile aux fleurs, Le monde selon Monsanto)

La filière du lait a besoin de soutien. L'un des premiers gestes est d'aller, pour ceux qui le peuvent, acheter votre lait chez un producteur en local, en se groupant le plus possible (votre consommation plus celles de vos voisins par exemple).

A lire également sur Le Lot en Action :

  • Crise du lait : les tracteurs sont dans les villes. Libération. 19 mai 2009. Lire l'article
  • Lait : propositions de Via Campesina pour sortir de la crise mondiale. Via campesina. 31 août 2009. Lire l'article

L'express.fr. 19 septembre par Reuters

PARIS - Des éleveurs en grève du lait depuis une semaine ont répandu des millions de litres de lait un peu partout en France pour exiger des mesures de régulation face à la baisse des prix.

Plus d'un million de litres de lait ont été déversés vendredi en France dans les champs de plusieurs régions par un millier de producteurs en "grève du lait", comme ici près du Mont Saint-Michel. (Reuters/Stéphane Mahé)

Plus d'un million de litres de lait ont été déversés vendredi en France dans les champs de plusieurs régions par un millier de producteurs en grève du lait, comme ici près du Mont Saint-Michel. (Reuters/Stéphane Mahé)

Plus de 12 millions de litres de lait ont été déversés dans les champs lors de cette "journée blanche", notamment près du Mont-Saint-Michel (Manche), selon l'Organisation des producteurs de lait (OPL).

Face au durcissement du conflit, le ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, et le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, se sont dits "choqués" par ces actions.

"Montrer qu'on jette le lait alors que pour les enfants le lait ça veut dire la vie !", a déploré sur Europe 1 le chef de file du principal syndicat agricole, qui ne soutient pas le mouvement.

Les producteurs tenaient pour leur part à démontrer que le mouvement était loin d'être minoritaire, alors que la grève du lait fait l'objet d'une guerre des chiffres avec les pouvoirs publics et les industriels.

"Nos élus sont sourds. Il faut utiliser des moyens durs pour se faire entendre", a expliqué Jean-François Guitton, de la Confédération paysanne de Loire-Atlantique.

Outre celle du Mont-Saint-Michel, des opérations d'épandage ont eu lieu en Loire-Atlantique, dans la plupart des départements bretons, dans la Meuse ou dans le Lot-et-Garonne.

"C'est un mouvement très puissant. Nous n'arrêterons pas nos actions tant que des négociations au niveau européen n'auront pas abouti", a prévenu Didier Galinou, de la Coordination rurale.

Dans la matinée, Bruno Le Maire avait réaffirmé son "engagement total" dans la recherche de solutions et annoncé une réunion lundi avec les banques et les assureurs pour mettre au point des aides de trésorerie.

Il a également prévu de recevoir samedi matin les syndicats "représentatifs" du monde agricole.

Mardi dernier, le ministre avait annoncé l'octroi d'une aide supplémentaire de 30 millions d'euros pour les filières d'élevage en difficulté, notamment le lait et le porc.

LÉGÈRE BAISSE DE LA COLLECTE

Il a cependant souligné que la baisse de la collecte de lait n'était que de 10% et qu'il n'y avait pas de problème d'approvisionnement pour l'industrie laitière.

Des représentants de l'industrie du lait reçus dans la matinée par Bruno Le Maire ont évalué le nombre de grévistes à 7% maximum, reconnaissant néanmoins une baisse de la collecte laitière de 5 à 10% depuis le début de la grève.

"On est sur un mouvement extrêmement minoritaire", a estimé Olivier Picot, président de la Fédération nationale de l'industrie laitière (FNIL).

Mais pour l'OPL, les industriels "tentent de nier l'impact" de la grève, qui est suivie, dit-elle, par 70% des producteurs.

Selon le syndicat, des laiteries sont obligées de se faire livrer chaque jour par des camions étrangers, ce que les transformateurs démentent.

La grève du lait est menée par l'Association des producteurs laitiers indépendants (Apli) et l'OPL, une branche de la Coordination rurale, avec l'appui de la Confédération paysanne.

Les grévistes demandent en particulier une revalorisation du prix payé aux producteurs par la réduction des quotas européens de 5%, ce que Bruxelles refuse.

Mariann Fischer Boel, commissaire européenne à l'Agriculture, a promis jeudi de débloquer 600 millions d'euros supplémentaires en mesures de soutien du marché mais a exclu toute remise en cause des réformes visant à l'abandon des quotas laitiers après 2015.

La commissaire, qui achèvera son mandat à la fin de l'année, a en outre proposé des sortes de "primes à la casse", selon les industriels et producteurs, pour lesquels les propos de Mariann Fischer Boel sont "extrêmement provocateurs".

"Elle est en train de rater sa sortie. Le fait, au moment de son départ, de dresser le testament des producteurs ne peut que les scandaliser", a déclaré Henri Brichart, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL).

Lire aussi:


Epandage de lait par des producteurs dans le Gers et le Lot

L'Agefi. 18 septembre 2009 par AFP

Des producteurs de lait ont procédé vendredi à l'épandage de milliers de litres de lait dans les départements du Gers et du Lot, dans le cadre de leur journée d'action, a-t-on appris de sources syndicales.

Quelque 80 producteurs gersois ont déversé 17 tonnes de lait dans un champ près d'une usine Danone située à Villecomtal, dans le sud-ouest du département. Les producteurs, protestant contre le prix du lait, ont déversé, sans incident, le contenu de 17 citernes tirées par autant de tracteurs.

Dans la matinée, une quinzaine de producteurs ont également manifesté devant la préfecture à Auch, près de laquelle ils ont répandu le contenu de deux bidons de lait.

Dans le Lot, une centaine de producteurs ont aussi déversé quelque 50.000 litres de lait dans un champ situé au hameau de Ceint-Deau, près de Figeac, en présence de plusieurs élus.

La grève du lait a été lancée à l'appel de l'Association des producteurs de lait indépendants (APLI) et de l'Organisation des producteurs de lait (OPL), branche de la Coordination rurale.

© 2009 AFP

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau