Tous ensemble pour les gares : 1er dimanche après l'appel d'Agen

Le Lot en Action. 21 septembre par Bluboux et Le Hiboux

 

Il était important ce dimanche pluvieux. Essentiel même. Ils étaient près de 130 à manifester à Gourdon et 70 à Souillac pour que le TEOZ  s'arrête. Déjà 9 arrêts récupérés. Le combat continue pour le 10ème.

Que s'est-il passé à Agen mercredi dernier ? Près de 250 personnes sont venues manifester leur soutien aux prévenus, dont de nombreux élus, le Maire de Cahors, les Maires de Gourdon et de Souillac, des conseillers généraux (Jean Milhaud) et régionaux (Charles Marziani, vice-président de la Région, en charge du dossier transport).

Petit retour sur les faits

Cela fait plus de deux ans que ce collectif se bat pour forcer la SNCF à assumer ses devoirs en matière de service public et à respecter les termes de la convention signée avec la Région. 15 trains supprimés c'est la conséquence directe de la privatisation et du désengagement de l'état. La ligne Paris Toulouse n'existera plus en tant que telle, c'est Paris Brive. Après ce sont les Conseils Généraux et les Régions qui vont gérer. Donc TER si les budgets sont votés et reconduits. 15 trains supprimés, c'est l'impossibilité pour les étudiants et les usagers réguliers de se rendre à Toulouse depuis Souillac, Gourdon, Sarlat et de rentrer chez eux, que ce soit quotidiennement ou de façon hebdomadaire. C'est l'isolement du nord du département, DE LA DISCRIMINATION TERRITORIALE.

Alors depuis deux ans ils se sont réunis tous les dimanches pour forcer les trains à s'arrêter. Cela rappelle le combat de la gare d'Assier. Et avec succès puisque c'est déjà neuf arrêts de train qui ont été récupérés depuis le début.

Devant la mobilisation, la pugnacité des manifestants (deux ans de combat, c'est insupportable) et surtout l'impact médiatique fort populaire de mouvement (M6, TF1, FR2, FR3), la SNCF a tenté de casser le mouvement en portant plainte. Une dizaine de manifestants ont été appelés à comparaitre au tribunal de Cahors en mars de cette année (10 personnes dont, il faut le rappeler, 5 élus).. Seulement pas de bol pour cette dernière, les faits relevés à l'encontre des prévenus étaient un tantinet "bidonnés" (le jour de l'infraction relevée, le train prévu devait s'arrêter à Gourdon puisque des billets avaient été vendus par la SNCF en ce jour de grève du TER, comme l'attestent des copies de documents internes de la SNCF, documents que le procureur n'a pas voulu aller chercher...). Il y a donc eu relaxe pour les prévenus !

Et là, la tournure de cette affaire prend une autre dimension. Ce jugement de Cahors devient une juris-prudence, donc nationale en ce qui concerne le droit de manifester. Comme il est dans les carnets prioritaires de ce gouvernement de casser le droit à manifester, d'une façon ou d'une autre (criminalisation des mouvement sociaux, dérive sécuritaire, voir dossiers) ce n'est pas la SNCF qui fait appel de la décision du tribunal, mais le procureur... la place Beauvau !

Donc mercredi dernier, 17 septembre, avait lieu l'audience d'appel au tribunal d'Agen. Etait présente, il faut le souligner, en en civil une magistrate de Bobigny, ayant bénéficiée d'une promotion éclair de Rachida Dati. Et quand on connait la charge de travail de ces pontes de la région pârisienne, on peut se poser la question dee la raison de cette présence discrète.  A moins que ce ne soit pour bien marquer la volonté de ce gouvernement de casser cette décision de justice en rappelant aux jurés que la place Beauvau est très très très attentive à ce qui se déroule...

Et à ce titre le réquisitoire du procureur d'Agen est révélateur, puisqu'il déclare "peu me chaut" que le train devait s'arrêter, le fait que les prévenus soient descendus sur les voies constitue en soit l'infraction et requière la même peine que celle infligée au vice-président Vignaud, a savoir la non apllication d'une peine prononcée. En d'autres mots, un compromis à minima qui permet de ménager l'opinion publique très favorable au mouvement de tous ensemble pour les gares, mais de sanctionner une infraction et donc de "casser" la première décision de justice.

Les avocats de la défense ont fait de belles plaidoieries sur le droit à manifester et relevés les abérations de ce dépôt de plainte, qui en matière de droit est complètement irrecevable (l'infraction relevée d'entrave à la circulation des trains n'étant pas constatée puisque la SNCF s'est un tantinet pris les pieds dans le tapis en vendant des billets pour Gourdon ce jour là, puisqu'il y avait grève et que le conducteur du train avait reçu pour consigne, sur sa feuille de route, de stopper en gare de Gourdon). A cet égard un des élus prévenu a déclaré, lors de sa défense, qu'un des roles des élus locaux est de s'occuper de l'aménagement de son territoire et qu'en conséquence ce n'est pas à la SNCF de décider unilatéralement (au surplus en ne respectant pas les accords signés) de la suppression de dessertes locales.

Il était donc important que ce dimanche 20 septembre soit mobilisateur. Et il l'a été ! Rien n'arrêtera les citoyens quand ils sont mus par la motivation de se battre contre l'injustice, contre la félonie, contre l'atteinte aux droits des générations futures.

Mais il y a fort à parier que le jugement, qui a été mis en délibéré au 15 octobre, va donner toutes satisfactions à Sarkozy et "casser" cette jurisprudence qui dérange tant.

Les prévenus ont déclaré durant l'audience à Agen, que si le jugement qui sera rendu renforce l'interdiction de manifester légitimement, il se pourvoieront en Cassation, et si nécessaire jusqu'à la Cour Européenne.

Nous ne sommes pas en Corse, non, mais bien dans le Lot. Souffrez en Messieurs les fossoyeurs !

 

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