1000 vaches - Témoignage accablant - Lettre ouverte à Stéphane Le Foll

Sources : communiqués de la Confédération Paysanne et article publié sur Reporterre, mis en ligne le 15 juin 2015

Mille vachesSuite à la publication du témoignage accablant d'un ancien employé de la ferme-usine des 1000 vaches, sur le site de Reporterre le 8 juin, la Confédération paysanne écrit une lettre ouverte au ministre de l'agriculture pour lui demander sa fermeture immédiate. Nous rappelons que la Conf' appelle à une grande mobilisation le 17 juin, à Amiens (un bus est prévu au départ de l'Aveyron).

 

Lettre ouverte à Stephane Le Foll, ministre de l'agriculture

Monsieur le ministre,
Nous avons lu, comme vous, dans la presse d'hier le témoignage d'un salarié de l'usine des 1000 vaches confirmé par Michel Ramery, son promoteur, qui affirme sans scrupules qu'il y a plus de 700 vaches alors que l'autorisation d'exploiter n'est que de 500 !

Vous qui n'avez de cesse de nous dire que « quel que soit le projet, il y a application des règles, de toutes les règles », vous nous voyez sidérés devant l'arrogance dont il fait preuve, revendiquant le non-respect de la loi ! Déjà, en septembre dernier, lors de l'arrivée des vaches, nous n'avions pu que constater la capacité de vos services décentralisés dans la Somme à « régulariser les irrégularités ».

Il y a donc 700 vaches au lieu de 500 dans cette usine. Monsieur le ministre, nous paysans savons bien que l'administration connait en permanence le nombre d'animaux que nous avons sur nos fermes. Toutes les naissances et mortalités, ainsi que les entrées et sorties, doivent être impérativement déclarées sous huitaine à l'administration. En est-il autrement quand on est la 349e fortune de France ? Alors que nous avions salué votre volonté d'imposer une enquête publique pour la demande d'agrandissement du troupeau à 880 vaches, il semble que Michel Ramery n'ait besoin ni d'enquête publique, ni d'autorisation !

De la même manière, selon ce témoignage, les conditions d'élevage sont catastrophiques. Euthanasie sans vétérinaires, absence de soins et de nettoyage… C'est donc cela la ferme modèle ?

La ferme-usine des 1000 vaches gravite dans un autre monde, bien loin de la réalité des paysans. Là où, chaque jour, des éleveurs vont travailler auprès de leurs animaux, ici ils sont quelques salariés, ouvriers à la chaîne sur un roto de traite. Paysan, c'est un métier, ce sont des savoir-faire, et voilà une nouvelle démonstration que l'élevage ne peut se passer de paysans !

Monsieur le ministre, vous ne pouvez désormais plus nier l'évidence : l'industrialisation de l'agriculture conduit à des dérives inacceptables à tous points de vue. Ses promoteurs s'enrichissent sur des règles faites pour des fermes, pas pour des usines. Désormais, il est de votre devoir d'agir pour mettre fin à cette dérive, aux 1000 vaches et ailleurs. Cette usine doit fermer, et la réglementation doit empêcher d'autres usines de se développer.

Monsieur le ministre, vous ne pouvez plus fermer les yeux, il faut agir.


Laurent Pinatel, Porte-parole

 

 

Article paru sur Reporterre, par Marie Astier

 

Reporterre logoAux Mille vaches : « Ils m’ont traité comme un chien et ils maltraitent les vaches »

Les conditions de vie à la ferme-usine des Mille vaches ne sont pas idéales : animaux maltraités, salariés harassés. Reporterre publie un témoignage accablant. Et la réponse de Michel Ramery, qui relativise les faits rapportés.

« Il m’a demandé : il te plaît ton boulot ? J’ai répondu que je devais réfléchir. Il m’a dit, ’T’inquiète, j’ai déjà réfléchi pour toi, tu pars’. » Voici comment notre témoin a été licencié de la ferme-usine des Milles vaches, à Drucat, dans la Somme.

« Ils m’ont traité comme un chien et ils maltraitent les vaches. C’est pour cela qu’aujourd’hui je parle. » Sous couvert d’anonymat, cet ex-salarié de la ferme-usine a accepté de se confier à Reporterre. Il a été renvoyé il y a peu de temps. S’il souhaite qu’on ne dévoile pas son nom, c’est qu’il est actuellement à la recherche d’un nouvel emploi… Pour prouver son identité, il nous envoie une fiche de paie ; il était rémunéré au Smic.

Première surprise, il y aurait plus de 485 vaches dans la ferme-usine. « Cela fait longtemps qu’il y en a plus, on en est à 723 maintenant. Je le sais parce que c’est écrit sur le roto [l’appareil de traite – NDLR] en fin de traite. Des camions amenant de nouvelles vaches arrivent souvent. Le temps où j’étais là, au moins quatre-vingt sont arrivées. On m’a dit qu’elles venaient d’un grand élevage du centre de la France, qui a fermé. » En avril, pourtant, le ministre de l’Agriculture avait promis qu’il faudrait une enquête publique pour aller au-delà de cinq cents bovins.

« Elles sont traites trois fois par jour, sauf les malades qui sont traites deux fois par jour. » Pourquoi traire les vaches trois fois par jour ? « Ils disent que c’est pour éviter la saturation du pis. Parce que quand les pis sont pleins, la vache ne produit plus de lait. » En clair, traire les vaches trois fois par jour permet de leur faire produire plus de lait.

Lire la suite de l'article sur le site de Reporterre.

 

17 juin, procès des 1000 vaches : mobilisés pour la relaxe des 9

Affiche tiAprès des condamnations injustes et bâclées le 28 octobre, la Confédération paysanne a décidé de faire appel. Des actions syndicales n’ont pas à être sanctionnées pénalement ! Les militants de la Conf’ ont agit pour l’avenir de tous, contre la disparition des paysans, la précarisation générale, la destruction de l’environnement et la dégradation de notre alimentation !

Le ras-le-bol des citoyens doit s'exprimer le 17 juin, devant le tribunal d'Amiens. Plusieurs milliers de personnes se retrouveront pour réclamer la relaxe des neuf militantes et militants de la Conf'. Ce rassemblement sera l'occasion de montrer, une nouvelle fois, que nous n'acceptons pas la dérive industrielle de l'agriculture, mais aussi que nous sommes mobilisés en vue de la conférence internationale sur le climat (COP21) et pour la liberté d'action syndicale dans la défense d'un avenir plus juste.

La mobilisation devant le tribunal sera militante et festive. De nombreuses personnalités (Olivier De Schutter, José Bové, Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot, Bernadette Groison, Pierre Laurent, Pierre Tartakowsky, Susan George…) seront présentes pour soutenir les militants. La journée sera ponctuée d'une marche et de plusieurs concerts. Elle permettra également de retrouver les produits de l'agriculture paysanne que nous défendons, sur le marché et pour le repas.

Un bus commun avec l'Aveyron est prévu. Merci de nous contacter si vous êtes intéressés.

Confédération paysanne du Lot
Place de la halle
46320 Assier
05.65.50.00.34

 

 

 

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