19 fermetures de classes programmées dans le Lot

Source : communiqué du CCSEV (Collectif citoyen de sauvegarde des écoles de village du Lot), mis en ligne le 3 février 2017

Ccsev 3Malgré l'annonce d'aucun retrait de poste pour la rentrée 2017, la redistribution des moyens se traduit encore et à nouveau plus que jamais par la volonté de suppremer 19 classes !

Souvent des écoles, autant de services publics indispensables à nos enfants et nos territoires.

Voici la liste des fermetures de classes par circonscription :

CAHORS 1 :
Cours (Bellefont-La Rauze)
Gréalou (élémentaire)
Limogne en Quercy
Cahors M. Durand (Croix de fer)

CAHORS 2 :
Parnac
RPI Duravel /Touzac/Vire/Soturac
RPI Montcabrier/Saint Martin le Redon
Puy L'Evêque (élémentaire)
Montcuq (Belmontet)

Ccsev 2FIGEAC :
RPI Planioles/Camburat et RPI Fons/Cardaillac
RPI Prudhomat/ St Michel Loubéjou (Prudhomat) retrait conditionnel si pas de regroupement avec Loubressac
RPI Leyme / Molières (Molières)
Aynac
Lacapelle Marival (maternelle)
Livernon
Sousceyrac en Quercy
St Laurent les Tours


GOURDON :
RPI Cavagnac/Les 4 Routes/St Michel de Bannières (Cavagnac)
RPI Le Vigan/St Projet (St Projet)

 

Le DASEN estime que "les classes avec des effectifs inférieurs ou égaux à 18,7 élèves doivent fermer" et que "par ailleurs, dans 33 situations, en RPI et hors RPI, l'effectif serait fragilisé, ce qui représenterait 70 écoles pour lesquelles le clignotant orange est allumé"  (article La Dépêche du 19/01/2017).

Le collectif dénonce ce seuil arbitraire de 18,7 élèves par classe.

Le collectif dénonce ce chiffre de 70 écoles dites fragilisées sans aucune autre appréciation portant sur l'éloignement, le transport, le territoire, sur les dynamiques propres à chaque école, les projets pédagogiques, les implications des professeurs dans leurs classes : nos enfants, nos enseignants, nos territoires méritent mieux que cette obstination purement comptable.

 

Nous appelons chacune et chacun à se mobiliser et à la solidarité pour défendre les écoles viables et vivantes pour nos enfants, nos territoires !

 

Le Collectif a reçu en novembre dernier un document (voir ci-dessous) dont vous saisirez toute l'importance pour l'avenir de nos écoles et de la ruralité. Ce document a été rédigé par les services du DASEN pour être projeté à l'occasion de la réunion du comité de pilotage en vue du futur maillage territorial des écoles du Lot, qui s'est réuni le vendredi 25 novembre 2016. Le collectif CCSEV n'a jamais été invité à ces comités de pilotage, mais remercie les sources de confiance qui permettent dès à présent de publier ce document.

Le contenu de ce diaporama peut être divisé en 4 parties :

-- une situation comparée des effectifs des élèves, des classes et des écoles dans le département du Lot (pages 2 et 3)

-- un comparatif des indicateurs utilisés par l'éducation nationale (pages 4 à 6) :

l'indicateur P/E correspond au nombre de postes d'enseignants pour 100 élèves.

l'indicateur E/C correspond au nombre d'élèves par classe en moyenne dans le département.

À la lecture des cartes présentées, contrairement à un discours à charge du DASEN à l'égard de notre département, nous pointant systématiquement comme ayant des indicateurs catastrophiques, il apparaît que nombres d'autres départements présentent des chiffres semblables à nous, voire traduisant une ruralité encore plus forte que dans le Lot :

Aujourd'hui, le département du lot est dans la moyenne des départements ruraux.

Chaque indicateur P/E ou E/C traduit une géographie, une spécificité de chaque département. Vouloir les standardiser, les unifier revient à ignorer, à dénigrer ces territoires. Ces indicateurs sont la traduction d'une réalité physique des territoires ruraux et en aucun cas un prétexte a fermer aveuglement des écoles rurales.

 

-- Les chiffres en page 8 témoignent d'un déficit flagrant de postes dans notre département. Le retrait inéquitable et injustifié de 6 postes en 2016, et ce en regard des dotations nationales étonnamment généreuses (voir carte et article) réduit aussi l'ambition de scolarisation des moins de 3 ans, le nombre d'enseignants remplaçants pourtant si nécessaires.

Pour information, le poste "plus de maîtres que de classes" créé en 2015 à Puy L'Êvèque a été supprimé dès la rentrée 2016 ! Ces postes pourtant si médiatisés ne seraient-ils pas des leurres ?

-- des propositions sous forme de cartes des projections territoriales (pages 9 à 40) dévoilent une volonté de concentrations de RPI qui traduisent pour beaucoup d'entre elles, une méconnaissance flagrantes de la géographie des territoires, et des temps de transports incompressibles qui s'y rattachent. Chaque nouveau RPI concentré verra la fermeture d'au moins une école. Demain, devra-t-on demander aux enfants de doubler leur temps de transport pour continuer de supprimer des écoles rurales ?

Comment justifier de telles proposition au regard de l'intérêt des enfants ?

Le collectif CCSEV vous invite à la plus grande vigilance, à vous saisir de ces informations, et à engager dès à présent réflexions et actions pour défendre vos écoles rurales !

Faites nous remonter toutes vos infos par mail

Contact du collectif : ccsev46@free.fr

Blog : http://ccsev.over-blog.com

Diaporama_DASEN Novembre 2016 by Laurent Cougnoux on Scribd

 

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Commentaires

  • Éric
    • 1. Éric Le 07/03/2017
    Concernant la fermeture de l'école de Fons.
    On peut discuter à loisir du bien fondé de la décision du DASEN, mais son comportement de soudard de la République pour l'imposer relève du déni démocratique et est bien révélateur de ce qui se trame au niveau de l'État en matière de destruction de la ruralité.

    LETTRE OUVERTE À M. L'INSPECTEUR D’ACADÉMIE DE CAHORS ( DASEN )

    Chronique de la scandaleuse méthode utilisée par l'Inspection d'Académie de Cahors pour détruire l'école rurale.

    Cher Monsieur, à qui obéissez-vous ?

    Si vos méthodes sont le résultat des décisions prises par Madame la Rectrice ou des orientations définies par le Ministère, faites – le nous savoir car seule la rébellion organisée pourra remettre de l'ordre.
    S'il s'agit d'initiatives personnelles, changez de métier.

    Ces quelques lignes vous étonnent ? Ou mieux encore vous surprennent ? Vous ne les comprenez pas ? Alors, laissez-moi ajouter quelques mots, cela vous aidera.

    Au mois de septembre 2016, les cinq maires des communes de Cardaillac, Fons, Fourmagnac, Planioles et Camburat informent votre Inspecteur de circonscription que les deux RPI regroupant ces cinq communes souffrent d'une vraie difficulté. En effet, chaque année, les classes sont recomposées pour tenir compte des niveaux et du nombre d'enfants. Cela se traduit pour les familles par un manque de lisibilité; elles ne savent pas, d'une année sur l'autre, où leur enfant se trouvera l'année suivante. Nous précisons que nous n'avons aucun problème d'effectifs sur les deux RPI. Les postes d'enseignants ne sont donc pas menacés.

    Après vous avoir rencontré, votre IEN nous propose de travailler ensemble pour tenter de pallier cette difficulté aux conditions suivantes :

    1. Il ne s'agit pas d'une difficulté liée à la carte scolaire
    2. Il convient de réorganiser les enseignements sur les deux RPI en agissant, notamment sur l'implantation des postes dans les écoles.

    Et surtout, quelle que soit la solution proposée à l'issue de la réflexion, elle devait être validée par la majorité des maires concernés, soit trois sur cinq au minimum. «  Il devra y avoir consensus », tels sont vos dires, vos engagements. Nous y avons cru.

    Après trois réunions de travail, Monsieur l'IEN, nous informe que votre proposition est de fermer l'Ecole de Fons et de déplacer le poste s'y trouvant vers l'école de Planioles.

    Trois maires sur cinq, vous informent immédiatement par écrit de leur désaccord. Cette solution ayant pour principal défaut, outre celui de mettre tous les enfants des familles de Fons en difficulté avec des temps de transport très longs et très fatigants, celui de fermer l'école du village qui ne souffrait d'aucun problème d'effectifs. 17 enfants en 2017 vont donc se trouver dans cette situation sans raison. Le Maire de Cardaillac, quant à lui, précisait que cette solution pouvait conduire à terme à la fermeture d'une classe et de plusieurs postes d'agents territoriaux dans son village.

    Face à l'opposition ferme et sans ambiguïté de la majorité des maires, vous vous étiez engagé à ne pas mettre en œuvre ce plan absolument inadapté.

    C'est alors que l'impensable se profila doucement.

    1. Je vous demande par téléphone confirmation de l'abandon de ce plan. Vous me le confirmez et me demandez de travailler pour la rentrée 2018. Je tiens à votre disposition le message indiquant cela que j'ai sauvegardé.
    2. Vous décidez de présenter votre proposition en Commission Départementale de l’Éducation Nationale.
    3. Certains parents d'élèves que cette nouvelle organisation satisfait, décident de s'exprimer dans la presse et de rencontrer des membres de la CDEN pour accréditer votre proposition.
    4. A aucun moment, nous ne sommes ( les Maires ) informés de tout cela.
    5. La CDEN donne un avis favorable à votre proposition.
    6. Vous transformez votre proposition en une décision par voie d'arrêté le 1er mars 2017.

    Sans la moindre gêne, ni la moindre hésitation, vous ne respectez aucun de vos engagements de départ. Les élus que nous sommes sont trompés. Vous nous avez laissé croire que vous seriez respectueux de notre choix. Rien de tout cela n'était vrai.

    Les résultats concrets de votre décision :

    1. Une école rurale ferme alors qu'elle avait le nombre d'élèves requis.
    2. Tous les enfants du village de Fons sont face à une organisation nouvelle absurde :

    - trois sites très éloignés,
    - des temps de transport très longs,
    - des frais supplémentaires en transport pour le service public
    - une offre pédagogique absolument identique à l'exception de 2 niveaux par classe au lieu de 3 ( toutes les études montrent que cela n'a aucun impact sur les résultats scolaires).

    Alors pourquoi ? Pour une raison très simple et peu glorieuse.

    Sans le vouloir, nous vous avons donné l'occasion de fermer plusieurs écoles à moyen terme et de « récupérer » au moins deux postes d'enseignants.
    En effet, vous savez fort bien que les 17 enfants concernés ne resteront pas dans les RPI ainsi réorganisés. Cela engendrera de facto une baisse très significative des effectifs. Une deuxième école où se trouve un seul poste fermera. Vous récurerez ainsi un premier poste. Ensuite, le Maire de Cardaillac a indiqué à plusieurs reprises que les enfants de Planioles ne « remonteraient » pas vers sa commune pour des raisons géographiques évidentes.
    Les effectifs chuteront encore. La probabilité qu'une classe ferme aussi à l'école de Cardaillac est très grande. Voici récupéré un éventuel second poste.
    Il convient d'ajouter à cela les 3 ou 4 postes d'agents territoriaux supprimés.

    Alors d'ici deux ou trois ans que restera-t-il de l'offre scolaire sur nos territoires ?
    A ce moment précis de l'Histoire, vous ne serez plus dans le secteur. Le jeu naturel des mutations sera passé par là. Vous aurez fait votre travail.

    Ce genre de méthode déloyale et peu glorieuse ne grandit pas notre République.

    Nous avons largement les moyens de faire autrement. Il faut seulement le décider.

    J'adresse copie de cette lettre ouverte aux journalistes, élus, membres du Gouvernement et candidats à l'élection présidentielle en espérant que nous serons nombreux à dénoncer ces pratiques d'un autre temps.

    Le Maire du village de FONS (46). Laurent MARTIN - 02 mars 2017.
  • Interrogation
    • 2. Interrogation Le 19/02/2017
    Hello. Je m'interroge sincèrement sur ce débat. Il me semble (de mon point de vue) que parfois on généralise sans regarder au cas par cas ce qui se trame.

    Pour Fons par exemple : Faut-il garder une classe à 3 niveaux dans un tout petit village ? Quand il est possible de mutualiser les moyens sans nuire à l'intérêt de l'enfant et des familles (c'est le plus important pour moi), cela me parait étrange. Non seulement, cela coute de l'argent aux contribuables qui ne savent que se plaindre des impots. Mais cela permettrait également de limiter la facture écologique (chauffage et cie), puisque de toute façon les trajets des familles correspondent à la proposition de regrouper avec Planioles (si je ne me trompe).

    De manière plus générale sur ce sujet de regroupement/fermeture, est-ce que les élus ne sont pas un peu trop consensuels avec leurs administrés contre le bien commun dans le but de sauvegarder leur électorat ? Surtout dans ce contexte rural où les gens parlent.

    Par contre, il est clair que l'argument "plus de démocratie" est tout à fait recevable. La décision ne doit pas être imposée brutalement. Mais il est vrai qu'il faut aussi éviter le statu quo. Il y a bien des choses à inventer pour vivre ensemble...

    Pour finir, je voudrais dire :
    Toute proposition n'est pas forcément mauvaise. Il faut bien sur être vigilent quand les pouvoirs publiques dérapent, mais il faut aussi garder assez de souplesse d'esprit pour ne pas TOUT refuser de prime abord par principe.

    Voilà, je voulais simplement vous faire part de mon avis qui n'est pas celui de mon voisin et qui laisse libre quiconque de me répondre et d'exposer ses contre-arguments. Je ne suis pas fermé. J'ai vraiment envie de comprendre.

    ps : est-ce que coté LEA, vous pourriez étudier au cas par cas les enjeux de chaque fermeture/regroupement ? Il y a pas mal de parents qui s'interrogent. Y voir clair serait pas mal.

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