25.000 chômeurs dissimulés au mois de Mars par le pôle-emploi. Source : Agoravox

Le nombre de demandeurs d’emploi « tenus de faire des actes de recherches d’emplois » dans les catégories A, B et C a augmenté, au mois de mars, de 77000 personnes dont 63400 en catégorie A. Ce chiffre est un solde entre les entrées et les sorties.
 
Le nombre d’entrées, en catégorie A, B et C, au pôle-emploi au mois de mars a été de 510 mille personnes en augmentation de 4.3 % par rapport au mois précédent, tandis que le nombre de sortie s’est élevé à 429 mille en augmentation de 6.7 % par rapport au mois précédent.

Je m’attendais à l’augmentation du nombre d’entrée, je n’ai donc pas été surpris. En revanche, l’accroissement du nombre de sorties m’a surpris par son ampleur. Je suis donc allé voir de plus près le détail des sorties du pôle-emploi du mois de mars.

La ligne « cessations d’inscription pour défaut d’actualisation » qui pèse pour presque la moitié des sorties mensuelles est passée de 167 à 194 mille personnes en l’espace d’un mois. La ligne « Autres cas » passe également de 44 à 49 mille personnes. Cette étrangeté m’a laissé perplexe.
 
 
Que pouvons-nous tirer de ces constations ?

Premièrement, arrêtons-nous un instant sur ces chômeurs « tenus de faire des actes de recherches d’emplois ». Ce jargon permet à lui seul de dissimuler environ 200.000 demandeurs d’emplois en catégorie D : ceux qui ne sont « pas tenus de faire des actes de recherches d’emplois ». Ces personnes ne sont ensuite plus comptabilisées dans les chiffres des catégories reines (A,B et C). Ce chiffre étant pratiquement étal depuis plus d’un an, nous ne pouvons en tirer aucun enseignement à ce jour – nous pouvons seulement constater, encore une fois, que les gouvernements successifs ont une volonté toujours marquée de ne vouloir montrer que des courbes décroissantes sur ce thème ô combien sensible.

Par contre concernant les deux lignes évoquées précédemment (cessation d’inscription et Autres cas), leurs courbes d’évolution semblent être le meilleur moyen pour comprendre le mécanisme de dissimulation qui a eu lieu au mois de mars :
 
 
 

Nous voyons clairement que tout a été fait au mois de mars pour augmenter artificiellement de 20000 personnes le nombre de sorties liées à un « défaut d’actualisation » et d’environ 5000 le nombres de personnes issues de la catégorie « autre » sans pour cela utiliser le terme adéquat « radiation ». Celui-ci est en effet suspect de par son appellation même.

La Dares confirme elle-même mon analyse, je la cite : "Les sorties pour cessations d’inscription pour défaut d’actualisation et pour autres cas augmentent de manière inhabituellement marquée (respectivement +15,8 % et +13,3 % sur un mois). " A la lumière de ces données, Le pole-emploi devrait mener une analyse complémentaire afin de faire la lumière sur ces chiffres que la Dares qualifie elle-même d’« inhabituels ». Rien n’est prévu à ce jour pourtant !

Le solde de 77000 chômeurs supplémentaires a donc été minoré artificiellement par un « travail de cavalerie » du pôle emploi pour près de 25000 personnes. Le chiffre du mois de mars aurait donc dû être supérieur à 100.000 personnes. Un chiffre symbolique par excellence que ce gouvernement ne souhaitait sans doute pas dépasser.

Après cet artifice du mois de mars, ces 25.000 chômeurs supplémentaires « radiés » sans l’être vont sans doute revenir sur les listes dans les mois à venir. Il reste donc à savoir si ces mauvaises pratiques vont perdurer dans les semaines à venir ?

La désinformation est un métier, le plus étrange dans cette affaire est de savoir que le porte-parole de l’UMP n’a pas encore commenté ces chiffres exécrables. Il y rajouterait, très certainement, une touche personnelle appréciable.

Sources : Dares
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