958 milliards d'euros pour l'Europe, la faillite pour la Grèce ?

Les mots ont un sens. 8 décembre 2009

L'Europe des 27 a déboursé 958 milliards d'euros d'aides publiques en 2008 pour maintenir son économie à flots. Soit 7,7% du PIB global ! Résultat : certains Etats sont en difficultés. La Grèce, par exemple, contrainte de se tourner vers la Chine pour renégocier sa dette. Aîe...

Crise faillite Grèce

Selon un rapport de la Commission Européenne publié hier, les 27 Etats européens ont dû débourser 958 milliards d'euros en 2008 pour sauver leurs économies. Soit 7,7% du PIB global ! Ce montant stratosphérique prend uniquement en compte les aides liées à la crise. Record absolu pour l'Irlande, avec 356 milliards d'euros d'aides de crise (190% du PIB), suivi par le Royaume-Uni à 201 milliards (11%) et l'Allemagne à 181 milliards (7%). La France plafonne à 42,9 milliards (2,2%) en milieu de tableau.

Partant du principe que les montants engagés par un Etat lors d'un plan de sauvetage (par exemple) auraient pu être levés sur les marchés, la Commission a aussi calculé l'avantage entre la rémunération demandée par l'Etat et celle qu'aurait demandé le marché. Le résultat est moins impressionnant : "seulement" 212 milliards d'euros, soit 1,7% du PIB européen. 69 milliards d'euros pour le Royaume-Uni (3,8% du PIB), 51 milliards pour l'Allemagne (2%), 36 pour l'Irlande (19,2% !). Et 20 milliards pour la France (0,85%). La Commission aurait pu préciser que les marchés du crédit sont plutôt froids en ce moment, et que les prêteurs sont frileux (peu d'entreprises auraient pu emprunter sur les marchés). Elle ne l'a pas fait... De quoi relativiser la portée du second calcul.

Les doigts dans la crise : ça coince...

Premier hic. L'Europe a financé son économie à hauteur de 1,7 à 7,7% de son PIB, en 2008, tandis que ce même PIB a baissé de 4,3% entre septembre 2008 et septembre 2009 ! Certes, l'effet des aides n'est pas immédiat, mais cela reste inquiétant, sachant que la moitié des pertes bancaires n'auraient pas encore dévoilées, selon le FMI, et qu'aucune amélioration du marché de l'emploi n'est prévue avant fin 2010, même chez les plus optimistes. Second hic. Cet argent de poche, il va bien falloir finir par le rembourser. Si le déficit du budget de l'Etat français a atteint 135 milliards d'euros au 31 octobre (contre 60,7 milliards à la même date en 2008), les yeux des financiers avisés se tournent aujourd'hui vers le Portugal, l'Irlande et, surtout, la Grèce.

La note de la Grèce dégradée

L'agence Standard & Poor's vient de mettre les notations du Portugal et de la Grèce sous surveillance négative. Un abaissement de leur note est donc attendu d'ici deux mois. La Grèce, dont la dette atteindra 125% du PIB fin 2010, perdrait sa note "A-" pour passer en catégorie "BBB+", à deux doigts seulement de la catégorie dite "spéculative", réservée aux "junk bonds" (obligations pourries). Réaction de solidarité immédiate des marchés : le rendement de l'emprunt d'État à 10 ans de la Grèce s'est envolé de 12 points de base, à 5,10%.

La Chine au secours des pays européens en difficultés ?

En Europe, tout le monde s'inquiète, mais rien n'étant prévu dans pareil cas, tout le monde détourne finalement le regard. Chacun sa dette. "Si les révisions à la baisse des notations se poursuivent, nous nous retrouverons dans la situation terrifiante de ne plus pouvoir accéder aux liquidités de la Banque centrale européenne" a récemment déclaré le gouverneur de la Banque centrale grecque George Provopoulos. Une faillite s'en suivrait inexorablement. Le Wall Street Journal a d'ailleurs dévoilé le 29 novembre quelques indiscrétions pour le moins embarrassantes : la Grèce serait en train de négocier avec la Chine le rachat d'une partie de sa dette.

Un pays de la zone euro obligé d'agiter la sébile en direction de la Chine... pour éviter d'avoir à se frotter au FMI ? Pas vraiment rassurant !

 

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