A Sarreguemines, lesConti promettent de multiplier les actions-chocs

LEMONDE.FR | 06.05.09 | 14h00  •  Mis à jour le 06.05.09 | 17h09

Des salariés de Continental devant le site de Sarreguemines, mercredi 6 mai.

AP/CEDRIC JOUBERT. Des salariés de Continental devant le site de Sarreguemines, mercredi 6 mai.

Plusieurs centaines de salariés Continental de l'usine de Clairoix (Oise) – entre trois cents et six cents selon les sources – ont occupé, mercredi 6 mai, le site Continental de Sarreguemines (Moselle), également siège social du groupe. Le but : obtenir une réunion tripartite avec l'Etat et la direction allemande du groupe de fabricants de pneumatiques. Mission réussie : le porte-parole des "Conti" de l'Oise, Xavier Mathieu, délégué CGT, a annoncé avoir obtenu la promesse du directeur adjoint du cabinet de Luc Chatel, secrétaire d'Etat à l'industrie, qu'une date ferme serait communiquée aux syndicats dans l'après-midi ou jeudi.

Cette action a été menée à l'improviste, confie Bruno Levert, délégué CGT de Clairoix, après l'annulation en dernière minute d'une manifestation commune à Aix-la-Chapelle avec des salariés allemands. "On a mis tout le monde dans la confidence mais on n'a dit à personne où on allait vraiment, explique M. Levert. On a pris nos voitures et on est arrivé ce matin : on savait très bien que si on annoncait qu'on allait là-bas, on aurait été accueilli par les CRS. Maintenant, on ne dit plus rien à personne. On donne les feuilles de routes aux chauffeurs et on part."

"LES ACTIONS ÇA VA ÊTRE TOUTES LES SEMAINES, TOUS LES DEUX JOURS"

Alors que le dossier de reprise du site de Continental est toujours enlisé, les syndicats comptent bien multiplier ce type d'actions spectaculaires pour peser dans les négociations. "C'est un moyen de pression, ça va continuer. Les actions, ça va être toutes les semaines, tous les deux jours. On ne va pas rester à l'usine comme des clampins. Il faut qu'on fasse bouger les gens sinon on va les perdre", promet M. Levert.

Une stratégie qui s'est avérée payante mercredi, avec la promesse d'une date. Une première réunion avait eu lieu la semaine dernière à Bercy, mais sans la participation de la direction allemande. "On attend beaucoup de cette réunion tripartite", reconnaît Bruno Levert, même si la perspective d'une reprise de l'usine de Clairoix devient de plus en plus compliquée. La proposition faite par l'accessoiriste automobile MAG, seul candidat en lice, ne rassure pas. "On a des copains qui sont allés en réunion pour poser des questions. [Le représentant de MAG] est venu avec ses gardes du corps, il n'a répondu à aucune question", constate M. Levert. Fataliste, il ajoute que presque plus personne ne croit à l'arrivée d'un autre repreneur pour sauver l'usine. "Continental ne va pas perdre des parts de marchés avec un repreneur. S'ils ferment Clairoix, c'est pour gagner des parts de marchés ailleurs en Europe, estime le syndicaliste. On veut juste que Continental nous donne ce qu'il nout doit, c'est-à-dire notre plan social."

Mercredi en milieu d'après-midi, le calme était revenu sur le site de Sarreguemines. "Il y a un peu de flicaille et de CRS devant, mais c'est bon enfant", assure Bruno Levert, qui écarte toute possibilité de dérapage comme ce fut le cas à la sous-préfecture de Compiègne. "C'est calme, tout le monde discute", ajoute-t-il. En attendant, les manifestants hésitent entre camper sur place ou rentrer chez eux dès ce soir.

Luc Vinogradoff (avec AFP)

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