Amara impose le retour du kärcher

Marianne2. 11 janvier 2009 par Gérald Andrieu

En reprenant à son compte l’expression du candidat à l’élection présidentielle, Fadela Amara cherche sans doute à plaire au chef de l’Etat. Et à le servir à quelques semaines du scrutin des régionales. Mais en agissant de la sorte, elle offre surtout au regard des Français un président qui n’est plus que la caricature de lui-même.


(photo: MEDEF - Flickr - cc)

«Rappelez-vous le “kärcher” de Nicolas Sarkozy : on a oublié qu'il a dit cela alors qu'un jeune de 11 ans avait été tué en nettoyant la voiture de son père ! Oui, il faut “nettoyer au kärcher”, nettoyer cette violence qui tue nos enfants dans les cités. » Dans les colonnes du Progrès de Lyon de ce lundi, Fadela Amara fait dans le Sarkozy pur sucre. Serait-ce pour elle un moyen de retrouver les faveurs du souverain ? L’ancienne chef de file des Ni putes ni soumises, on le sait, ne compte pas parmi les membres les plus en vue de la cour. La faute notamment à son plan Espoir banlieues qui ressemble fort à un énorme gâchis : des dizaines de millions déboursés pour une poignée de contrats d'autonomie.
A moins que, en revenant sur le kärcher, la secrétaire d'Etat ne soit en service commandé : Jean-Daniel Lévy vient de déclarer dans Le Parisien ce matin que « les sympathisants du Front national effectuent un retour très net en faveur de Nicolas Sarkozy. » « Cette frange de la population », ajoute-t-il, « lui est notamment reconnaissante de ne pas stopper le débat sur l'identité nationale. Cela les rassure. » Peu importe la validité de l'hypothèse, ce qui compte est que les stratèges de l'Elysée, perclus de sondages, sont peut-être portés à croire cette théorie.

Eric Besson, lui, l’a tout aussi bien compris : en Sarkozie, les ministres se doivent d’être plus sarkozystes que ne l’est le Président lui-même. Il faut mettre ses pas dans ceux du patron, calquer sur lui ses mots et son comportement. Jouer le registre du père, c’est s’assurer d’être le fils préféré. La preuve par le débat sur l’identité nationale dont il est l’initiateur zélé.

Amara, Besson: des ministres-caméléons

(dessin: Rodho)

En reprenant les thèmes de campagne du candidat Sarkozy, Fadela Amara et Eric Besson (notons qu’il s’agit de deux ministres d’ouverture) pensent sans doute sincèrement plaire au chef de l’Etat et, aussi, le servir à moins de trois mois des régionales.  Mais la répétition qui est devenue une figure imposée en Sarkozie a toutes les chances de fatiguer les Français. Ils avaient déjà à faire à un Président perpétuellement en campagne, voilà qu’ils vont devoir se coltiner tout un peloton de ministres en ordre de marche pour les élections. Agir de la sorte, c’est ignorer que la répétition peut-être le pire ennemi de Sarkozy. Lui qui disait vouloir incarner la rupture n’apparaît plus — aidé désormais dans sa tâche par des ministres-caméléons — que comme la caricature de lui-même…

Commentaires

  • KALEI
    C'est... dépitant...
    L'allusion au Karcher a eu lieu il y a ... 5 ans... Evolution:néante.
    Kaléi

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