Aux Vieilles charrues, Bruce tout puissant et Bénabar médisant

Rue89. 21 juillet 2009 par Charles Mouloud

A 18 ans, le festival majeur des Vieilles charrues s'est terminé sur un magnifique coucher de sommeil. En plein baby blues post-festival, je compte mes ampoules en pleurant mes vieilles sandales, tombées au champ d'honneur.

Il a fallu que je me fasse une oraison. Mes pompes commençaient à sentir le Michael Jackson en décomposition. RIP. Toutefois si vous passez à Huelgoat, sachez qu'elles ont été empoubellées près de la chapelle.

Sinon, il y a eu Bruce tout puissant, mais on ne va pas faire un plat d'un mec qui n'a qu'une chanson longue de 3 heures, avec toutefois une pause « Because the Night », de Patti Smith. Mais à côté des frères Morvan jouant avec les Tambours du Bronx, ce petit jeune peut encore progresser.

Dans le rayon fils et fille de, on pouvait trouver :

  • Joe Sumner, fils de Sting, avec ses potes de Fiction Plane, pas mal du tout, surtout jouant après the Killers. Charisme, énergie et goût de la scène.
  • Izia Higelin, qui, malgré un rock lourd et gras (sic), ne mérite pas les comparaisons entendues en conférence de presse avec Janis Joplin, loin s'en faut. Pour ça, il ne suffit pas de se rouler par terre et de finir à moitié à oilpé. Laisser mûrir en lui conseillant d'éviter de surjouer son personnage.

Cabrel a fait entrer 60 000 personnes dans sa cabane du pêcheur

J'ai beaucoup aimé la soirée Fargo. Le label avait une carte blanche sur la scène Xavier Grall, où Olle Nyman, Alela Diane et Joseph Arthur se sont succédés. (Voir le panoramique)

Photo panoramique du groupe Fargo au festival des Vieilles Charrues, à Carhaix (Stéphane Mahé/360 Ouest)
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La folkeuse californienne Allela Diane, est un de mes coups de cœur du festival. Sa voix sensible, tout à la fois douce et puissante, m'a fait chavirer.

Il me tardait de retrouver le groupe rennais Montgomery sur une grande scène, après leur première à l'Antipode de Rennes, leur univers unique, hyper référencé, de Zappa à Philip Glass, fait de chemins labyrinthiques et de mélodies hypnotiques. Ils inventent une nouvelle pop rock très personnelle et envoûtante. Attention, grand groupe !

Pendant que Cabrel réussissait à faire entrer 60 000 personnes dans sa cabane du pêcheur, il y avait un Angle Mort à ne pas louper. C'est le nom de l'ensemble formé par Zone Libre, groupe instrumental formé de Serge Teyssot-Gay (Noir Désir), Marc Sens et Cyril Bilbeaud, et de Casey, une radicale qui mettait des coups de boules salutaires en réponse à la violence sociale et politique de notre époque.

Spectacle coup de poing de la troupe de théâtre de rue La Patriotico Interesante

Il ne fallait pas louper, à la Garenne, lieu légèrement excentré, le théatre du Cabaret Breton avec aussi son concours de « Air Biniou », ses cours déjantés de « gym tonic » de Maïon et Wenn (c'est mes copines , mais chut ! ), la troupe de spectacle de rue chilienne La Patriotico Interesante.

Leur spectacle « Kadogo » est un coup de poing au cœur et à l'estomac, traitant de problématique des enfants soldats. S'y mèlent dans des riffs punks des zicos seigneurs de guerre, politiciens, médias, ONG et enfants. Dur, drôle parfois, grave et nécessaire. (Voir le panoramique)

Photo panoramique du la troupe La Patriotico Interesante au festival des Vieilles Charrues, à Carhaix (Stéphane Mahé/360 Ouest)
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Vous voulez un peu de people, en voili, en voilà. Mais il y en a un qui ne va pas garder un bon souvenir de son passage chez les irréductibles « bouzeux » de chez nous qu'on est, c'est le gazio Bénabar. Double carton rouge !

Pour commencer, je le chope, avec ma gentillesse légendaire et pas du tout perverse, afin de lui demander ce qu'il pensait des commentaires des riverains de Rue89 sous l'entretien qu'il a donné à la rédaction à propos d'Hadopi.

Le gendre idéal de la ménagère de moins de 50 ans est soudain pris de tics nerveux et me dit en substance, que « Rue89 est un journal très mal tenu ». Qu'il est inadmissible que des internautes « anonymes » l'insultent, que personne n'a pris sa défense :

« Je ne suis sans doute pas très éclairé sur le sujet, mais personne ne s'est demandé si j'étais un gros fumier, tout le monde a dit que j'étais un salaud… Je ne viendrais plus. »

Pauvre bichon ! Il se permet de rajouter que plus un artiste ne viendrait sur Rue89… Je crois que c'est la fin du journal. Terrible !

« C'est Bénabar, on ne touche pas à Bénabar »

Bigorneau sur le plateau de fruits de mer : sa « manager », qui était très mécontente de voir que son poulain, installé dans la tribune privée placée sur la grande scène sans y être convié, se soit vu invité à descendre. Elle a piqué la crise de la semaine.

Il ne doit plus y avoir de gibier, ni d'oiseaux vivants dans la campagne avoisinante après sa colère tsunami. Jérôme Tréhorel, co-responsable de la production et de la programmation, s'est fait agonir d'insultes avec des menaces du style « Tu es un homme mort » (une métaphore, j'espère) : « C'est Bénabar, on ne touche pas à Bénabar »…

Arrrgh, le showbise ! Après s'être ridiculisée, cette charmante personne devrait méditer un peu sur l'humilité.

Sinon, Moby est très cool et Julien Doré frisé.

Cabrel a besoin de quatre personnes pour porter son peigne, et Lenny Kravitz a des lunettes de soleil.

J'ai croisé Momo, le vrai, dans les bras des Rennais de Micronology. Vous vous rappelez de Momo ? C'est le chat écrasé empaillé de « Bernie »-Dupontel, présenté dans le film par ce fameux :

« Je possède un chat, Momo. Momo est un chat depuis de nombreuses années, mais c'est également un félin. (…) c'est un chat que je peux emmener très facilement dans les déplacements. »

Voili, voilà, sinon le champagne était aussi frais que les langoustines.

► PS. Mes zamis de Ka Jazz, vous avez été superbes !

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