Avec le RSA, Guy craint de perdre à tous les niveaux

Agoravox. 30 janvier 2010 par Julien R

Cumuler salaire et RSA pour accroître ses revenus ? Sur le papier, c’est l’idée du revenu de solidarité active. Dans les faits, l’équation est tout autre pour ceux, comme Guy, qui se débattent avec des revenus d’activité irréguliers.

 

Guy travaille au domicile de particuliers, à Angers, pour de l’entretien et du petit bricolage. Payé en chèque emploi service, il fait partie de ces travailleurs précaires qui "bénéficient" du revenu de solidarité active mis en place en juin 2009. Il dresse un bilan très critique de ce dispositif, dont les effets semblent bien éloignés des premières intentions de son instigateur Martin Hirsch.

"Le problème, considère Guy, c’est que les effets négatifs du RSA apparaissent petit à petit, sans que personne ne vous prévienne." Au fil des mois, c’est ainsi toute une série de petits avantages qui disparaissent avec la perception de ce nouveau revenu : "Il y a d’abord eu l’allocation logement, puis le forfait téléphonique social, et ensuite l’exonération de redevance audiovisuelle et de taxe d’habitation…"
Petit à petit, la suppression de ces avantages grignote le pouvoir d’achat de Guy. Il n’est d’ailleurs pas le seul à faire ce constat, comme l’illustre ce témoignage d’une Choletaise en contrat d’insertion.

Mais pour lui, dont les revenus d’activités sont très irréguliers, le RSA présente d’autres inconvénients : "J’ai fait beaucoup d’heures de travail d’octobre à décembre, et j’ai actualisé ma situation en janvier. Mon RSA sera donc très faible en février et mars. Si je fais moins d’heures sur cette période, je perds à tous les niveaux…" Par comparaison, le montant de l’allocation de retour à l’emploi est lui calculé dès que les revenus du mois écoulé sont connus, évitant cet effet de décalage.

Pour Guy, le RSA distingue en fait trois publics différents : "Il y a ceux qui étaient auparavant au RMI et qui n’ont rien de plus avec le RSA, ceux qui touchent un salaire régulier proche du Smic et qui vont peut-être y gagner un petit quelque chose (peut-être contrebalancé par une perte sur la prime pour l’emploi, ndlr) et enfin ceux, comme moi, qui ont des revenus faibles et, surtout, instables. Pour nous, le RSA devrait aboutir à un tassement du total de nos revenus aux alentours de 800 à 1000 euros par mois, sans augmentation globale." Pas de quoi donc sortir de la précarité. C’était pourtant l’objectif annoncé.
 
Article publié sur le site chomeurs-rassemblons-nous.net

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