Ballon rond, quand tu nous tiens !

Le Lot en Action. Article inédit. Par le Lutin qui lutte

Les Irlandais ont lâché le morceau bien vite. On les avait connu plus tenaces ! Où est donc passé leur fameux fighting spirit ? Certes, la victoire et la qualification leur ont été volées, mais ils n’auraient pas du chatouiller Domenech avant les matches de barrage. Il est comme ça Raymond : besogneux, rancunier, et puis on ne va pas le changer à 57 ans, lui qui durant toute sa carrière de joueur a toujours été rugueux, mauvais garçon, adepte du coup bas et de l’essuyage de crampons sur les mollets, à tel point que ses adversaires le surnommaient le boucher.

Pas question pour lui d’avouer la moindre faute, quand il se rapprochait de l’arbitre avec son regard étonné, orné de ses gros sourcils, les deux mains croisées sur la poitrine, et son sourire hypocrite mais tellement désarmant. Et ce n’est pas cette fois ci que notre cher Raymond va changer ses petites habitudes. D’autant que le mépris affiché par les Irlandais à son égard leur est rendu au centuple par ce fils d’immigrés catalans. Et puis l’enjeu est d’importance. De mauvaises langues soulèvent de bien vilaines théories quant à cet abandon soudain des hommes au maillot vert, alors qu’ils étaient chauds et bouillants comme un Irish Stew sorti du four.

L’Irlande est au bord de la faillite, crise financière oblige. C’est ce qu’a du rappeler notre habile et pragmatique président de la République Nicolas Sarkozy, au premier ministre irlandais, lors de la nomination du président européen à Bruxelles. Moyennant quelques accords commerciaux très favorables pour les populations sinistrées de la mythique île verte, où le trèfle est roi, mais pas souvent à quatre feuilles, ainsi que quelques rétrocessions financières de la part de notre belle et puissante première chaîne de télévision, sur les recettes publicitaires accumulées durant le Mondial 2010, il serait fort à propos que les dirigeants actuels de la patrie de James Joyce, Samuel Beckett et Paul Mac Grath, passent la main, a-t-on du leur suggérer en coulisses. Quant à la populasse en colère, quelques pintes de Guinness, et la couleuvre passera !                                                                    

«Mangez du mouton irlandais, élevé dans la plus pure tradition, sur une terre noble, sauvage, dont les habitants ont su garder leur authenticité, leur art de vivre, leur force de caractère et leur fierté ! » pourra t’on lire et entendre, lors d’un spot de publicité diffusé pendant un match de l’équipe de France en juin 2010. Quant à l’arbitre de la rencontre, Monsieur Martin Hansson, il est fort à parier qu’il ne sera pas du voyage en Afrique du Sud. Qu’à cela ne tienne !

C’est confortablement installé dans un magnifique canapé en cuir, devant un gigantesque écran plat dernière génération, une coupe de Dom Pérignon à la main, des toasts au caviar de l’autre, servies par d’accortes et sculpturales hôtesses, qu’il pourra assister aux prestations de son équipe préférée, celle aux joueurs vêtus d’un maillot bleu avec un joli coq brodé dessus, dans une crique sauvage de l’île de la Désirade aux Antilles Françaises, d’où est originaire le père de Thierry Henry, sur le yacht de Monsieur Bolloré, pourquoi pas, généreusement « prêté » pour l’occasion.

Au fait, savez-vous pourquoi le coq est l’emblème de la France, se plaisent à demander nos facétieux amis belges ? C’est parce que c’est le seul animal qui chante les pieds dans la merde ! Mais savez-vous pourquoi les coqs n’ont pas de mains ? Parce que les poules n’ont pas de seins, ou tout simplement parce qu’ils ne jouent pas au football.                                               

Notre cher Président se targuait, il y a quelques années de cela, de penser beaucoup en se rasant, et surtout de reconnaitre un imbécile dès sept heures du matin. Monsieur Thierry Henry, pour revenir à notre petit malin, mais ô combien sympathique et tellement patriote, est devenu un expert en science footballistique, mais aussi dans le domaine du rasage.

Je me permettrais de lui poser une simple question : Après s’être épilé la face, peut il lui aussi, à l’instar de notre Commandant Suprême, dès le matin reconnaître un imbécile, ou se contente t’il de démasquer les tricheurs ? Allez mon titi, l’incident sera vite oublié. Les gens ont de toute façon la mémoire courte, et au mois de juin prochain, c’est tout un peuple enfiévré, hargneux journalistes compris, qui sera derrière toi, pour que tu nous ramènes, avec tes pieds magiques, ce deuxième trophée tant attendu. A moins que les Dieux du football, qui parfois ont des moments d’égarement en pensant à la Justice et à l’Equité, en décident autrement… Mais ça, c’est une autre histoire.

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau