Cahors. Grève et malaise au Pôle Emploi

La Dépêche. Publié le 19/06/2009 09:14 | Elisa Navarro.

La grève a été peu suivie hier à Cahors. Pourtant, les inquiétudes sont bien réelles.

Marc Jacob ne conteste pas l'idée d'une fusion entre l'ANPE et l'Assedic, mais sa mise en œuvre. Photo DDM, Marc Salvet.
Marc Jacob ne conteste pas l'idée d'une fusion entre l'ANPE et l'Assedic, mais sa mise en œuvre. Photo DDM, Marc Salvet.
Marc Jacob ne conteste pas l'idée d'une fusion entre l'ANPE et l'Assedic, mais sa mise en œuvre. Photo DDM, Marc Salvet.

Les chiffres traduisent mal l'inquiétude. Hier, dans le cadre d'un appel national des syndicats CGT, SNU et Sud, huit personnes, sur un effectif de trente, étaient en grève au Pôle Emploi de Cahors, et deux sur quinze à Figeac. Augmentation des effectifs, formation, refus du recours à l'intérim, reconnaissance des qualifications et revalorisation salariale : les revendications étaient larges. Trop peut-être, pour réellement mobiliser dans le Lot. « Mot d'ordre fourre-tout », entend-on dans les locaux de l'ex-ANPE, quai Cavaignac à Cahors. Hier matin, les grévistes ont procédé à une distribution de tracts devant les locaux. L'accueil du public a été assuré normalement.

Le malaise est pourtant palpable, surtout depuis les ratés à l'allumage du Pôle Emploi. Né de la fusion de l'ANPE et de l'Assedic, il entre dans sa phase concrète. Deux administrations, donc deux habitudes de travail et deux cultures. Le site mixte (avec des personnels issus des deux administrations) fonctionne depuis début juin. Et un site unique devra être choisi courant 2010. « Il faudra du temps pour que ça fonctionne parfaitement », reconnaît Axel Zeitoun. Deux ou trois ans, calcule le directeur de Pôle Emploi, qui deviendra, lundi, chargé de mission Lot à la direction territoriale.

En attendant, les conseillers voient leur mission se dégrader. « Le premier malaise, il est vécu par les demandeurs d'emploi, insiste Marc Jacob, non-gréviste hier, mais pas moins inquiet. Ils vivent une pression sociale forte. »

Il ne conteste pas l'idée de la fusion elle-même, mais sa mise en œuvre, avec une formation très rapide ; des questions sociales pas réglées (compétences, salaires…). « Ce chantier a été très mal préparé, avec des décisions au coup par coup et des sons de cloche différents ». En théorie, l'idée du conseiller unique, capable de suivre un chômeur du calcul des droits au retour à l'emploi, séduit. Elle comporte son revers, en faisant croire que les conseillers sont capables de répondre à toutes les questions et inquiétudes. « On n'en a ni le temps, ni les moyens, ni les compétences », résume Marc Jacob.

Théoriquement, chaque conseiller devrait suivre un portefeuille de 60 à 80 demandeurs d'emploi maximum. « J'en ai plutôt 160 », confie-t-il. De fait, le suivi mensuel des chômeurs (20 mn d'entretien individuel) se transforme souvent en un coup de téléphone, voire en mail. « ça signifie qu'on ne rend pas forcément le service qu'on attend de nous », confirme Axel Zeitoun.

Sans parler de l'impact de la crise. Dans le Lot, entre avril 2008 et avril 2009, le nombre de chômeurs de catégorie 1 (demande d'emploi durable à temps complet) est passé de 3 678 à 4 628. Un boum de 25,8 %. « On connaît une hausse continue de nos portefeuilles, traduit Marc Jacob. Et je ne vois pas comment la résorber. »

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Commentaires (1)

1. alice (site web) 20/10/2009

armi les nombreux problèmes pointés du doigt, les syndicalistes relèvent « La fin de la dispense de recherche d’emploi, le nouveau dispositif sur l’emploi des jeunes et la mise en place du RSA (qui) vont augmenter de façon très conséquente le nombre de demandeurs d’emploi à inscrire et à suivre » et exigent « que l’ensemble des demandeurs d’emploi soumis à l’obligation de recherche d’emploi en la France métropolitaine et dans les DOM, soit inclus dans la publication des chiffres mensuels de la demande d’emploi pour rendre compte de la réalité des inscriptions et la quantité de travail fourni par Pôle emploi tant du côté de l’indemnisation que du côté de l’accompagnement ».

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