Cahors : grogne sociale à la mairie

Le Lot en Action mag n°11. 24 février 2010 par Bluboux

Une fois n'est pas coutume, je publie sur le site cet article, qui fait la une du mag qui sera dans les kiosques demain. Une "coquille" s'est glissée dans la maquette et les termes de cet article ont été grandement atténués.

Mais que se passe t-il à la mairie de Cahors ? La nouvelle équipe municipale est de gauche et les réformes mises en place devraient être, compte tenu des engagements et promesses avancées durant la campagne électorale de 2008, en rupture avec la politique de Marc Lecuru, l’ancien maire UMP. Les nombreux mails et courriers que nous avons reçu, dénonçant le « pacte de solidarité » imposé par Jean-Marc Vayssouze-Faure ont attiré notre attention.


Quel est ce pacte de solidarité ? Dans son discours de « vœux aux personnalités », prononcé par le maire le 4 janvier 2010, ce dernier déclarait au sujet des réformes engagées : « Enfin la mise en œuvre d’un nouveau pacte de solidarité à l’échelle de la Ville, de la Communauté et du CCAS poursuit un simple objectif d’équité. Donner plus à des agents dont les niveaux de revenus permettent difficilement de boucler les fins de mois, aborder le problème de l’absentéisme dans le seul souci qu’une minorité, car telle est la réalité, ne pénalise pas une majorité. » Or une partie importante des revenus des agents est constituée par une prime. Ce fameux Pacte de solidarité indexe désormais cette prime sur le présentéisme : résultat des courses, si un agent est victime d’une maladie, soit il voit sa prime, c'est-à-dire une partie importante de ses revenus, fondre comme neige au soleil, soit il se traine tout de même au travail, au risque de complications graves…

Jean-Marc Vayssouze et son équipe ont fait très fort. Je le savais poulain de Don Miquel, mais là, je pense que même au siège de l’UMP à Paris, on doit se dire qu’il y a une concurrence sérieuse qui est en train de naître…

Et ce n’est pas tout, en interview, un agent me disait « avec Charles ou Lecuru, on savait où étaient positionnés les curseurs, les choses étaient claires, mais il y avait un coté humain dans la gestion. Aujourd’hui on se demande vraiment si cette équipe est de gauche »…

En y regardant de plus près, lors du conseil municipal qui a validé ce pacte de solidarité, tous les élus communistes se sont soit abstenus, soit on voté pour…

A l’exception notable de Yannick Le Quentrec, qui a fait un discours, reproduit ci-dessous, durant lequel ses camarades ont du regarder fixement le bout de leurs chaussures. I

l faudrait tout de même que Serge Laybros et Marie Piqué expliquent à leurs électeurs leurs motivations : lâcheté ou compromission ?

Après l’ignominie dont ils ont été coupables lors des élections (en trahissant leurs partenaires du premier tour pour rejoindre en courant le PS, histoire d’assurer les sièges), cela commence à faire beaucoup.


 
Déclaration Yannick Le Quentrec, sur le pacte de solidarité, lors du conseil municipal de Cahors le 17 septembre 2009

Quand j'ai vu cette délibération intitulée pacte de solidarité, je me suis dit quel beau titre, plein de promesses d'avancées sociales! Et bien, mal m'en a pris. Car, j'ai eu beau chercher, si ce «pacte» débute par une touche d'équité en attribuant une prime plancher de 100 € à tous les agents dont certains(es) ne touchaient rien jusque là, il se termine par une' grosse dose de régression sociale, à savoir l'indexation de toutes les primes (sauf celle du maire) sur l'absentéisme, et pour être plus précise sur les congés maladie dits ordinaires.,
Alors, je me suis interrogée: pourquoi cette offensive sur les congés maladies ordinaires ?
y aurait-il un absentéisme massif dans notre collectivité? Si oui, plutôt que de s'en prendre aux agents, ne faut-il pas rechercher les causes de cet absentéisme ? Qu'est ce qui dans l'organisation du travail engendre ce phénomène ? ' Je rappelle que, si les agents de France Télécom sont malades jusqu'au suicide, ce n'est pas parce qu'on les prive d'aller à la pêche aux moules, dixit leur patron Monsieur Lombard, c'est parce que leur travail les fait souffrir.
 Autre question, cette délibération veut elle dire que l'on ne doit pas être malade ou encore, si l'on est malade, que l'on ne doit pas s'arrêter. Mais qui peut s’autoriser à imposer une telle discipline des corps ?

A ce compte là, le petit chef harceleur a de beaux jours devant lui. Par contre, pour l'agent, c'est la triple peine:
•    Peine d'être harcelé
•    Peine d'être malade
•    Et en plus, peine de voir son salaire baisser
Autre question encore sur cette délibération: Est-ce que l'on pense que les agents sont des tirs au flanc potentiels ? Est-ce qu'il y aurait des arrêts de maladie ordinaire justes et d’autres injustes. Mais alors qui définit ces critères?
Pour ma part, en tant qu'élue communiste, je ne partage ni cette vision stigmatisante des agents soupçonnés de tricher; ni cette méthode qui choisit la punition plutôt que la prévention.
Au total cette délibération est pour moi mal nommée. Car il n'y a là pas un pacte qui suppose une entente et des relations simplifiées. En effet, aucun syndicat représentant les salariés n'a voté en sa faveur en CTP et la manifestation de ce mardi a montré que cette opposition était largement partagée par les agents.
Alors on aura beau répéter en bouc1e que ce pacte est une avancée sociale, il n'en sera rien sans l'adhésion des personnes concernées.
Donc pas de pacte mais pas de solidarité non plus.
Il s'agit davantage d'un aménagement à la marge d'un système d'attribution de primes qui garde ses aspects injustes et opaques et une logique qui préfère l'exclusion à l'intégration professionnelle. ¬
Pour finir, j'ai remarqué que l'on parle d' «année glissante» dans cette délibération, trouvaille encore peu favorable aux agents;  Et bien nous sommes ici en tant qu'élu sur un terrain glissant, celui qui consiste à faire des économies sur le petit personnel, ce qui pourrait coûter cher à notre équipe.
Je crois sincèrement qu'avec cette délibération on commet une erreur sur le fond et sur la forme et qu'il était possible de faire autrement.
En tout cas, c'est un bien mauvais Noël pour les agents de nos collectivités.
Je voterai contre cette délibération.

Commentaires (3)

1. stimbre 19/04/2010

Madame Le Quintrec dit des choses fort justes avec beaucoup de retenue.
Je serais moins modéré !
Cette décision unilatérale et déguelasse digne de n'importe quel facho d'en face, -et sans que la TOTALITé des élus de gauche du conseil municipal proteste violemment-, me fait regretter avoir donné ma voix au second tour à cette équipe !
La prochaine fois je prendrai ma carte de pêche ! Honte à vous !
PS Si certains ont des congés validés par des signataires ayant prêté le serment d'hypocrite,
il existe une médecine du travail et des gens habilités à la sécu à vérifier le bien fondé d'un arrêt-maladie.

Bernard

2. RATIE BRUNO 07/03/2010

enfin,il en aura fallu du temps pour ajuster vos lunettes.Mr le marquis vayssouze
est de cette race qui se dit socialiste n'osant s'avouer de droite,comme miquel.ce sont ces" democrates" qui tuent la democratie.L'oligarchie cadurcienne choisie ses vasseaux chez ceux qui ont les dents longues et la conscience du neant.

3. beligue 26/02/2010

Je crois que chez nous c'est pareil à Carcassonne pas sous la même forme evidemment avec une majorité PS enfin umps.Tout cela pour donner un peu plus d'argent aux élus et moins aux salariés évidemment car c'est le but de la manoeuvre,les rentrées fiscales et autres subventions se faisant rare on taxe ceux que l'on a sous la main.

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