CEA de Bèdes : le marché de la mort

Le Lot en Action mag n°16. 20 mai 2010 par Bluboux

Comme d'habitude, voici un des articles que vous pouvez découvrir dans le numéro 16 du Lot en Action mag, qui sera dans les kiosques jusqu'au 3 juin. Liste des points de vente ici

Gramat, joli petit port de pêche à l’entrée du Parc Naturel des Causses, ses sites prestigieux à proximité, Rocamadour et Padirac semble réunir tous les éléments pour une petite vie paisible. Si les nouveaux arrivants dans la région trouvent le tableau fort sympathique (à peine émettent-ils le regret qu’ « Arpagon sur sa cassette » vienne troubler cette apparente tranquillité par ses turpitudes irresponsables), ceux qui y vivent depuis plus longtemps ont entendu parler du centre de Bèdes ( à portée de tir du centre ville), lieu ultra sensible pour les intérêts de la France (entendez militaires…) : les premiers missiles de l’histoire, mis au point par les allemands (les V1 et V2) ont été étudiés sur le site de Bèdes , qui comprend un gouffre plus grand que celui de Padirac.

Depuis cette date, ce haut lieu du « secret défense » a vu défiler la fine fleur des ingénieurs, chercheurs et techniciens de haut-vol en matière militaire. Et tout est tellement secret que ces techniciens au cerveau surdéveloppé, qui ne restent généralement que quelques mois, ne savent même pas sur quoi travaille leur voisin de bureau ! Depuis 1987, la majeure partie des essais des armes à l’uranium appauvri (UA) a été effectuée à Gramat. En 1991 un incident de tir a contaminé les sols karstiques du centre, juste à l’aplomb de la  rivière souterraine de l’Ouysse. Génial ! Surtout qu’à l’époque, l’ancien directeur du centre (M. Joubert), un tantinet piégé par un journaliste de Dire Lot, avait avoué avoir fait racler toutes les terres pour « éliminer » une partie des saloperies radioactives, mais que ces terres contaminées étaient restées à l’air libre pendant… près de deux ans ! Il avait ensuite déclaré que ces terres avaient été retraitées par la SOCATRI (une entreprise spécialisée à Bollène), mais après vérification, cette dernière n’a jamais enregistré ces déchets radioactifs. 


Parallèlement sont conduites à Gramat les recherches sur la Z-Machine française : surnommée Sphinx, cette dernière permet d’obtenir des températures incroyables, à l’instar de sa grande sœur (la Z Machine américaine), qui en 2006 a permis aux chercheurs d’atteindre une température de 3,5 milliards de degrés, ouvrant ainsi la voie à la fusion nucléaire contrôlée.  Vous trouverez sur le site, un petit dossier qui permet de faire le point sur ces recherches, dont les applications seront (sont ?)évidemment militaires.


Ajoutez à cela que l’état français cherche désespérément d’autres lieux d’enfouissement pour les déchets nucléaires,  que le site de Gramat semble faire partie des sites potentiels sérieusement envisagés, et d’un seul coup d’un seul, le petit tableau idyllique dressé au début de cet article prend de l’uranium appauvri dans l’aile !
L’attitude irresponsable de la Direction Générale des Armées à l’époque de l’incident de tir,  le secret absolu qui entoure toutes les activités et l’opposition systématique du secret défense,  le refus de la création d’une commission paritaire qui permettrait aux habitants, via les élus et des associations de créer un dialogue et enfin le récent changement de statut du centre de recherche, qui a été placé sous le giron du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), conduisent de nombreux habitants à être extrêmement inquiets pour l’environnement et la santé publique.


Le 23 avril dernier, le groupe Sortir du Nucléaire Lot et l’association Gramat Information Citoyenne ont organisé une réunion publique d’information-débat à Gramat, avec la présence du secrétaire général d’Avigolfe, et nous en publions ici le compte rendu.

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