Ces fuites qui paniquent la CIA

Bakchich info. Le 24 Mai 2010 par Gari John

 

WikiLeaks.org met le feu aux poudres. Ce site s’est donné pour mission de révéler les secrets les mieux gardés de la planète. Peu au goût du gouvernement américain.

Julian Assange, un Australien dégingandé d’une quarantaine d’années, joue avec le feu. Figure emblématique du site WikiLeaks.org, dont la vocation est de publier des documents hautement sensibles et confidentiels, Assange s’est récemment plaint d’avoir fait l’objet de filatures lors de son dernier séjour en Islande. Les choses ne vont, hélas, pas s’améliorer pour lui, après la mise en ligne d’une vidéo où l’on découvre comment, en juillet 2007, douze civils dont deux employés de l’agence Reuters, ont été assassinés en Irak à coups de canon de 30 mm embarqué à bord d’un hélicoptère Apache. Sur ce film, téléchargé par des centaines de milliers d’internautes, on entend les tireurs affirmer à leur centre de commandement que leurs cibles sont équipées d’armes lourdes. Ce que les images démentent formellement.

Un site contreversé

Le gouvernement américain et ses agences (CIA, NSA…), qui font l’objet du plus grand nombre de fuites divulguées par le site, commencent à perdre patience. La preuve en est produite, dans un document de 32 pages classé confidentiel daté du 18 mars 2008 émanant du ministère de la Défense américain, où un certain Michael D. Horvath, analyste du programme de renseignement militaire, couche sur papier une réflexion sur la meilleure manière de se débarrasser de WikiLeaks (« Wikileaks.org – An Online Reference to Foreign Intelligence Services, Insurgents, or Terrorist Groups ? »). Une bonne fois pour toutes. Comme on pouvait s’y attendre, ce rapport pourtant ultra-confidentiel s’est retrouvé… sur WikiLeaks ! L’argument principal est tout trouvé : « Une telle information peut être du plus grand intérêt pour des forces militaires, des services de renseignement (…) et pour des réseaux terroristes afin de leur permettre de planifier des actions contre les forces américaines. »

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Avec une pudeur bien compréhensible, l’analyste yankee rappelle à ses lecteurs que « le but avoué du site WikiLeaks.org est de mettre en lumière les pratiques contraires à l’éthique des régimes oppressifs d’Asie, de l’ancien bloc soviétique, d’Afrique sub-saharienne et du Moyen-Orient… » C’est vrai qu’il aurait été difficile à un employé du contre espionnage militaire américain d’évoquer les écarts de conduite de l’Oncle Sam. Pour faire bonne mesure, l’analyste observe que « les gouvernements de Chine, d’Israël, de Corée du Nord, de Russie, de Thaïlande, du Zimbabwe » et d’autres pays ont déjà bloqué l’accès au site par le passé. L’honneur démocratique est sauf. Quant aux modes opératoires envisagés pour tirer un trait sur WikiLeaks, on apprend avec un certain soulagement qu’il n’est nullement question de canon de 30 mm : « WikiLeaks.org utilise la confiance qu’il inspire comme centre de gravité, en assurant à ses informateurs et à ceux qui entrent en contact avec les journalistes du site qu’ils resteront anonymes. L’identification des sources du site serait donc de nature à dissuader d’autres personnes d’utiliser Wiki- Leaks.org. »

Des révélations à répétitions

Le site, qui peine à boucler son budget de fonctionnement (il n’en fait d’ailleurs aucun mystère), a même vu son compte PayPal bloqué pendant quelques jours, le temps de vérifier que les contributions qui lui étaient destinées ne constituaient pas un dispositif de blanchiment ! Le côté croustillant de cette affaire réside dans les accusations proférées régulièrement contre WikiLeaks dont l’auteur du rapport se fait d’ailleurs l’écho sans vraiment s’en réjouir : « Les efforts de quelques individus et d’organisations domestiques et étrangères pour discréditer le site WikiLeaks.org portent notamment sur les allégations selon lesquelles il autorise la publication d’informations non recoupées, est utilisé comme instrument de propagande, et est une organisation contrôlée par la CIA. » WikiLeaks s’apprêterait à mettre en ligne la vidéo du massacre d’une centaine de civils afghans par les troupes américaines. Une nouvelle fuite qui pourrait bien mettre définitivement le feu aux poudres…

 

 

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