Cette herbe qui fait rêver les banques

Agoravox. 10 août 2009 par Olivier Cabanel


Qu’on l’appelle ganja, shit, kif, marijuana, haschich ou autrement, le chanvre va contribuer au sauvetage économique de la Californie.

En pleine crise, comme partout, la Californie envisage d’utiliser le cannabis pour en sortir…. stupéfiant !

Le cannabis, traduction latine du mot chanvre, contient une substance appelée cannabine connue pour ses effets thérapeutiques et était utilisé 2000 ans avant JC en Chine, (pour traiter la migraine), en Egypte par le Pharaon lui même, par les Grecs et Romains qui s’en servaient contre la goutte et les rhumatismes. lien

Le Royaume Uni, l’Australie, le Canada, les Pays Bas, la Suisse ont déjà recours à son utilisation thérapeutique. lien

Cette plante fait pourtant en France l’objet d’une répression sévère alors qu’en 1840, 176 000 hectares y étaient cultivés.

Faisant un parallèle avec la prohibition, lorsque la vente et la consommation de l’alcool étaient interdites, jusqu’en 1923, la Californie envisageait la légalisation du cannabis.

Ses arguments étaient nombreux.

Tout comme pour l’alcool, la vente clandestine pose de gros problèmes pour la santé, puisqu’il n’y a aucun contrôle, ce qui permet la mise en circulation de produits dangereux, coupés avec de l’héroïne, de la cocaïne, ou d’autres substances chimiques encore plus toxiques.

(ce qui était le cas de l’alcool pendant la prohibition).

Ensuite, la légalisation permet de lancer un marché plus que juteux, de 15 milliards d’euros, annuels, ce qui n’est pas négligeable.

L’argument final étant que la consommation de cannabis, sous toutes ses formes, permet de soutenir physiquement et psychologiquement les patients atteints de maladies graves comme le cancer.

Il redonne l’appétit aux personnes atteintes du sida, et intervient pour d’autres maladies.

Le chanvre a de multiples utilisations possibles dans le bâtiment, ou il remplace avantageusement la laine de verre, dangereuse et interdite un jour prochain, comme cela a été le cas de l’amiante.

L’isolation à base de chanvre est un marché porteur et les revêtements de murs sont très intéressants non seulement pour l’aspect décoratif, mais surtout pour la qualité du matériau au point de vue phonique et thermique qui devance, en qualité les produits actuels.

Le chanvre remplace aussi avantageusement le pétrole devenu si cher, et dont sont faits aujourd’hui la plupart de nos vêtements..

Sans oublier que la répression contre le trafic de chanvre coûte aussi très cher.

Elle mobilise des forces de police importantes, et remplit les prisons, et cela à un coût.

Aux Etats-Unis, elle remplit la moitié des prisons.

En France, il y a quelques années, cela avait fait l’objet d’un rapport demandé par Catherine Trotman, prouvant que cela coûtait à l’état 1,5 millions d’euros par jour.

Ceux qui consomment l’herbe sont souvent des inconnus, mais d’autres le sont moins.

Ils sont rarement inquiétés et dépensent environ 5000 € par mois pour consommer héroïne, cocaïne, ou cannabis.

Comme par exemple François Debré, frère du président du sénat jean Louis Debré.

Il en a même fait un livre (trente ans avec sursis éditions Denoël 1998)

La Californie a pesé le pour et le contre, et a fini par choisir la légalisation.

Kévin Reed a grandi à Mobile, en Alabama, et a commencé à fumer du cannabis, après avoir eu un problème de dos à la suite d’un accident de voiture. Il n’avait pas d’assurance maladie, et a trouvé dans le cannabis une opportunité de soigner son mal de dos.

il a créé un dispensaire (le croix verte) qui permet grâce à une ordonnance de se procurer du cannabis. lien

Obama était pour sa légalisation, mais il vient de tourner sa veste. lien

En tout cas, d’autres états américains lorgnent du coté californien, et sont tentés à leur tour par l’expérience.

Tout çà ne devrait pas trop étonner les Français, puisque à l’époque ou l’Afrique du Nord était une colonie française, la SEITA (ancienne régie des kifs et des tabacs) commercialisait en toute légalité dès 1954 des cigarettes au chanvre. lien

En effet, la consommation du cannabis faisant partie des coutumes régionales, l’Etat français avait préféré jouer l’opportunité et la tradition.

Ou alors, ne soyons plus hypocrites : demandons aussi l’interdiction de l’alcool et du tabac, et faisons emprisonner les 600 000 français qui consomment régulièrement du cannabis. lien

Car comme disait mon vieil ami africain : « le sage ne désire que l’absence de désirs »

 

Quelques commentaires publiés à la suite de l'article :

Georges Hussein : Toujours des sujets intéressants, m’sieur Cabanel, merci de soulever ce point.
L’interdiction du cannabis s’est faite sous pression des industries du coton, qui voient dans le cannabis un concurrent plus que sérieux tant les habits en chanvre durent plus longtemps et sont bien plus solides.
L’effet relaxant et calmant les douleurs de sa consommation sont également fort mal vus par les industriels pharmaceutiques.
De plus, cette plante nécessite peu d’eau pour sa culture, est très résistante aux parasites, et a la faculté de remuer la terre en poussant, ce qui l’oxigêne et lui rend sa santé.
Imaginez les pays africains la cultivant plutôt que le coton : fortune assurée pour le secteur agro-alimentaire (les graines de chanvre contiennent en effet TOUS les oligo-éléments nécessaires au corps humain, et sont très nourrissantes).
Enfin, les études scientifiques démontrent que le danger de sa consommation est provoqué par le tabac avec lequel elle est souvent mélangée, et les examens faits sur les consommateurs réguliers (jamaïcains par exemple) ne démontrent aucune atteinte intellectuelle ou physique.
Il serait donc grand temps de mettre fin à cette imposture, et de redonner à cette plante la place qui fut la sienne durant des millénaires parmi les humains.

Rouxel : dangereuse pour les âmes ?

 ça va pas la tête ! J’ ai bu du rhum et de la bière hier soir, je suis rentré bourré en gueulant sous les applaudissements de mes voisins, aujourd’hui je suis bon à rien. Je pense que si je m’ étais décidé pour l’ illégalité et un joint sur la plage mon « âme » m’ en serait reconnaissante, malheureusement avec la prohibition le canabis est infecte, coupé au pneu et vendu très cher, de plus je pense qu’ il doit être consommé avec discipline, les sadoux le consomme dans une position de yoga selon un rituel, cela n’ a rien de commun avec le laissé aller sofa qui lui peu être dramatique, malgré une consommation forte l’ esprit de ces hommes est aiguisé, ils sont à tout moment capable de prouesses physiques et d’ analyser avec le sang froid d’ un chirurgien les situations les plus improbables. Si le produit est de bonne qualité et consommé avec raison, il peu être salutaire, je connais aussi un scientifique qui prétend qu’ il ne serait jamais parvenu à terminer ses études sans le joint du soir, d’ ailleurs peu être aussi que mami remplacera prochainement ses antidépresseurs par une infusion de ganga. Malgré une réglementation sévère les français sont les plus gros consommateurs européens de marijuana, de toutes évidences ils se balancent de ce qu’ en pensent les bourgeois du parlement, peu être sont t’ ils aussi cette majorité qui s’ abstient de voter.

Bruno Netreporter : Je suis d’accord avec le fait que le cannabis peut avoir des conséquences dramatiques. Pourtant, je suis clairement pour la légalisation d’un tel produit. Pourquoi ? Pour la même raison que toi : aujourd’hui, le cannabis est devenu une substance chimique et n’est plus un produit naturel. La légalisation pourrait minimiser cela. De plus, l’interdiction du cannabis n’a pas vraiment d’utilité d’un point de vue préventif car énormément de personnes en fument et ce n’est pas la loi qui leur fera arrêter leur consommation.

Cependant, là où je suis pas d’accord avec toi, c’est lorsque tu affirmes que tu serais contre cette légalisation car le cannabis est « dangereux pour les âmes ». Qu’en est-il alors de l’alcool ? Du tabac ? De la mal-bouffe ? Du red-bull, etc. ? Tout produit consommé sans modération peut avoir des conséquences... Autant tout interdire alors. Et par principe, si le tabac est par exemple légalisé, alors pourquoi pas le cannabis ? Je trouve que la législation française est ridicule et baigne dans l’hypocrisie la plus totale.

Ceci n’est que mon avis personnel.

Pigripi : Cette plante fait pourtant en France l’objet d’une répression sévère alors qu’en 1840, 176 000 hectares y étaient cultivés.

Vous confondez cannabis indica et cannabis sativa. Le premier est faible en THC et sa culture n’a jamais été abandonnée en France puisqu’on l’utilise toujours pour faire des cordes, du chennevis pour les oiseaux et poissons et pour les vêtements.
En tant que fibre, le chanvre, tissé fin, est moins résistant que le coton pour les textiles. J’en juge par les vieux vêtements et draps que je possède et qui ont été tissés par mes aïeules et j’en déduis que c’est ce qui a peut-être causé la réduction des chènevières.
Le canabis indica était aussi autrefois largement utilisé pour faire du papier et je crois savoir que les chinois et les japonais l’utilisent encore pour les calligraphies, un usage mineur par rapport au textile

Il n’est pas toutefois exclu que l’on puisse cultiver certaines souches d’indica et apporter aux fibres un traitement qui les rendrait plus solides. Le chanvre est en effet un matière très souple et douce.
On peut d’ailleurs trouver dans les salons « nature » des vêtements en fil de chanvre de même que des boissons.

Le cannabis sativa, celui qui est prohibé en France parce que riche en THC fait l’objet d’études médicales très sérieuses menées par les anglo saxons
http://www.cmcr.ucsd.edu/geninfo/news.htm
 qui ont mis au point ; entre autres, un spray, le Sativex, prescrit sur ordonnance au Canada pour calmer les souffrances irréductibles, en particulier celles des personnes atteintes de sclérose en plaque.
Le Sativex devait être autorisé en Espagne à titre d’essai thérapeutique et, d’ailleurs un mèdecin peut le commander dans ce cadre en demandant une autorisation à l’AMM dans presque tous les pays.

Des mèdecins ont également établi que le cannabis faisait baisser la tension oculaire et qu’il présentait un intérêt pour soigner le glaucome, qu’il soignait les nausées et calmait les douleurs réticentes à tout autre antalgique.

Comme toutes les plantes, le cannabis peut soigner comme il peut détruire, empoisonner comme sauver. Tout dépend qui l’utilise, comment et pourquoi.

C’est comme l’alccol qui a des vertus antiseptiques et conservatrices mais qui peut tuer à fortes doses.

Il est certain que l’interdiction aveugle du cannabis favorise le traffic et la délinquance associée, son usage transgressif pour assomer les revendications des jeunes et protège les brevets des labos qui vendent très très cher des molécules pourtant toxiques qui pourraient être avantageusement remplacées par des extraits de THC.

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