Chéque Contraception , l'étonnement !

Mediapartz.13 novembre 2009 par Françoise Mesnard

J' ai accompagné cet après midi Ségolène Royal pour la remise symbolique des "chèques Contraception " devant le Lycée professionnel du Dolmen à Poitiers suite au refus du Ministre de l'Education nationale de distribuer ce Pass contraception aux jeunes lycéennes qui en auraient besoin.



Tout d'abord, une très grande satisfaction : la présence nombreuse des associations de parents d'élèves , du Planning Familial , du syndicat des infirmières des Lycées, des syndicats enseignants et de nombreux lycéens venus soutenir ce nouveau dispositif de la Région Poitou-Charentes.

Et surtout , un très grand étonnement : la position de refus du Ministre de L'Education Nationale auquel nous ne nous attendions pas du tout.

En effet, ce dispositif est né de plusieurs constats

- le taux de grossesse précoce en Poitou-Charentes supérieur à la moyenne nationale en augmentation constante soit 500 sur 6000 en France évoluant vers 300 IVG par an

- l'impossibilité pour de nombreux jeunes d'accéder aux rares Centres de Planifications régionaux en raison de l'éloignement géographique

- la très grande difficulté pour les jeunes de parler à leurs parents de leurs premières expériences sexuelles

- la nécessité pour les jeunes de rencontrer des adultes formés pour mieux les informer, les conseiller et donc la nécéssité de les responsabiliser dans leur autonomie sur un sujet très important

Ce dispositif est le résultat de 3 années de préparation en concertation avec tous les acteurs concernés : parents, éducateurs, proféssionnels et associations notamment le Planning Familial et dans un consensus sur les objectifs .

Nous avons donc crée ce "PASS contraception " d'une valeur de 144 euros qui donne droit pour la jeune fille à qui il est remis
- a une consultation médicale
- à des analyses biologiques
- a l'achat du contraceptif
- à une consultation médicale de controle

Dans la mesure ou les infirmières ont déjà la possibilité de délivrer la pillule du lendemain, le Pass contraception apparaissait comme un outil d'une plus grande responsabilisation dans la prévention des accidents et expériences sexuelles difficiles ou malheureuses.

Je rappelle que les médecins ont depuis longtemps l'autorisation de prescrire des contraceptifs aux jeunes mineures sans autorisation parentale sans que cela suscite la moindre réaction. J'ai d'ailleurs contacté plusieurs confrères médecins sur le sujet, ils m'ont tous indiqué qu'ils trouvaient ce Pass contraception utile et pertinent.

Pourquoi le même gouvernement permet-il d'un coté ce qu'il refuse de l'autre ?
Pourquoi empecher une action qui va diminuer le nombre d'avortements ?
Pourquoi priver les jeunes des milieux ruraux éloignés des Centres de planification d'accéder à la contraception ?
Pourquoi s'opposer à la délivrance de ce Pass contraception par les infirmières quand celles ci délivrent déjà la pillule du lendemain ?

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau