Climat estival et fiscal : Rocard taxe les Français de 6 milliards d’euros pour un président qui donne plus de 3 milliards aux restaurateurs

Politis. 24 juillet 2009 par Claude-Marie Vadrot

100 % des Français vont payer une taxe carbone et à peine 15 % des restaurateurs ont répercuté en partie la baisse de la TVA sur leurs menus. Un rapport resté confidentiel chiffre le nombre des restaurants ayant baissé quelques uns de leurs prix à 15%. Président ! L’addition !

Une vingtaine d’années après les premiers avertissements chiffrés du GIEC, le Groupe International pour l’Etude du Climat, douze ans après la difficile signature du Protocole de Kyoto sur le climat, six mois avant la réunion mondiale sur le réchauffement à Copenhague, le gouvernement français rame pour organiser une initiative présentée comme géniale et innovante : une taxe carbone dont les divers éléments équivaudront à un minimum de 300 euros par foyer à partir de 2010 ; plus ensuite. La Suède l’a inventée en 1991 mais en l’intégrant à son système fiscal progressif. Pour ne pas effaroucher le client Michel Rocard, préposé à l’innovation climatique et fiscale, a baptisé la chose «  contribution-climat-énergie  ». Deux coups de génie en un : le vocabulaire fiscal rénové par un symbole de la « gauche sérieuse » pour le compte d’un président de droite. Avec en filigrane une autre idée : exonérer l’électricité de la « contribution », comme si les centrales nucléaires étaient construites en bois et en torchis. Une petite recherche dans les archives permet de vérifier que Michel Rocard fut déjà un ardent défenseur du nucléaire quand il était secrétaire national du Parti socialiste unifié au début des années 70. Ce qui, outre son tropisme pour le parti socialiste, l’éloigna rapidement de cette gauche de la gauche qui avait reconnu avant le reste de la classe politique l’importance de la revendication écologiste. Pour Rocard, le PSU n’ayant été qu’un stage d’énarque de plus...

Donc, calcul fait à la louche, les Français contribueraient pour 8 milliards d’euros en 2010 à la lutte contre le climat. Je dis bien « contribuer » car dans une société privilégiant toujours le gaspillage, l’aspect dissuasif n’est pas évident, faute de choix disponible. Et pas question de cibler prioritairement les industries et activités qui produisent des gaz à effet de serre ou celles qui profitent de la prime à la casse pour vendre des voitures fabriquées à 1800 kms de leur lieu de vente. La taxe pourraient amputer les bénéfices que leurs actionnaires confortent avec des licenciements plus ou moins boursiers prenant la crise pour prétexte. Toutes les précautions prises par le poisson social-démocrate Rocard gigotant péniblement (« Je suis un haut fonctionnaire ») dans les filets du pêcheur présidentiel, ne parviennent pas à tirer au clair une question essentielle : comment inventer un « surcoût » équitable de l’énergie pour les riches, les moins riches et les pauvres ? Le rapport du camarade Rocard public hier avec trois jours d’avance (quel homme !) n’a fournit aucune explications lumineuses sur un projet qui devrait faire l’objet d’une discussion passionnante à l’automne dans un climat particulier, celui de la crise, du chômage en progression et des études alarmantes sur le climat qui commenceront à paraître à cette époque. D’autant plus que le même Rocard, associé au comique canadien Alain Juppé, va devoir ensuite préparer le grand emprunt destiné à sauver la France, emprunt qui permettra de taper la classe moyenne, d’enrichir les bénéficiaires du bouclier fiscal et d’offrir une superbe rente aux banques et aux grands investisseurs institutionnels. Mais on peut faire confiance à l’ancien inspecteur des finances pour élaborer deux rutilantes usines à gaz aussi enfumantes que la baisse de la TVA dans la restauration.

Ce qui susbsiste, espèce en voie de disparition, de Français ayant les moyens de fréquenter les restaurants, en vacances ou dans la vraie vie, a pu tâter de la fourchette les raisons pour lesquelles le gouvernement couine que les restaurateurs n’ont pas joué le jeu et que l’on va voir ce que l’on va voir. D’abord, tout le monde ou presque avait signalé depuis longtemps qu’un passage de la TVA de 19,5 à 5,5 % servirait beaucoup plus à contribuer aux revenus des restaurateurs qu’à augmenter les salaires de leur personnel, à embaucher ou à diminuer les additions. Surtout, ce qui constitue hélas la majorité, dans les restaurants dont les « cuisiniers » ne sont que des assembleurs de produits surgelés en pochettes plastiques qu’il suffit, viande d’un côté et légumes de l’autres, de plonger dans l’eau bouillante ou dans un four à micro-ondes avant de les servir. Le « fast-food » à la française décorée d’une salade généreusement gorgée aux nitrates et aux pesticides n’a décidément pas de prix...

Ensuite, les études confidentielles de la Direction de la concurrence font apparaître que seulement à peine 15 % (oui, quinze) des restaurants, toutes catégories confondues ont appliqué une baisse de 8 à 12 % sur sept plats de leurs cartes ; même pas fromage et dessert. Alors que le différentiel de TVA est de 14, 1. Etant bien entendu que la baisse de la TVA n’étant assortie d’aucune obligation légale, le gouvernement ne peut que gesticuler puisqu’il n’existe aucune possibilité de pénaliser les restaurateurs qui, depuis le 1er juillet empochent donc en moyenne 3 à 4 euros supplémentaires par addition. Montant généreusement offert par tous les contribuables, puisque l’addition pour le budget est d’au moins 3,5 milliards d’euros, le gouvernement ayant minoré la note pour emporter l’adhésion de l’Union Européenne.

Il faudra enfin m’expliquer comment une taxe carbone compensée par un "chéque vert" pourra avoir un effet dissuasif et modifier des comportements qui nous sont en fait imposés par la politique gouvernementale, l’aménagement du territoire et la "régle" de monsieur Paul Emploi qui prévoit qu’un chômeur DOIT accepter une offre d’emploi à plus d’une heure de trajet de son domicile !

Bon, à part ça tout va bien, mais comme Rocard est aussi chargé de surveiller la fonte des glaces polaires, on peut craindre pour l’avenir des glaçons de l’apéro.

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