Coup d’Etat en Grèce, et nouveau moyen-âge

Bakchich info. Le 11 novembre 2011 par Jean-Philippe Jouvenel

L’imbroglio grec a au moins eu le don de révélrer devant qui se prosterne les "élus" et pour qui ils mettent à genoux les peuples. Les banques.

Nous venons d’assister ces derniers jours à un coup d’Etat sur la Grèce. En effet, nous savons maintenant qu’un chef de gouvernement, Papandreou dans le cas de la Grèce, sur un choix qui impacte pourtant pour longtemps tout un peuple, n’a plus le droit de questionner ledit peuple via référendum, ce qui pourtant était légitime et profondément démocratique.

Sans compter que le référendum pouvait s’organiser le 4 décembre : à peine dans un mois.

Et nous avons vu nos medias aux ordres nous expliquer qu’il fallait cela pour apaiser les marchés, et sauver les notes des autres pays.

Mais ce qui est particulièrement grave, c’est que le référendum pouvait se tenir dans des délais qui ne mettaient pas la Grèce en position de défaut de paiement. Il restait assez de marge pour le faire.

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Non, le problème ne venait pas des délais, mais de ce que « les marchés » craignaient que les grecs disent à l’Europe d’aller se faire voir chez les… euh, justement, non… enfin, si, un peu quand même…

Et c’est pour éviter que le peuple ne s’exprime que le coup d’état a eu lieu. On a même pu lire que les gouvernants de la Grèce allaient jusqu’à souhaiter que des élections se tiennent pas avant que la situation ne soit apaisée… ! Depuis, ils ont changé leur fusil d’épaule, mais toujours de manière « faux-cul », puisque les grecs vont pouvoir s’exprimer dans les urnes et élire un nouveau gouvernement, mais APRES que la ratification ait été faite ! Finie l’époque où un coup d’état se faisait par les armes ! Maintenant, il se fait de manière feutrée, par les banques.

Les coupables courent toujours pendant que le peuple est puni…

Alors, bien sûr, on nous montre du doigt ces grecs inconscients qui ont laissé leur dette s’accroitre démesurément…

Mais qui se rappelle comment cette crise grecque a commencé ? Qui se rappelle que cela a commencé par l’arrivée d’un nouveau gouvernement au pouvoir, qui, à l’aide d’un audit, a découvert que le gouvernement précèdent avait dissimulé la moitié ( !!!) de la dette, avec l’aide de la banque Goldman Sachs ? («  En février 2010, le New York Times affirme que GS porte une responsabilité directe dans l’agravation de la crise de la dette publique grecque. Elle aurait aidé le gouvernement grec à camoufler sa dette grâce à des outils financiers qui lui auraient permis de dissimuler ses transactions tout en renflouant ses comptes avec l’aide d’autres banques américaines. Goldman Sachs en aurait tiré 300 millions de dollars de bénéfices ». )

300 millions de bénéfices pour une banque parce qu’elle aurait aidé des gouvernants à cacher au peuple les dettes qu’ils creusaient !

Où est le procès contre Goldman Sachs ?

Pourtant, quand on le veut, on sait réclamer de l’argent à une banque, comme quand le liquidateur de l’affaire Madoff réclame 1 milliard de dollars à BNP Paribas… Ah oui, mais là, il s’agit de défendre de riches investisseurs !

Où est le procès contre les gouvernants qui ont caché le déficit qu’ils creusaient ? Cela ne mériterait pas une cour de justice internationale ? Mais il est tellement plus facile de faire payer le plus faible… Le peuple, trahi par ceux-là même qui doivent le défendre : ses élus.

L’impôt seigneurial des banques

Le plus fort, dans cette histoire, c’est qu’il suffirait de retirer l’impôt seigneurial qui a été abusivement accordé aux banques.

Quelqu’un peut-il enfin expliquer pourquoi on a retiré aux Etats le droit d’emprunter directement aux banques centrales, les obligeant à emprunter à des banques qui, elles, empruntent aux banques centrales, en prélevant au passage une magnifique plus-value grâce à un taux d’intérêt du prêt supérieur (nettement !) à celui auquel elles empruntent ?

Comment ne pas soupçonner dès lors les agences de notation (dont les clients sont… les banques !) de détériorer les notes de pays pour les rendre plus « juteux », puisqu’alors les taux d’intérêt des banques montent (alors que les taux auxquelles les banques empruntent baissent…) ?

N’est-ce pas finalement l’une des plus belles arnaques que nous voyons se développer : faire baisser les notes des pays pour engranger des bénéfices grâces aux taux d’intérêts, tout en sachant que les pays ne pourront pas se désengager ?

Et qui paye au final ? Le peuple.

Un nouveau Moyen-Age

Nous nous retrouvons donc très exactement dans le cas du Moyen-Age, où les nobles percevaient l’impôt sur le peuple. Mais c’est la finance qui, maintenant, joue le rôle de la noblesse… Nous sommes donc entré de plein pied dans une nouvelle ère : le Nouveau Moyen-Age. C’est la finance qui peut décider la ruine d’une population. Et même la mort de milliers de gens : ceux qui se souviennent du krach asiatique des années 90 se rappellent les vagues de suicides qui avaient suivies… L’avantage de ce qui vient de se passer, c’est que le peuple a pris conscience Saura-t-il réagir ?

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