Crise financière : la France prochaine victime d’une escroquerie majeure

Marianne2. 8 février 2010 par JF Kahn

Il y a des signes, de simples signes qui en disent bien plus longs que bien des commentaires.
Ainsi, on assiste, dans les pays de l’OCDE, à une reprise incontestable, mais molassone… Le seul secteur qui connaît un boom est celui du luxe. Vous vouliez savoir si les effarantes inégalités qui ont contribué à déclencher la crise de 2008 ont été réduites ?  Voilà la réponse : la consommation populaire stagne, le luxe flambe.

Autre signe : vendredi dernier, une crise de confiance des marchés doublée d’attaques spéculatives ont provoqué un brutal recul des indices boursiers – or, si la chute n’a été que de 1,5 à Londres et de 1, 8 à Francfort, elle a atteint 3,4 à Paris.

Ce qui signifie quoi ? Que si la Grèce, l’Espagne et le Portugal sont les trois principales cibles de la défiance spéculative exacerbée par l’ampleur de leurs déficits publics et le gonflement de leurs dettes, la France est dans le collimateur. Pour une raison très simple : le déficit public en France est du même ordre que celui du Portugal (entre 8 et 9% du PIB), le chômage au même étiage (9 %) et la dette plus importante.

En Espagne, la dette augmente à grande vitesse mais reste sensiblement an dessous du niveau atteint par la dette française. D’une façon générale, déficits et dette sont plus élevés en France qu’en moyenne dans la zone euro (6,4 et 78,2). Surtout, les pistes annoncées par la France pour réduire ses déficits restent très floues, alors que la Grèce et l’Espagne ont annoncé des mesures d’austérité draconiennes.

Donc notre pays peut fort bien, demain, être à son tour la cible d’une défiance spéculative des « marchés ». Il suffirait, pour cela, que circule la rumeur d’une possible dégradation par une des trois grandes agences de notation.
 
Dernier signe, enfin : la spéculation s’est déchaînée autour des CPS. De quoi s’agit-il ? D’une assurance contre la faillite d’un pays qui, du coup, ne pourrait plus rembourser ses dettes. Or, cette « assurance » est devenue, à son tour, un produit financier dérivé que l’on peut acheter et vendre. Elle a été, comme on dit, « titrisée ». Exactement comme les fameux crédits immobiliers hypothécaires américains (subprimes) qui ont déclenché la crise.
 
Conclusion : les deux sommets du G20 n’ont strictement rien changé au système « intrinsèquement pervers » qui déboucha sur  la catastrophe que l’on sait. On a simplement injecté, pour éviter un effondrement, 20.000 milliards de liquidité supplémentaires qui sont venus gonfler toutes les bulles à la fois (actions, obligations, matières premières, pétrole, or…).

La France est le seul pays du monde, dont le pouvoir public, relayé par les médias, a cherché à faire croire à l’opinion que les sommets du G20, « initiatives de Sarkozy », avaient insufflé la grande «refondation du capitalisme». Les citoyens ne serait-ils pas habilités à porter plainte pour escroquerie majeure ?

Commentaires

  • Cantal
    • 1. Cantal Le 11/02/2010
    Les moutons, qu’ils soient du lot ou d’ailleurs, noirs ou blancs, normaux ou anormaux, avec ou sans lunettes noires, restent toujours des moutons.
    Et si nous arrêtions de nous tricoter des œillères…
  • Bluboux
    Le Lot est bourré de moutons : mais il y en a de plus en plus qui sont noirs... Et les autres, les normaux, ils diffèrent également de ceux de notre amis Panurge, ils ont des lunettes noires !
    A bons entendeurs...
  • Cantal
    • 3. Cantal Le 11/02/2010
    Réponse à Popol et à Sylvie
    Désolé d’avoir ébranlé vos convictions.
    E n ce qui concerne ta générosité (et la mienne), jamais nos frigos pleins n’ont rempli les frigos du Sahel, malgré toute notre empathie.
    Pourquoi employer l’image du mouton : voir : panurgisme.
    Pour ma part je suis un mouton révolté
    Pour vous aider une autre citation de: Goethe
    « Personne n’est plus en esclavage que celui qui croit à tort qu’il est libre. »

  • sylvie L
    • 4. sylvie L Le 11/02/2010
    Est-ce que la révolution pourra avoir jamais lieu avec des outsiders plus intelligents que le troupeau mais qui méprisent le troupeau ?...

    Est ce aussi par esprit de troupeau qu'ils sont nombreux aujourd'hui, les moutons, à vouloir venir en aide d'autres,moins chanceux qu'eux en apparence, qui n'ont pas de frigo plein , parce que pas de frigo du tout... ne regardent pas la télévision parce que pas de télévision du tout...?...si oui, reconnaissons que les moutons sont peut-être 'stupides', mais généreux ! Or les vertus du coeur ne sont-elles pas tout ?...Heureux les simples d'esprit...bla bla bla...bla...bla...bla...
  • Popol
    • 5. Popol Le 11/02/2010
    Les gens ne comprennent rien. Cela a toujours été comme cela. Moi je le sais, Moi je te le dis. Moi, petit. Moi Moi Moi. On a deja essayé. Moi. Les gens sont des moutons, des veaux, des poules, des autruches, des chiens, wouah, wouah, Telle est la complainte de la chouette fille devenue une vieille conne. Telle est la complainte du chouette gars devenu un vieux con. Vieillir est un lent naufrage et en plus, y'a pus de saison!
  • cantal
    • 6. cantal Le 10/02/2010
    « En politique, rien n'arrive par hasard. Chaque fois qu'un évènement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi. »
    Franklin D. Roosevelt
    Président des Etats-Unis (1933-1945)
    « Il est appréciable que le peuple de cette nation ne comprenne rien au système bancaire et monétaire, car si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à une révolution avant demain matin. »
    Henry Ford
    Nous assistons à la mise à mort : le gagnant sera le dollar et (ou) l’euro – le perdant sera comme toujours… le mouton !
    La révolution n’aura pas lieu… tant que les frigos seront pleins !... et tant que la télé occupera l’esprit du troupeau !…
    Et ça fait 4000 ans que ça dure…

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