Culture et identité

Le Lot en Action. 16 janvier 2010 par Margot D MARGUERITE

Guten tag les Franzose!

Che fous ecoute a la radio, la tele, les journaux pleurer sur Haiti, ce drame de la nature qui coute des milliers de vies humaines et amene la dezolazion. Pas vous, le lot en action, mais des fois que vous foulez ecrire sur ce drame, je vous envoie un texte de moi un peu vieux pour qui est pressé, mais comme neuf pour qui refelchit. Le matraquage de l'ennemi est tellemnt puissant, mon texte vous aidera peut etre pour votre article a venir, peut-ere pas. Vous pouvez le publier, il est de 1902, et che suis morte depuis 1919.
Mes salutations et felicitations ainsi que celles de K. Liebnecht

R. Luxembourg

 

En 1902, Rosa Luxemburg publiait sous le titre de “Martinique” un article tirant les enseignements de l’éruption de la Montagne Pelée en Martinique. Ce jour-là, des dizaines de milliers de personnes sont mortes alors que la catastrophe était prévisible. Des milliers de personnes, selon la police, et jusqu’à 60.000, selon les organisateurs, se sont rassemblées dimanche à Berlin à la mémoire de deux dirigeants communistes allemands, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. Ils avaient été assassinés le 15 janvier 1919 (par la social-démocratie allemande - l’équivalent de l’actuel PS en France - note de la rédaction du site)

CULTURE ET IDENTITÉ

DES montagnes de ruines fumantes, des tas de cadavres mutilés, une mer fumante, partout où l’on se tourne boue et cendres, c’est tout ce qui reste de la petite ville prospère perchée comme une hirondelle sur la pente rocheuse du volcan. Depuis quelque temps, on avait entendu le géant en colère gronder et s’emporter contre la présomption humaine, contre la suffisance aveugle des nains à deux jambes. Au grand cœur dans sa colère même, un véritable géant, il avait prévenu les créatures insouciantes qui rampaient à ses pieds. Il fumait, répandant des nuages ardents ; dans son sein il y avait un bouillonnement et un fourmillement, des explosions semblables à des coups de fusils et au tonnerre du canon. Mais les seigneurs de la terre, ceux qui ordonnent à la destinée humaine, ont maintenu la foi inébranlable en leur propre sagesse.

Le septième jour du mois, une commission expédiée par le gouvernement a annoncé à la population inquiète de Saint-Pierre que tout était en règle dans le ciel comme sur la terre. Tout est en règle, aucune cause d’alarme ! Comme ils l’avaient dit, intoxiqués par les danses de salon, à la veille du serment du Jeu de paume à l’époque de Louis XVI, alors qu’une lave ardente s’accumulait avant l’éruption du volcan révolutionnaire. Tout est en ordre, la paix et la tranquillité règnent partout ! Comme ils le disaient, il y a 50 ans, à Vienne et à Berlin à la veille de l’éruption de mars. Mais, le vieux titan souffrant de la Martinique n’a prêté aucune attention aux rapports de l’honorable commission, après que la population a été rassurée le septième jour par le gouverneur, il fit irruption au cours des premières heures du huitième jour et il a enterré en quelques minutes, le gouverneur, la commission, la population, les maisons, les rues et les bateaux sous les exhalaisons ardentes de son cœur indigné.

Le travail a été radical. Quarante mille vies humaines fauchées, une poignée de réfugiés sauvés, le vieux géant peut gronder et bouillonner en paix, il a manifesté sa puissance, il s’est affreusement vengé de cet affront à sa puissance primale. Et maintenant, dans les ruines de la ville détruite, un nouvel arrivant s’invite en Martinique, un invité encore inconnu, jamais rencontré auparavant : l’être humain. Ni maître, ni serf, ni noir, ni blanc ; ni riche, ni pauvre, ni propriétaire de plantation ou esclave salarié, l’être humain survient sur l’île brisée et minuscule, l’être humain qui ressent seulement la douleur et constate seulement le désastre, qui cherche seulement à aider et secourir. Le vieux Mont Pelé a réalisé un miracle ! Oubliés les jours de Fachoda, oublié le conflit de Cuba, oubliée "la Revanche" ; les Français et les Anglais, le Tsar et le Sénat de Washington, l’Allemagne et la Hollande donnent de l’argent, envoient des télégrammes, tendent une main secourable. La confrérie des peuples contre la haine brûlante de la nature, une résurrection de l’humanisme sur les ruines de la culture humaine s’est manifestée. Le prix du retour à l’humanité fut élevé, mais le tonnerre du Mont Pelé a capté leur attention.

La France pleure sur les 40.000 cadavres de l’île minuscule, et le monde entier s’empresse de sécher les larmes de la République. Mais comment était-ce quand, il y a quelques siècles, la France a versé le sang à torrents pour prendre les Petites et les Grandes Antilles ? En mer, au large des côtes de l’Afrique de l’Est, existe l’île volcanique de Madagascar. Il y a 50 ans, nous vîmes comment la République aujourd’hui inconsolable et qui pleure la perte de ses enfants a alors soumis les indigènes obstinés à son joug par les chaînes et l’épée. Nul volcan n’y a ouvert son cratère, ce sont les bouches des canons français qui ont semé la mort et de la désolation. Les tirs de l’artillerie française ont balayé des milliers de vies humaines de la surface de la terre jusqu’à ce que ce peuple libre se prosterne face contre terre et que la reine des "sauvages" soit traînée, comme trophée, dans la "Cité des Lumières".

Sur la côte asiatique, lavée par les vagues de l’océan, se trouvent les souriantes Philippines. Il y a six ans, nous y avons vu les Yankees bienveillants, le Sénat de Washington au travail. Il n’y a pas là-bas de montagne crachant le feu et pourtant le fusil américain y a fauché des vies humaines en masse ; le cartel du sucre du Sénat qui envoie aujourd’hui des dollars-or par milliers à la Martinique pour sauver des vies, avait auparavant envoyé des canons et des canons, des vaisseaux de guerre et des vaisseaux de guerre ; des millions et des millions de dollars-or sur Cuba pour semer la mort et la dévastation.

Hier et aujourd’hui, très loin dans le sud de l’Afrique, où il y a quelques années encore, un petit peuple tranquille y vivait de son travail et en paix, nous avons vu comment les Anglais y ont tout ravagé. Ces mêmes Anglais qui sauvent la mère et l’enfant en Martinique, nous les avons vus piétiner brutalement des corps humains et même ceux d’enfants avec leurs bottes de soldats, se vautrant dans des mares de sang et semant la mort et la dévastation.

Ah, et les Russes, le Tsar de toutes les Russies, aidant et pleurant - une vieille connaissance ! Nous vous avons vus sur les remparts de Prague, où le sang polonais encore chaud coulait à flots faisant virer le ciel au rouge de ses vapeurs. Mais c’était autrefois. Non ! Maintenant, il y a seulement quelques semaines, nous avons vu les Russes bienveillants sur les routes poussiéreuses, dans des villages russes ruinés, confronter une foule de loqueteux en révolte et tirer sur des moujiks haletants, nous avons vu le sang rouge des paysans se mélanger à la poussière du chemin. Ils doivent mourir, ils doivent tomber parce que leurs corps sont tordus par la faim, parce qu’ils réclament du pain et encore du pain !

Et nous vous avons vus, vous aussi, oh République, en larmes ! C’était le 23 mai 1871, quand le soleil glorieux du printemps brillait sur Paris, des milliers d’êtres humains pâles dans des vêtements de travail étaient enchaînés ensemble dans les rues, dans les cours de prison, corps contre corps et tête contre tête ; les mitrailleuses faisaient crépiter par les meurtrières leurs museaux sanguinaires. Aucun volcan n’avait éclaté, aucun jet de lave n’avait été versé. Vos canons, République, ont tiré sur la foule compacte, poussant des cris de douleur - plus de 20.000 cadavres ont recouvert les trottoirs de Paris !

Et vous tous - Français et Anglais, Russes et Allemands, Italiens et Américains - nous vous avons vus tous ensemble pour une première fois dans une entente fraternelle, unie dans une grande ligue des nations, aidant et vous entraidant les uns les autres : c’était en Chine. Là, vous aviez oublié toutes les querelles entre vous, là aussi vous aviez fait la paix des peuples - pour le meurtre et l’incendie. Ah ! Combien d’individus sont tombés sous vos balles, comme un champ de blé mûr haché par la grêle ! Ah ! Combien de femmes jetées à l’eau, pleurant leurs morts dans leurs bras froids et fuyant les tortures mêlées à vos embrassades ardentes !

Et maintenant, ils se tournent tous vers la Martinique d’un même mouvement et le cœur sur la main, ces meurtriers bienveillants aident, sauvent, sèchent les larmes et maudissent les ravages du volcan. Mont Pelé, géant au grand cœur, tu peux en rire ; tu peux les mépriser, ces carnivores pleurants, ces bêtes en habits de Samaritains. Mais un jour viendra où un autre volcan fera entendre sa voix de tonnerre, un volcan qui grondera et bouillonnera et, que vous le vouliez ou non, balayera toute ce monde dégoulinant de sang de la surface de la terre. Et c’est seulement sur ses ruines que les nations se réuniront en une véritable humanité qui n’aura plus qu’un seul ennemi mortel : la nature aveugle.

Rosa Luxemburg

 

 

Commentaires (4)

1. Régis 18/01/2010

bon j'ai rien dit le texte sur Haiti paru sur le site ainfos vient d'etre publié. merci.

2. Régis 18/01/2010

voir aussi l'excellent texte à propos d'Haiti sur www.ainfos.ca/fr/ car il semble que le site de"le lot en action " n'ait pas jugé bon de le faire paraitre.

3. le petit vieux qui ne voulait pas mourir avant d'avoir (re) fait la révolution 17/01/2010

merci Margot de nous faire penser à regarder la lune et non le doigt. Régis

4. Toussaint Louverture 17/01/2010

(fr) [Anarkismo.net] Tremblement de terre à Haiti : Solidarité avec le peuple haïtien
Date Fri, 15 Jan 2010 1336 +0100


NI PLEURS DE CROCODILE, NI SILENCE - SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE HAÏTIEN
La misére frappe encore une fois Haïti. Cette fois, il s'agit d'un violent
tremblement de terre qui a dévasté le pays et la tourné en un amas de gravats et de
débris. Il reste encore à déterminer le nombre exact de victimes, mais la croix
rouge parlent dors et déjà de 3 millions de personnes en détresse et le nombre de
morts pourraient atteindre 100.000 - un terrible décompte lorsque l'on sait que la
population haïtienne n'est seulement de 8 millions. Les images circulant des
survivants écrasés sous les décombres demandant de l'aide, des enfants blessés, des
personnes pleurant leur morts nous donne un sens précis de l'étendu de la tragédie,
mieux que l'on ne pourrait jamais la raconter.

Durant cette terrible période bien évidemment, nous nous tenons au côté du peuple
Haïtien. Nous leur apportons tout notre soutien, leur peine étant notre peine, et
depuis ce forum nous appelons nos lecteurs et plus généralement tout le monde
affecté par la tragédie à aider Haïti, au travers des organisations humanitaires qui
ont lancé un appel, afin d'apporter un soulagement, un secours, et une aide à la
population dans ces terribles conditions.

Nous ne pouvons par ailleurs pas nous empêcher de ressentir un dégoût en considérant
l'hypocrisie d'une communauté internationale qui encore une fois pleurs des larmes
de crocodiles à l'aube de cette « incompréhensible tragédie » (pour emprunter les
mots d'Obama) sans reconnaître sa propre part de responsabilité - le séisme a été
autant dévastateur car il s'est abattu sur un peuple déjà dévasté par un siècle
d'interventions militaires, de pillages éhontés au vue et au sus de tous orchestré
par des régimes autocratiques supportés par les États-Unis et la France et par les
politiques des institutions financières dont les conséquences ont été la ruine du
peuple haïtien au bénéfice d'une élite. Ce pays s'est transformé en un gigantesque
«maquila» [ed. ces zones de libre commerce où l'on fabrique entre autres des
textiles et des articles de confection, souvent pour le compte de grandes
multinationales] où la majorité de la population survit grâce à la charité. Nous ne
sommes pas confrontés à une simple catastrophe naturelle, comme les médias
voudraient nous le faire croire : c'est la main de l'homme qui est l'auteur
principal de cette tragédie. Ce tremblement de terre a simplement terminé le travail
commencé par les États-Unis, la France, le Canada, la MINUSTAH (les troupes
d'occupation des Nations Unies), le fond monétaire international, les fausses
agences de développement comme USAID.

Le peuple haïtien n'a jamais été leur souci premier lorsque ces derniers étaient
entraînés dans une spirale frauduleuse de dettes externes acquis sous la dictature
de Duvalier, et l'«angoisse» ne les a pas pris à la gorge lorsque le remboursement
de cette dette a été exigé de ce pays, appauvri et affamé et ce jusqu'au dernier
centime .

Le peuple haïtien n'a jamais été leur souci premier lorsqu'ils ont eu à imposer les
programmes d'ajustement structurel dans les années 90 qui ont eu des résultats
calamiteux sur la population de même que la réduction des tarifs douaniers pour
l'importation des céréales telles que le riz. La conséquence en a été la destruction
totale de la paysannerie haïtienne qui a été poussée à rejoindre les bidonvilles de
Port-au-Prince, laissant le pays qui était jusqu'alors autosuffisant, mourir de faim
comme l'ont montré les émeutes de la faim en avril 2008.

Le peuple haïtien n'a jamais été leur souci premier lorsque les dictatures de
Duvalier, de Namphy, d'Avril, de Cedras, et de Latortue (tout ceux qui ont reçu
l'approbation de Washington et de Paris) ont violé, mutilé, fait disparaître et
massacré des milliers d'haïtiens. Certains d'entre eux vivent aujourd'hui de manière
luxueuse à l'étranger tel que Jean-Claude Duvalier en France. D'autres, comme Raoul
Cedras au Panama., grâce à l'argent reçu des États-Unis après avoir accepté de se
retirer du pouvoir, se sont transformé en homme d'affaire respectable.

Le peuple haïtien n'a jamais été leur souci premier lorsque des milliers d'abus
sexuels contre les troupes «civilisationnistes» de la MINUSTAH ont été dénoncé ;
troupes qui occupent encore le pays, violent et tuent dans une impunité absolue. La
preuve en est le rapatriement de plus d'une centaine de casques bleus sri-lankais en
novembre 2007, après avoir été accusés de viol et cela sans même avoir fait face à
un simulacre de procès.

Le peuple haïtien n'a jamais été leur souci premier lorsque les «maquilas» ont
conduit à une distorsion de l'économie haïtienne, payant des salaires de misères qui
permettent à peine de se nourrir alors que des abus de toute sorte prenaient place
dans les zone de libre commerce quotidiennement.

La liste des raisons de s'indigner des commentaires peinés de la part de Sarkozy,
Obama, Ban-Ki-Moon, Lula est trop longue pour en donner un compte rendu exhaustif.
On peut juste dire que plus la population est misérable, plus elle sera frappée
durement par les vicissitudes de la nature. Cette misère a été causée par des forces
ayant imposé le model social actuel à travers des dictatures et des pressions
internationales : si trois personnes sur quatre vivant à Port-au-Prince résident
dans des abris de fortune, cabanes, et taudis qui ont émergé de la ruine de
l'économie haïtienne (principalement la campagne), peut-on réellement se demander
pourquoi le nombre de mort doit se compter en milliers?

Nous espérons que la solidarité de tous les peuples du monde avec leurs frères
haïtiens soient massive. Comme il l'a été dit précédemment, la solidarité est le
bras armé de la compassion de chacun. Nous espérons que cette solidarité, de
laquelle des milliers de vies dépendent, arrive à destination et ne soit pas prise
au piège dans une toile d'ONG et d'agences d'aide. Bien sûr, il y a de nombreuses
organisations respectables comme La Croix Rouge qui encore aujourd'hui prodiguent un
soulagement immédiat aux populations, mais à côté de celles-ci, nagent des requins
qui n'hésiteront pas à faire surface afin de profiter de cette tragédie. Nous nous
devons d'être vigilent et le mouvement populaire haïtien doit d'être alerte afin
d'être sûr que l'assistance arrive effectivement à ceux qui en ont besoin, et soit
distribuée efficacement. Nous espérons également qu'il n'y aura pas une invasion d'
«hommes blancs» amenés par les ONG pour travailler, construire des maisons, alors
même que les locaux dont 80% de la population est sans emploi peuvent le faire et
devraient le faire eux-mêmes.

Encore une fois, nous en appelons à votre solidarité. Pas seulement à l'aube de
cette événement particulièrement tragique qui secoue tous ceux et celles qui ont un
coeur qui bat dans leur poitrine, mais la solidarité d'aujourd'hui et de demain, un
type de solidarité qui gratte en dessous de la surface de la dévastation pour
comprendre les racines profondes de la tragédie haïtienne. Racines, qui sont dans
tous les cas plus profondes que ce séisme de 7 degré de magnitude ; en d'autres
mots, une solidarité qui nous force à repenser les relations que les grandes
puissances ont avec notre région, relations dont Haïti est l'exemple le plus
attristant. Cette solidarité devrait nous permettre de questionner le rôle joué par
les troupes, dont la majorité de l'effectif provient des pays latino-américains,
dans l'occupation militaire d'Haïti. Une occupation qui a eu autant d'effet
dévastateur que ce tremblement de terre, quelque chose difficile à nier en dépit des
photos de soldats de la MINUSTAH distribuant des paquets de riz aux démunis.

José Antonio Gutiérrez D.
13 Janvier, 2010

Solidarité avec le peuple haïtien, Aujourd'hui et demain!

Traduction: Chloé Saint-Ville

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