Documentaire : JPL en camping car. 3ème volet, Qui a peur des gitans ? 60 mn

La télé libre. 4 octobre 2009

Après “Un toit pour moi!” qui explorait la débrouille des jeunes face à la crise du logement, suivi en juin dernier d’une conversation européenne sur le sexe et l’amour avec “C’est çà l’amour?, voici notre troisième documentaire pour France 4. Du beurre dans les épinards pour l’équipe des permanents de LaTéléLibre, et une exploration sensible de notre société.
Grâce à ce film nous avons brisé quelques idées reçues et découvert des défauts et des qualités insoupçonnées chez nos compatriotes du voyage. Nous espérons pouvoir les partager avec vous.

 

 

John Paul Lepers et son équipe sillonnent les routes de France à la rencontre de ces 400 000 « étrangers de l’intérieur », et pour la plupart, Français depuis des siècles. À bord de leur camping-car, ils s’immergent dans la vie des gens du voyage pour mieux comprendre leur quotidien, leurs préoccupations mais aussi leurs espoirs. Une enquête intime et sans complaisance qui les mènera de la région lyonnaise à la banlieue de Perpignan.

« Voleurs, affreux, sales et méchants », les préjugés sont ancrés en nous depuis la petite enfance, nous les sédentaires ou gadjés comme ils nous appellent. C’est vrai qu’ils sont un peu sauvages, et qu’au nom de leur liberté, certains ignorent les règles de la majorité. Le problème, c’est que l’Etat non plus ne respecte pas la loi les concernant.

Depuis l’an 2000, la loi Besson oblige toutes les communes de plus de 5000 habitants à fournir un terrain pour les gens du voyage. Presque dix ans plus tard, à peine 20% des communes appliquent ce texte, en toute impunité. John Paul Lepers et son équipe, sillonnent les routes de France à la rencontre de ces 400 000 « étrangers de l’intérieur », pour la plupart, Français depuis des siècles. À bord de leur camping-car, ils s’immergent dans la vie des gens du voyage pour mieux comprendre leurs préoccupations et leur espoirs. Une enquête intime et sans complaisance qui les mènera de la région lyonnaise à la banlieue de Perpignan.
Interview de John Paul Lepers

France 4: Pourquoi un film sur les gitans ?

Lors du premier documentaire en camping-car, sur le logement des jeunes, nous avons fait une halte sur un terrain réservé au gens du voyage à Nîmes. La première appréhension passée, nous avons été frappé par la générosité et la joie de vivre des voyageurs qui vivent au jour le jour dans leurs caravanes. J’ai aussitôt eu envie de leur consacrer un documentaire. Non pas un film sur les Roms qui viennent d’Europe de l’Est, mais sur les 400 000 Français qui sont toujours considérés comme des étrangers de l’intérieur.

Qu’est ce qui vous a le plus surpris lors de votre immersion dans le monde des gitans ?

Avec l’équipe (Matthieu Martin à la caméra, Anthony Santoro au pré-montage, puis Thomas Courcelle au montage), nous avons été profondément surpris de constater que les gitans et les manouches de France avaient autant peur de nous les gadjés (sédentaires) que nous avons d’appréhension envers eux. Un seul exemple, l’hygiène. Nous pensons (à tord) que les gens du voyage sont peu regardant sur la propreté, sachez qu’ils pensent exactement la même chose de nous. Ils craignent les maladies que nous pourrions leur transmettre, et appliquent des règles d’hygiène draconiennes. Ils ne font jamais la cuisine dans leur caravanes, réservées à l’habitation, et à chaque vaisselle, ils rajoutent une touche d’eau de javel. Enfin, pour la lessive, ils ne mélangent pas les torchons et les serviettes !

Quelle conclusion tirez-vous de votre enquête ?

Qu’il est urgent d’appliquer la loi Besson obligeant les communes à proposer un terrain d’accueil digne de ce nom. Qu’il faut également aider ceux qui souhaitent se sédentariser afin que les jeunes puissent aller à l’école. L’illettrisme est le principal obstacle à toute prise de conscience citoyenne des gens du voyage. Des efforts sont à faire des deux côtés, sinon je crains que la situation ne se dégrade. En période de crise, ce sont toujours les minorités que l’on pointe du doigt. Comme dans l’Italie de Berlusconi, où les milices viennent d’être autorisées, les Gitans, les Manouches ou les Roms, sont les bouc émissaires les plus faciles à désigner…

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