EDF : l’augmentation que le gouvernement et les médias nous cachent

Plume de presse. 18 août 2009 par Oliver Bonnet


logoDans un billet en date du 15 août, nous dénoncions la "pantalonnade" de l’augmentation des tarifs d’EDF de 1,9% pour les particuliers. Nous étions pourtant alors loin de nous douter de l’existence d’une autre augmentation, cachée celle-là, révélée par Mediapart : "Officiellement, les prix de l’électricité augmentent en moyenne de 1,9% à partir de samedi 15 août. Derrière ces augmentations “raisonnables” selon la ministre des Finances se cache une révolution tarifaire que le gouvernement n’a pas le courage politique d’assumer. Au nom de la concurrence, de la réalité des coûts, tous les modes de calcul ont été revus. Conséquence : les plus petits vont payer pour les plus gros. Les abonnements les plus bas pour les particuliers augmentent ainsi de 172%. En revanche, les plus gros consommateurs particuliers voient leur abonnement baisser de 25%. Selon l’avis de la Commission de régulation de l’énergie, 3 millions de sites pourraient subir des augmentations supérieures à 10%, 1,5 million de sites allant au-delà de 15%. Le gouvernement s’est bien gardé de faire la moindre publicité sur cette réforme, qui pose les bases du démantèlement des tarifs régulés." Cette dissimulation gouvernementale est un premier scandale. En voici un autre : malgré l’article de Mediapart, aucun autre média n’en fait mention !

De la même manière, il nous a fallu longuement chercher pour trouver la trace du bilan semestriel publié par EDF, finalement dénichée dans cette dépêche en date du 30 juillet, signée de l’agence Reuters, non reprise ailleurs et pourtant passionnante : "EDF annonce un résultat brut d’exploitation (Ebitda) au 1er semestre 2009 meilleur qu’attendu en raison notamment de l’intégration de British Energy mais son résultat net courant pâtit de la hausse des frais financiers. L’électricien public français a confirmé ses perspectives financières pour l’ensemble de l’exercice et redit dans un communiqué que son Ebitda devrait enregistrer une croissance modérée en 2009 à périmètre et taux de change constants et que son résultat net hors éléments non récurrents ne devrait pas être supérieur à celui de 2008". Que donnent concrètement les chiffres ? "Au cours du 1er semestre, EDF a enregistré un résultat net part du groupe de 3 117 millions d’euros (contre 3 116 au premier semestre 2008), un résultat net courant de 3 096 millions (-5,5%), un Ebitda de 10 141 millions (+12,2% et +2,4 à périmètre et change constants), un résultat d’exploitation (Ebit) de 6 775 millions (+14,6%) et un chiffre d’affaires de 34.897 millions (+8,2% et +4,9% à périmètre et taux de change constants). (...) Le recul du résultat net courant reflète la hausse des charges financières liée notamment au financement des acquisitions de British Energy et de la moitié des activités nucléaires de Constellation Energy aux Etats-Unis." On voit bien que tous les clignotants sont au vert, les milliards dépensés pour des acquisitions internationales faisant simplement baisser le résultat net - le contraire eût été abracadabrantesque ! -, ce cldernier restant cependant positif. En clair, la hausse des tarifs n’est donc absolument pas justifiée ! Contrairement à ce qu’affirmait la ministre de l’Économie Christine Lagarde sur France-Inter hier matin encore : "C’est une augmentation qui est nécessaire". Comment le citoyen peut-il savoir que Lagarde ment si personne ne lui livre le bilan comptable d’EDF pourtant publié ? Et comment peut-il juger l’augmentation d’autant plus inadmissible que celle des tarifs se double d’une autre, des abonnements celle-là, que personne hormis l’indispensable Mediapart ne signale ? Notre troisième question découle des deux premières : où va l’information dans notre pays ?

Rappel

Un billet de Plume de presse nous vaut de comparaître devant la justice le 4 septembre prochain, suite à la plainte du magistrat Marc Bourragué pour "injure publique". Explications et pétition de soutien à signer dans cet article.

 

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