En réponse à Jean-Luc Mélenchon : préparer la nécessaire transition énergétique

Le Lot en Action. 12 novembre 2011 par Bluboux

 

front-de-gauche.jpgQuelle déception de lire que le programme du Front de Gauche (grosso modo l'alliance du Parti de Gauche (PG) et du Parti Communiste) ne prévoit pas la sortie du nucléaire, contrairement au programme du PG. Mais qu'a t-il pu se passer pour que Méluche cède à ce point à la frange productiviste du PC ?
Nous publions ci-dessous une réponse apportée sur le site d'Europe Solidaire Sans Frontière, qui est une émanation à peine déguisée du NPA. Elle est pertinente. Je croise des sympathisants du PS qui sont écœurés de ce qui se passe au PS, c'est-à-dire de l’allégeance de Flamby aux marchés et lobbys de tous poils, y compris celui du nucléaire. Des Verts qui ne décolèrent pas des tractations nauséabondes qui se mènent rue de Solférino. Même quelques anciens sympathisants de l’UMP qui hésitent entre le vote blanc, pour les plus réalistes, et le Front National pour les irréductibles.
Mélenchon fera probablement un score très honorable, à deux chiffres, mais si c’est pour accepter un poste (pour lui-même ou des huiles du PC) dans un gouvernement qui poursuivra la politique énergétique basée sur le nucléaire, la continuité des politiques d’austérité imposées par les banques et les marchés financiers aux peuples du monde et la lente, mais inéluctable progression sur la voie vers une guerre mondiale (dans laquelle nous sommes pieds et mains liés depuis l’entrée de la France dans l’OTAN), à quoi cela servira t-il ?

Il n'y a malheureusement aucune offre politique en France qui soit en rupture avec le système économique mondial. C'est très probablement ce qui explique le désarroi des citoyens, qui se détournent malheureusement des urnes. C’est aussi très certainement ce qui explique que de plus en plus de ces mêmes citoyens s’organisent, réfléchissent, inventent chaque jour la société. S’opposer et ne faire que s’opposer ne sert plus à rien. Ecouter tous ces menteurs qui ne pensent qu’à une seule chose, préserver le système économique tel qu’il fonctionne, histoire de garder leur(s) petit(s) plaçou(s) ou bien encore de devenir khalife à la place du khalife, n’engendre que déception, frustration et colère de façon cyclique, tous les 5 ans… S’investir dans les partis politiques pour faire bouger les lignes relève également de l’utopie. Il faudrait être des milliers, des dizaines de milliers. Et force est de constater qu'ils font tout pour que cela n'arrive surtout pas, y compris au sein du Parti de Gauche, qui a malheureusement éviter soigneusement de poser la question de la pertinence de l'alliance avec le PC à ses propres militants, qui auraient probablement voté très majoritairement contre...)

confiance.jpgDès lors, sera-t-il utile d’aller voter autre chose que blanc ou nul ? Je suis convaincu que la solution ne passera pas par les partis politiques tels qu’ils existent aujourd’hui. C’est aux peuples de bouger leurs fesses. N’oublions pas ce que nous ont laissé les résistants du Conseil National de la Résistance, les retraites, la sécurité sociale, l’indépendance de la presse, entre autres… et surtout une ligne de conduite : Créer c’est résister, résister c’est créer.

 

"Dans une lettre ouverte à Hollande, Joly, Artaud et Poutou, Jean-Luc Mélenchon propose l’organisation d’un référendum sur les questions énergétiques, en partant du postulat qu’il faut dépasser le clivage sur la question du nucléaire «  qui divise la gauche  ».

En réalité, la question de la sortie totale du nucléaire (sans parler des rythmes de sortie), différencie les organisations qui assument un profil antiproductiviste et écologiste de celles dont ce n’est pas le projet. La teneur prévisible des accords entre le PS et Europe Écologie-les Verts sur cette question – abandon de la sortie programmée du nucléaire par EÉLV en échange d’un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale – indique le degré de motivation de certaines organisations vis-à-vis de leurs revendications, mais aussi l’espace ouvert pour une gauche inflexible sur ces questions.

Plus encore depuis la catastrophe de Fukushima, les organisations politiques qui portent un projet de transformation de la société, juste socialement et responsable écologiquement, se doivent d’en tirer les conséquences concrètes dans leur programme politique et leurs mesures de transition. Or, contrairement à ce que sous-entend Mélenchon, la convergence pour la sortie du nucléaire existe tout autant que la convergence pour la sortie des énergies carbonées. Elles sont indissociables du point de vue de l’unité des mobilisations et des acteurs, comme du point de vue de la cohérence d’une transition énergétique qui remette en cause la logique de profit et de surconsommation infinie, incompatible avec les exigences environnementales et sociales.

Par son caractère intrinsèquement gaspilleur et antidémocratique, par les dangers insurmontables qu’elle représente pour les vies humaines et par les investissements très coûteux et non durables qu’elle implique, la poursuite de l’industrie nucléaire est incompatible avec la nécessaire transition énergétique radicale. La majorité des mouvements sociaux et écologistes mobilisés sur le thème de la transition énergétique allient cette double nécessité  : réduction drastique de la dépendance aux énergies fossiles et sortie du nucléaire. En tant qu’organisation politique de gauche, écologiste et radicale, nous ne pouvons être en-deçà.

En ce qui concerne les modalités de ce changement, nous sommes évidemment très favorables à une campagne politique unitaire pour une transition énergétique juste socialement et durable écologiquement. L’ampleur d’une telle campagne ne peut se limiter à l’exigence d’un référendum, dont les conditions démocratiques demandent à être précisées  : qui l’organise  ? La question de la sortie ou non du nucléaire sera-t-elle posée  ?

Lorsque nous nous sommes engagés collectivement en 2005 dans l’exemplaire campagne pour le Non au TCE, nous avions un point de vue commun à partager et une position commune à défendre. Dans le cas d’espèce, quelle(s) réponse(s) proposera le Front de Gauche à ce référendum  ? Poursuite du nucléaire et mix énergétique pour le PCF  ? Sortie progressive, programmée pour le PG  ?

La consultation populaire ne peut être instrumentalisée pour éviter de résoudre des contradictions internes au Front de Gauche. La gravité de la situation sociale et écologique, l’angoisse légitime des populations vis-à-vis du danger nucléaire mais aussi de la précarité énergétique grandissante imposent des choix clairs, maintenant."

Commentaires (1)

1. philippe 13/11/2011

Eva Joly est la candidate affirmée de la sortie du nucléaire!
La conversion écologique de l'économie n'est pas compatible avec la gabegie de cette énergie du passé!
Hasta la libertad
Salut et fraternité

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