Fac : à l'approche des exams, la Coordination nationale s'inquiète

Par Hélène Decommer | Etudiante en journalisme | 13/05/2009 | 19H48. Rue89

Des présidents d'université réclament des gestes d'apaisement du gouvernement pour que l'année puisse être validée.

Malgré l'approche des examens, et le risque de « perdre une année », le mouvement d'opposition aux réformes de l'enseignement supérieur se poursuit sans faiblir. Dans une tribune publiée par le Monde, daté du 14 mai, sept présidents d'universités évoquent une situation « grave » et réclamment « des gestes d'apaisement vigoureux, radicaux et clairs » au gouvernement, pour que l'année universitaire puisse être validée :

« Dans certains établissements et dans certaines filières, il n'est pas sûr que les examens puissent se tenir dans des conditions correctes, ni même simplement se tenir. »

Ce mercredi, l'université Paris Est-Marne-la-Vallée accueillait une nouvelle réunion de la Coordination nationale des universités (CNU). Environ
200 étudiants et enseignants étaient réunis dans le hall du
bâtiment principal de l'université, orné de slogans
comme « Ne prenez plus l'ascenseur, prenez le pouvoir » ou « Pour une
université libre et émancipatrice ».

La tenue des examens et la validation du dernier semestre occupaient toutes les conversations. De nombreux étudiants, grévistes ou non, redoutent de perdre leur année. La semaine dernière, Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, clamait en effet à l'Assemblée nationale :

« Je le dis solennellement, nous serons intransigeants : pas de diplômes bradés, pas de diplômes sans rattrapage. »

François Fillon avait auparavent annoncé le report des examens dans plusieurs universités, après la tenue de cours de rattrapage. Certains étudiants présent mercredi matin à la réunion de la CNU envisagent une solution plus radicale : émarger la feuille de présence sans passer l'épreuve. (Voir la vidéo)


Damien, étudiant en histoire à l'université de Marne-la-Vallée et syndiqué SUD-étudiant, en grève depuis le mois de décembre 2008 :

« Je n'ai aucune idée de comment vont se passer les examens ici. Le président de l'université a dit qu'ils se tiendront normalement, mais c'est impossible. Mon avis personnel est qu'il faut la validation automatique du semestre pour tout le monde.

« Personnellement, je n'ai eu aucun cours depuis décembre. Certains ont eu lieu, mais étant en grève, je considère que je n'avais pas à m'y rendre. »

Mathilde Larrere, enseignante-chercheuse dans la même université, complète :

« Des examens normaux sont tout simplement intenables vu les événements de ces derniers mois. Ce serait une hécatombe. Il ne faut pas faire payer aux étudiants les manœuvres désastreuses du gouvernement. »

12h30, pause déjeuner, les porte-parole sortent de l'amphithéâtre. La première motion sur les examens n'est pas encore votée, mais les idées d'actions déjà astucieuses. (Voir la vidéo)


Article modifié le 13 mai à 22h35 : suppression d'un lien erroné

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