Figeac. 80 000 litres de lait jetés, devant Danone

La Dépêche. 23 septembre 2009 par Laetitia Bertoni


Hier, ils ont déversé 80 000 litres de lait, à proximité de la laiterie Danone, à Lacapelle.

Hier, ils ont déversé 80 000 litres de lait, à proximité de la laiterie Danone, à Lacapelle.

55 000 litres déversés, vendredi, à Figeac et plus de 80 000 litres, hier, à Lacapelle-Marival. Comme un pied de nez aux laiteries, c'est près de l'usine Danone qu'une soixantaine d'agriculteurs et la Confédération paysanne ont assisté à l'épandage de leur lait, en plein champ.

« Les laiteries nous disent qu'il n'y a pas de pénurie et nous font passer pour des menteurs. Là où ils annoncent 7 % de grévistes du lait en France, nous disons que nous sommes près de 60 % », lance ce producteur.

Rassemblés devant la laiterie Danone dès midi, hier, ils ont finalement obtenu un entretien téléphonique avec des représentants de la zone grand Sud, Danone. Désabusé, Sébastien Itard, porte-parole de l'APLI, association des producteurs de lait indépendants, a rapporté : « Ils souhaitent un maintien du prix du lait à 280 €/ tonne, sans évolution d'ici la fin de l'année. Par contre, ils sont favorables à une régulation du marché au niveau européen. Mais, sur d'éventuelles négociations à engager, ils n'ont fait aucun commentaire ». Et un membre de la délégation de poursuivre : « Je crois qu'on ne s'est pas bien fait comprendre. Il va falloir changer d'actions ».

Cette journée avait donc un goût amer pour les agriculteurs. « Il faut qu'on tienne encore un peu, bien sûr qu'ils commencent à sentir le manque de lait. Sur notre zone de collecte de Villecomtal (Danone, Gers), on parle d'un tiers de collecte en moins, c'est énorme. Comme par hasard, aussi, le prix du lait servant à faire la poudre est passé de 180 € la tonne avant notre mouvement à 400 €. Quoi qu'ils en disent, notre mouvement va grandissant de jour en jour. On voit même des camions de l'Ariège transiter par Figeac, pour aller chercher du lait à Aurillac ou Saint-Mamet. On ne lâchera rien tant que nous n'aurons pas obtenu un revenu suffisant », préviennent-ils.

Dans leur rang, hier, plusieurs affichaient leur désolidarisation d'avec la FNPL, leur fédération laitière. D'autres s'inquiétaient pour leur trésorerie : « Depuis avril, les comptes ne sont plus équilibrés, il me manque 25 000 €. Ce mois-ci, je ne me verserai aucun salaire. J'ai prévenu mon fils, il ne reprendra pas notre exploitation, c'est trop dur », regrette cet agriculteur de Béduer.

Jeudi soir, réunion à Bagnac, jeudi matin, don de lait à Maurs.

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau