Figeac : fermeture de la maternité. La notion de service public est battue en brèche

C'est officiel, la maternité de Figeac va fermer. Après l'hopital de Gourdon (fermeture de la maternité et de la chirurgie), l'ARH s'occupe de celui de Figeac. Mais ne vous inquiétez pas, il vous reste encore l'hopital de Cahors, engorgé à en faire peur. La logique de la privatisation de tous les servives publics ira jusqu'au bout. Bientôt les écoles (voir l'article sur les maternelles et de façon plus générale l'AGCS dans les "rubriques classées et archive").

Et la méthode est toujours la même, bien huilée : on fait rentré les services publics dans une logique de "marchés", ils doivent être rentables. Ils ne le sont pas ? et bien il n'y a pas d'autres solutions que la fermeture...

Mais où a t-on vu cela ? On trouve des milliard pour "sauver" les banques de la situation dans laquelle elles se sont mises elles même (au passage sans les nationaliser, sans garantie...) mais on ne peut accepter que nos impôts servent à la communauté au sens large, à la continuité du service public...

Et le gouvernement s'apprète encore à baisser l'ISF, le boublier fiscal ne suffisant pas... (voir l'article "La fée ISF au secours des PME" dans la rubrique Actualité).

Lotoises, lotois, aller voter le 7 juin, ne baissez pas les bras. Venez nombreux au meeting du 21 avril à Figeac.

Ci-dessous l'article de La Dépêche.

Figeac. Maternité : les raisons de la fermeture

Santé. Le service sera remplacé par un centre périnatal de proximité, dès le 27 mai.

A Figeac, en octobre, les familles dans la rue contre la fermeture de la maternité.
A Figeac, en octobre, les familles dans la rue contre la fermeture de la maternité.
A Figeac, en octobre, les familles dans la rue contre la fermeture de la maternité.

Dans un communiqué, l'ARH Midi-Pyrénées précise que sa commission exécutive s'est prononcée à l'unanimité pour la fermeture de la maternité de Figeac. L'échéance d'autorisation arrivant au 27 mai 2009, c'est donc à cette date buttoir que fermera le service.

Elle justifie sa décision ainsi : « Les dispositions prises par l'établissement pour assurer la continuité de son activité obstétrique ne rassemblaient pas les conditions requises de fonctionnement et de sécurité des parturientes et de leurs bébés. D'importantes difficultés au niveau de la continuité, de la qualité et du suivi des soins y ont été relevées ».

L'ARH fait ainsi état d'une activité en constante diminution, en deçà du seuil réglementaire de 300 accouchements par an. « En 2008, dit-elle, la maternité a enregistré 260 accouchements. Or, l'offre de soin sur ce territoire permet la prise en charge sur d'autres maternités ». Elle fait état également d'un nombre insuffisant d'anesthésistes réanimateurs, d'obstétriciens et de pédiatres. L'établissement n'a en obstétrique qu'un seul praticien contractuel complété par des remplaçants, pas de pédiatre pour assurer 24 heures/24 la sécurité des naissances et un nombre de sages-femmes ne permettant pas de respecter les normes réglementaires ».

L'ARH s'engage donc à accompagner l'établissement hospitalier dans la mise en place d'un Centre périnatal de proximité, qui devra garantir les consultations pré et postnatales, le suivi des grossesses, les préparations à la naissance, l'orientation et l'accompagnement vers une maternité, le suivi du post-partum.

Dans ce cadre, l'ARH souhaite que se poursuive la coopération entre les hôpitaux de Figeac et Villefranche-de-Rouergue.

Enfin, l'ARH s'engage à doter Figeac d'un service de soins de suite et de réadaptation.


Martin Malvy : « La notion de service public est battue en brèche »

Président du Conseil d'administration de l'hôpital de Figeac, Martin Malvy a réagi. « Deux commissions viennent coup sur coup de voter la fermeture de la maternité. Je déplore et leur vote et la méthode. Leurs membres ne connaissent ni l'hôpital ni son environnement géographique et humain. Leur choix s'est effectué sur la base de rapports. Le nombre des accouchements en légère baisse, ne constitue pas un argument valable. Le problème est d'ordre budgétaire. La plupart des petits hôpitaux rencontrent - comme celui de Figeac - des difficultés budgétaires aggravées par la réforme des dotations de l'État. Les tutelles ont conclu que la suppression de la maternité entraînerait une économie annuelle de l'ordre de 500 000 €. C'est cet argument qui l'a emporté malgré nos démarches (vœux émis, courriers aux commissions, rencontres avec l'ARH).

La réforme en cours prévoit d'exclure les élus et les médecins des instances de décision des hôpitaux. Tout ceci relève d'une politique de la santé fortement contestable. Que la direction de l'ARH et de l'Action Sanitaire du Lot s'impliquent dans le reclassement des agents du service dont je salue le professionnalisme et le dévouement. La notion de service public qui est battue en brèche. La santé n'échappe pas aux restrictions… »

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau