Figeac. L'avenir des 12 800 salariés de la Mécanic Vallée en débat

La Dépêche. 25 septembre 2009 par Laetitia Bertoni

Industrie. Tandis que se tiendront les 11es Rencontres de la Mecanic Vallée, le collectif CGT propose son 1er sommet social.

La 1re grève de Figeac Aéro, en juillet 2008.  Photo DDM, archiv.
La 1re grève de Figeac Aéro, en juillet 2008.  Photo DDM, archiv.
La 1re grève de Figeac Aéro, en juillet 2008. Photo DDM, archiv.

Être force de proposition et de luttes pour faire de la Mecanic Vallée le territoire du développement de l'industrie. Tel est le credo du collectif CGT Mecanic Vallée qui se réunira le 1er octobre prochain pour son 1er sommet social, à Figeac, salle Roger-Laval.

Cette date n'a pas été choisie par hasard, puisque le même jour se tiendront les 11es Rencontres de la Mecanic Vallée, présidée par Michel Ferey, PDG de Ratier-Figeac, à l'espace Mitterrand.

« Pour notre collectif CGT, créé en 2004, cette journée se veut l'occasion de débattre et de faire des propositions pour le maintien et  le développement des emplois dans nos industries du Lot de L'Aveyron et de la Corrèze. 70 personnes sont attendues. Nous exigeons l'ouverture d'un vrai dialogue social sur le territoire », explique Alain Hébert, animateur du collectif, avant de marteler : « Ce jour-là ce sont de nos affaires, des affaires des 12 800 salariés de la métallurgie de la Mecanic Vallée que les patrons entendent discuter, mais sans les salariés et sans leurs représentants. Ils décideront seuls de notre avenir. Ont-ils pris conscience que d'ici 2015, 3 850 salariés de la métallurgie partiront en retraite et qu'il faut dès maintenant anticiper cette hémorragie pour maintenir nos savoir-faire ».

Parlant d'un bassin d'emploi où les seuls critères sont la rentabilité financière, la rémunération à deux chiffres des actionnaires, au détriment de l'emploi, des conditions de travail et des investissements productifs, la CGT dénonce le refus des représentants de la Mecanic Vallée de les recevoir.

« Pourtant, lance Alain Hébert, les salariés paient cher cette crise : chômage partiel à la Sam, à Bosch, Pivaudran, Born-Warner, Figeac-Aéro, Blanc-Aéro, pertes de salaire, licenciements d'intérimaires, de CDD. On a compté quelque 1 300 suppressions d'emplois depuis le mois de janvier et en terme de production nous enregistrons un recul de 12 points, pour tomber au niveau de la production des années 90 ».

 Sommet social du 1er octobre, dès 8 h 30, en présence de Philippe Martinez, secrétaire général de la Fédération CGT Métallurgie, Mohamed Oussédik, membre de la commission exécutive de la confédération CGT, responsable des questions industrielles et de Didier Cujive, président de Midi Pyrénées Expansion. Présentation, analyse du territoire, table ronde sur l'emploi et le développement industriel, débat sur le statut du travail salarié, revendications.


Ratier et Figeac Aéro : des délocalisations  qui inquiètent la CGT

À quelques jours de leur sommet, les représentants CGT de ces deux entreprises figeacoises font un état des lieux.

« À Ratier, le chiffre d'affaire bat tous les records. On nous parle de 203 millions d'euros prévus, mais avec 85 salariés de moins. L'activité ne baisse pas, par contre on externalise des services et on délocalise vers les pays à bas coût : Turquie, Viet-Nam, Singapour, Maroc. Nos vérins de porte par exemple sont faits en Pologne. Nous sommes inquiets pour l'avenir. Au département hélicoptère, on parle d'une chute de la production de 30 à 40 % en 2010, or 80 personnes y travaillent. La direction de Ratier met en avant les hélices, les moyeux. On ne parle que de ça, mais on est en train de perdre la diversification de nos productions qui a toujours fait notre force », souligne Jean-Philippe Couchet, CGT Ratier.

Pour Figeac Aéro, la CGT parle de « 53 suppressions de postes en six mois. La direction prévoit un redémarrage d'ici peu, sans nouvelle période de chômage partiel. Mais ce qui nous inquiète c'est la création d'une filiale en Tunisie. C'est avec notre capital que les investissements sont faits là-bas. C'est le chantage d'Aérolia (NDLR : filiale du groupe EADS) qui, si on ne va pas vers les pays à bas coût, nous retire ses marchés », rappelle Jérémy Gargaros, CGT Figeac Aéro.

« Nous avons fait le calcul, avec le chômage partiel, la perte à l'intéressement et aux bénéfices, nous avons cette année perdu plus de 9 % de nos revenus », souligne le syndicaliste de Figeac Aéro.

La bonne nouvelle pour cette entreprise aéronautique est la mise en route de trois nouvelles machines, de fabrication Forest Liné, soit un investissement de 6 millions d'euros et la perspective d'embauches. « Notre bureau méthode et industrialisation travaille sur de nouveaux marchés, dont celui de l'A350 (sur les métaux durs), c'est la perspective de charge de travail à venir, d'ici 3 ou 4 mois ».

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