Firminy: La famille porte plainte

Le JDD. 09 juillet 2009 par M.P (avec Reuters)

La tension reste vive jeudi à Firminy (Loire), après la mort de Mohamed Benmouna. Si l'autopsie révèle que le jeune homme, retrouvé inconscient dans sa cellule, est mort d'un "arrêt cardiaque par suffocation", la famille demande des éclaircissements et a porté plainte contre X. Pour éviter de nouvelles violences, la famille a de nouveau appelé la population au calme.

Firminy a connu une deuxième nuit de violence mercredi soir, malgré le déploiement d'un important dispositif policier. Ces incidents font suite à la mort de Mohamed Benmouna mercredi à l'hôpital, après une garde à vue au commissariat de Chambon-Feugerolles. L'hypothèse d'une "bavure policière", relayée par la famille du jeune homme, a mis le feu aux poudres dans la ville d'origine du garçon, dans la banlieue stéphanoise. La police assure que le jeune homme, placé en garde à vue mardi pour "tentative d'extorsion de fonds", a tenté de se suicider. Jeudi, les résultats de l'autopsie sont venus appuyer la thèse de la police: Mohamed serait mort d'un "arrêt cardiaque par suffocation". Le procureur de Saint-Etienne, Jacques Pin, a affirmé à l'agence Reuters que le corps du jeune homme "ne révèle aucune trace de violence".

Il a également expliqué que l'enregistrement vidéo de la cellule où il était détenu ne pouvait pas être utilisé à cause d'un dysfonctionnement des caméras. D'après le magistrat, qui relaye les conclusions des légistes, la victime a été asphyxiée par un lien qu'elle s'était enroulée autour du cou, et dont les extrémités ont été fixées dans des trous percés dans la cloison en placôplatre de sa cellule. Une manoeuvre rendue possible par la vétusté de la cellule. Le Parquet a également précisé que les fonctionnaires de police avaient tout fait pour ranimer le jeune homme, lorsqu'ils se sont rendus compte de son état.

Un appel au calme

Ces explications n'ont guère convaincu la famille, qui soupçonne une violence policière déguisée en suicide. Elle a porté plainte jeudi contre X, afin de faire toute la lumière sur cette mort. Le père a pu se rendre dans les locaux du commissariat, accompagné par le procureur de Saint-Etienne et le consul d'Algérie, son pays d'origine. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a également ouvert une enquête. Le syndicat policier Alliance "réfute toute mise en cause" des policiers du commissariat, qui "ne sont pas responsables de l'état de vétusté" de "certains" locaux de garde à vue "souvent dégradés par ceux-là même qui y sont placés". Il dénonce également des "violences urbaines".

La nuit dernière, les incendies ont débuté vers 23 heures, avec des feux de poubelles, et d'après les pompiers, d'une dizaine de voitures. Le centre social du Soleil levant, qui n'était plus utilisé, a été en partie détruit par un incendie. Les pompiers sont intervenus une quinzaine de fois mais d'après eux, pour des faits moins importants que la veille. "Dans l'ensemble, il n'y a pas eu de violences majeures, il n'y a pas eu d'agression des forces de l'ordre ou des intervenants comme la nuit précédente", a déclaré Sébastien Lime, directeur de cabinet du préfet de la Loire.

Une personne soupçonnée d'avoir lancé des pierres sur les policiers a été arrêtée jeudi. Neuf personnes avaient déjà été arrêtées et placées en garde à vue mercredi, après la première nuit de violences. D'après le parquet, deux d'entre elles devraient se voir notifier jeudi des poursuites pour "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique et dégradations". Le dispositif policier devrait être allégé dans la nuit de jeudi à vendredi, annonce la préfecture, qui craint un week-end très agité. La famille Benmouna a également lancé un nouvel appel au calme.

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

Le Lot en Action, 24 avenue Louis Mazet, 46 500 Gramat. Tél.: 05 65 34 47 16 / contact@lelotenaction.org