France Télécom à Cahors : la lettre qui inquiète

La Dépêche. 25 septembre 2009 par Laurent Benayoun

Lot. Alors que l'agence doit déménager à Montauban, un inspecteur du travail avertit la directrice régionale des risques de suicides parmi les salariés cadurciens.

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Damien Meyer AFP/Archives
 

C'est une phrase lourde, écrite, dans un courrier adressé, le 7 septembre à la directrice régionale de France Télécom, que nous nous sommes procuré. Dans cette lettre, François Florenty, inspecteur du travail à Cahors, évoque l'avenir des salariés de France Télécom, Terre-Rouge à Cahors, qui refusent de déménager, d'ici quelques semaines, à Montauban. Les mots employés par le fonctionnaire sonnent comme un avertissement à l'entreprise qui a décidé, au niveau national, face à la multiplication des suicides, de suspendre toute mutation jusqu'à la fin du mois d'octobre.

Grande inquiétude

« J'ai rencontré le médecin du travail le 2 septembre qui m'a fait part de sa grande inquiétude quant à la santé psychologique de nombreux salariés du site de Cahors évoquant même la possibilité d'un risque suicidaire, écrit François Florenty.

Au regard de cette situation très préoccupante en terme de santé mentale au travail, je vous invite à interrompre ce projet et à redéfinir en étroite concertation avec les salariés, leurs représentants et le médecin du travail un autre projet susceptible de préserver la santé du personnel et les intérêts de France Télécom. En tout cas, la suspension du projet en cours m'apparaît indispensable jusqu'à ce que des conditions acceptables en termes de santé soient rétablies ».

Et l'inspecteur du travail de rappeler à la directrice de France Télécom ses devoirs : « Je vous rappelle qu'en tant qu'employeur, vous avez l'obligation de préserver la santé physique et mentale de vos salariés. Vos éventuels manquements à cette obligation seraient passibles de poursuites pénales (...) »

Contactée hier, la direction régionale de France Télécom n'a pas souhaité réagir à ce courrier daté du 7 septembre, soit avant la décision, annoncée le 11 septembre, du PDG Didier Lombard de « geler » toutes les opérations de mutation. On sait aussi qu'une expertise psychologue avait été décidée lors d'une réunion du comité d'hygiène (CHSCT) en juillet. Les conclusions sont attendues demain. De nombreux politiques (dont Martin Malvy, le président de la région) ont demandé à France Télécom de renoncer à son projet.

De leur côté, au-delà de ce nouvel épisode, les syndicats, réunis hier, subissent aussi la situation : « Nous sommes en sursis, dit Sébastien Pons, délégué (CGT) du personnel. Tout peut basculer dans un sens ou dans l'autre, tous les jours. C'est vrai qu'on a peur que quelques collègues pètent les plombs ».

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