Frédéric Mitterrand : les accusations de pédérastie censurées par France Télévision

Plume de presse. 7 octobre 2009 par Olivier Bonnet


couvDepuis l’émission Mots croisés du 5 octobre, on ne parle plus que de ça : Marine Le Pen a lu à l’antenne des extraits de l’ouvrage de Frédéric Mitterrand publié en 2005, La mauvaise vie, pour le moins très discutables : "J’ai pris le pli de payer pour des garçons [...] Évidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici .[...] Je sais ce qu’il y a de vrai. La misère ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément […] On ne pourrait juger qu’un tel spectacle abominable d’un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable […] La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas." Quel est l’âge des "jeunes garçons" en question ? Là réside évidemment la question, mais il s’agit pour le moins d’un aveu de pratique du tourisme sexuel. Pas de pédophilie, qui concerne les enfants, mais vraisemblablement de pédérastie : l’attirance pour des adolescents et pré-adolescents. S’ils sont mineurs, c’est illégal. Mais sans doute Mitterrand va-t-il nous expliquer que, comme dans la chanson de Dalida, "il venait d’avoir dix-huit ans". Difficile à trancher. Quoi qu’il en soit, le tourisme sexuel en lui-même demeure moralement condamnable et voilà la majorité présidentielle dans l’embarras : on sait que la droite ratisse traditionnellement dans les rangs catholiques et l’on imagine nombre de ses électeurs révulsés par un tel texte écrit par un ministre sarkozyste ! Le journaliste Yves Calvi, animateur du débat, s’est du reste fait un devoir de voler au secours de Mitterrand : "Là, il parle de fantasmes", a-t-il avancé. "Vous plaisantez ?", a rétorqué vivement Marine Le Pen, et on ne peut que lui donner raison. Mitterrand lui-même, interrogé par Franz-Olivier Giesbert, a confessé : "Si je n’avais pas écrit ce chapitre, j’aurais menti. Et le but de ce livre était de ne pas mentir et de ne pas mentir à moi-même" (cité par Rue89). La thèse des fantasmes ne tient donc pas le moins du monde. Comment alors défendre le ministre de la Culture ? L’attaque venant de Marine Le Pen, il s’engouffre dans cette brèche : "Se faire traîner dans la boue par le Front national est un honneur", lâche-t-il. Mais sur le fond ? Si le FN dit que la pluie mouille, est-ce un mensonge ? On aimerait une défense plus étayée, d’autant que Benoît Hamon, porte-parole du PS, s’indigne lui aussi : il s’est dit "choqué" par le comportement d’un "ministre consommateur", rapporte Le Point. Mitterrand croit alors se disculper en affirmant : "C’est bien dommage de pouvoir imaginer que des élus de gauche aillent rejoindre le Front national". Eh bien non, Monsieur Mitterrand, la condamnation du logotourisme sexuel n’est pas l’apanage de l’extrême droite ! En attendant, les téléspectateurs de TV5 Monde n’auront pu être informés de la polémique : "Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, a-t-il bénéficié de la protection de la chaîne publique France 2 ? On peut se poser la question, dès lors que l’émission polémique Mots croisés du lundi 5 octobre, au cours de laquelle Marine Le Pen, la vice-présidente du Front National, a longuement accusé le ministre d’avoir eu des relations sexuelles avec « de jeunes garçons » en Thaïlande, a été amputée de cette séquence. Nous l’avons constaté lors de sa rediffusion sur TV5 Monde, la nuit dernière", révèle VSD. C’est France Télévisions qui fournit les programmes à TV5 Monde : pas question d’égratigner un membre du gouvernement pour le "service public", directement inféodé au Pouvoir depuis la réforme sarkozyste. Mais hélas pour nos gouvernants, cette censure à usage externe n’éteindra pas le scandale.

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