Golfech : le tritium remobilise les antinucléaires

Source : journal Sud-Ouest, transmis par le mouvement citoyen lotois pour la sortie du nucléaire. 28 janvier 2010

Rien de significatif dans l'eau, mais une concentration en tritium quatre fois supérieure entre les plantes aquatiques prélevées en amont et en aval de la centrale de Golfech. Les antinucléaires n'ont pas manqué l'occasion de communiquer les résultats des analyses qu'ils ont eux-mêmes commandées, cet automne, au laboratoire de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad).


À défaut de technique d'élimination, l'industrie nucléaire rejette du tritium dans l'eau et dans l'air. Un effluent faiblement radioactif qui suscite la défiance croissante des militants écologistes. « Stop Golfech et les Amis de la terre Midi-Pyrénées ont cassé leur tirelire », dit Monique Guittenit. Soit 1 400 euros à débourser. La première association, lot-et-garonnaise, revendique 80 militants, la seconde pointe à 250.


« L'enjeu des faibles doses »


Et s'il est rapporté dans le court commentaire de la Criirad que « les résultats de dosage de tritium dans les eaux de la Garonne étaient négatifs », c'est-à-dire inférieurs à la limite de détection, « la différence entre les résultats sur les eaux et sur les plantes aquatiques montrent tout l'intérêt qu'il y a procéder à des mesures sur des organismes bioaccumulateurs et pas seulement sur l'eau elle-même ». Ne serait-ce que parce que les rejets sont « discontinus dans le temps », est-il précisé, non sans bon sens.
Il n'en faut pas plus à Monique Guittenit et Marc Saint-Aroman, pour souligner les présumés risques sanitaires du tritium qu'abondent de récentes études, en Allemagne et au Canada. « C'est tout l'enjeu des faibles doses », convient Monique Guittenit. En mai dernier, Stop Golfech avait fait venir à Agen le professeur biélorusse Youri Bandazhevsky, connu pour ses travaux sur les faibles doses de radioactivité. « On est de ceux qui disent que toute dose crée un danger », soutient Monique Guittenit.

« Pas de raison de s'alarmer »


Des analyses que l'on relativise à la centrale de Golfech. Ainsi rapportée au chef de la mission environnement, la concentration incriminée (1) serait « extrêmement faible ». Et d'invoquer l'arsenal réglementaire qui encadre les rejets de tritium, « un élément présent à l'état naturel dans l'eau », rappelle-t-il. « Nous travaillons en toute transparence. Les rejets et les mesures dans l'environnement sont transmis à la Commission locale d'information (CLI) et disponibles sur Internet. On a plusieurs organismes qui font des mesures, avec des méthodes certifiées, on leur fait confiance. Dans l'eau, sur la faune, la flore, ces surveillances-là sont faites ; ils n'ont jamais rien détecté. Il n'y a pas de raison de s'alarmer. »
L'impact est faible, affaire classée ? Dans son bulletin de septembre 2009, entre autres recommandations, la CLI de Golfech, où sont représentées collectivités locales et population, « suggère » l'extension du contrôle du tritium aux stations de pompage d'eau potable en aval de Golfech.


(1) Les algues ont été prélevées « à 870 mètres », en aval du rejet de Golfech.

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