Guerre sourde entre gendarmes et policiers sur le renseignement

JDD. 21 septembre 2009 par M.V. avec Reuters

Un homme de 51 ans interpellé à son domicile héraultais a avoué être l'auteur des lettres de menaces adressées à de nombreux responsables politique.

 

Test ADN police scientifique

Le "corbeau" serait un Héraultais de 51 ans. Un homme a en effet avoué être l'auteur des lettres de menaces adressées à des responsables politiques, dont Nicolas Sarkozy. Le suspect a été arrêté dimanche à son domicile d'Herepian, près de Béziers. Il a été confondu par son ADN, retrouvé sous le timbre de quatre des missives. "Il a passé des aveux généraux et a déclaré qu'il avait agi seul", a-t-on précisé de source policière. Le quinquagénaire a été transféré à la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) où il sera interrogé sur l'ensemble des faits.

Thierry J., qui accompagnait ses lettres d'une balle, est membre d'un club de tir à Lamalou-les-Bains. Le maire de cette commune avait été le premier destinataire des menaces. L'auteur présumé, sans emploi, n'a aucun antécédent judiciaire ni aucun lien connu avec une formation politique. La trentaine de missives envoyées étaient signées "Combattants de la cellule 34". "En fait, même dans notre club, il n'était pas vraiment intégré", précise le trésorier du club, Pierre Lignon, en décrivant une "grande gueule" taciturne et renfermée qui ne fréquentait pratiquement plus ce cercle depuis des mois. "C'était un homme très fragile, malade, ça se voyait. Il venait pour tirer, le mercredi après-midi, et il nous aidait pour les petits travaux. Mais il ne participait pas aux fêtes, par exemple."

Tout avait commencé, il y a deux ans. Après l'élu local, plusieurs responsables nationaux avaient reçu une ou plusieurs lettres de menaces. La police avait annoncé vendredi dernier avoir encore intercepté six nouvelles enveloppes de ce type adressées notamment au président de la République, aux ministres Bernard Kouchner, Frédéric Mitterrand, Michèle Alliot-Marie, au maire de Béziers Raymond Couderc et à un service de police. Comme plusieurs autres membres du club de tir, le suspect avait été interrogé, et son ADN prélevé. Marié et père de trois enfants, cet homme vivait depuis 16 ans dans un logement social en raison d'un très lourd handicap physique lié à un dysfonctionnement rénal grave.

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