Histoire d'une tarte aux cerises

Source : lotabne.com. 10 juin 2009

Voici la longue histoire chimique d’une tarte de supermarché
Histoire de la pâte :
Pour obtenir la farine, les grains de blé ont été enrobés d’un fongicide avant semis. Pendant sa culture, le blé a reçu de deux à six traitements de pesticides selon les années, un traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d’éviter la verse, et une dose importante d’engrais : 240 kg d’azote, 100 kg de phosphore et 100 kg de potassium à l’hectare, tout de même.
Le blé moissonné, dans le silo après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone, puis arrosés au chlopyriphosméthyl.
Pour la mouture, la farine reçoit du chlorure de nitrosyl, puis de l’acide ascorbique, de la farine de fève, du gluten, et de l’amylase (ces derniers n’étant pas le pire !).
Ensuite il faut faire lever la pâte. La poudre levante est traitée au silicate de calcium, et l’amidon est blanchi au permanganate de potassium.
Pas de pâte sans corps gras. Ceux-ci reçoivent un antioxydant (pour éviter le rancissement) comme l’hydroxytoluène de butyl et un émulsifiant type lécithine.
Histoire de la crème :
Pour faire la crème sur laquelle vont reposer les cerises, il faut des œufs, du lait, et même de l’huile.
Les œufs proviennent d’un élevage industriel où les poules sont nourries aux granulés contenant des antioxydants (E300 à E311), des arômes, des émulsifiants comme l’alginate de calcium, des conservateurs comme l’acide formique, des colorants comme la capsanthéine, des agents liants comme le lignosulfate et enfin des appétants pour qu’elles puissent avaler tout cela, comme le glutamate de sodium.
Elles reçoivent aussi des antibiotiques, bien entendu, et surtout des anti-coccidiens.
Les œufs, avant séchage, reçoivent des émulsifiants, des agents actifs de surface comme l’acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc.
Le lait maintenant.
Il provient d’un élevage industriel ou les vaches reçoivent une alimentation riche en produits chimiques :
  • Des antibiotiques comme le flavophospholipol (F712) ou le monensin-sodium (F714)
  • Des antioxydants comme l’ascorbate de sodium (F301), l’alphatocophérol de synthèse (F307), le buthyl-hydox-toluène (F321) ou l’éthoxyquine (F324).
  • Des émulsifiants comme l’alginate de propylène-glycol (F405) ou le polyéthylène-glycol (F496),
  • Des conservateurs comme l’acide acétique, l’acide tartrique (E 334), l’acide proprionique (F280) et ses dérivés (F281 à F284),
  • Des composés azotés chimiques comme l’urée (F801) ou le diurédo-isobutane (F803),
  • Des agents liants comme le stéarate de sodium, des colorants comme F131 ou F142,
  • Et enfin des appétants pour que les vaches puissent manger tout ça, comme le glutamate de sodium.
Les huiles quant à elles, ont été extraites par des solvants comme l’acétone puis raffinées par action de l’acide sulfurique, puis lavage à chaud, neutralisées à la lessive de soude, décolorées au bioxyde de chlore ou au bichromate de potassium et désodorisées à 160°C avec du chlorure de zinc. Enfin elles ont été recolorées à la curcumine.
La crème de la tarte, une fois fabriquée, reçoit des arômes et des stabilisants comme l’acide alginique (E400).
Histoire des cerises :
Les cerisiers ont reçu pendant la saison entre dix et quarante traitements de pesticides selon les années.
Les cerises sont décolorées à l’anhydride sulfureux et recolorées de façon uniforme à l’acide carminique ou à l’érythrosine. Elles sont plongées dans une saumure contenant du sulfate d’aluminium et à la sortie elles reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium (E202). Elles sont ensuite enduites d’un sucre qui provient de betteraves qui, comme les blés ont reçu une bonne dose d’engrais et de pesticides.
Ce sucre est extrait par défécation à la chaux et à l’anhydride sulfureux, puis décoloré au sulfoxylate de sodium, puis raffiné au norite et à l’alcool isopropylique. Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique.

Source : Olivier CLERC in Votre Santé n°32-mai 2002

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