Inquiétudes à tous les étages chez Areva, démission du patron en Allemagne

Le Parisien. 20 octobre 2011

La direction d'Areva a convoqué en urgence les syndicats au niveau européen après la divulgation d'informations sur ses projets de suppressions d'emplois en Belgique et en Allemagne, où le dirigeant du groupe nucléaire français a subitement démissionné.

La direction d'Areva a convoqué en urgence les syndicats au niveau européen après la divulgation d'informations sur ses projets de suppressions d'emplois en Belgique et en Allemagne, où le dirigeant du groupe nucléaire français a subitement démissionné. | John Macdougall

La direction d'Areva a convoqué en urgence les syndicats au niveau européen après la divulgation d'informations sur ses projets de suppressions d'emplois en Belgique et en Allemagne, où le dirigeant du groupe nucléaire français a subitement démissionné.
Ulrich Gräber, 63 ans, a annoncé à ses employés sa démission de son poste de directeur de la filiale allemande d'Areva, en raison de la réorganisation attendue des activités outre-Rhin avec la sortie allemande du nucléaire.

"Je considère qu'il est exceptionnellement important que les prochaines années soient caractérisées par la continuité et la stabilité au sein du conseil de direction" de la filiale allemande d'Areva, explique-t-il dans son courriel daté de mercredi, dont l'AFP a eu copie.
"J'ai maintenant 63 ans et je suis convaincu que la réalisation du plan stratégique pour la région allemande, qui continuera au-delà de 2020, doit être associée à une nouvelle direction allemande", écrit-il.

En pleine réorientation après la catastrophe de Fukushima et la fin de l'ère d', le géant nucléaire français et son nouveau patron Luc Oursel vont présenter en décembre un vaste "plan d'action stratégique" destiné à remettre à plat les perspectives de l'ensemble des activités du groupe.

La chute de la demande de combustible nucléaire a déjà contraint Areva à suspendre pendant deux mois la production dans deux usines françaises de conversion d'uranium de sa filiale Comhurex, à Malvesi dans l'Aude et au Tricastin dans la Drôme.
Selon le mensuel français L'Expansion, le groupe s'apprête à supprimer 800 emplois en Allemagne dans le combustible et à fermer d'ici trois ans une usine employant 150 personnes à Dessel en Belgique.

Premier producteur mondial d'uranium, Areva est présent sur toute la chaîne de l'atome civil, de la fabrication au retraitement du combustible nucléaire ainsi que la construction et l'entretien des réacteurs.
Après Fukushima, une partie de ses espoirs de renaissance nucléaire sont remis en cause, d'autant que des investissements de l'ère Lauvergeon ne se sont pas avérés judicieux.
Selon L'Expansion, d'importants projets en Afrique et aux Etats-Unis vont être gelés ou annulés et la nouvelle filiale mines cherche à ouvrir son capital à un nouvel entrant.
Les syndicalistes interrogés par l'AFP ont exprimé leurs inquiétudes, notamment des représentants de IG Metall et de la CFE-CGC.
Un comité de groupe européen consacré à "la présentation des évolutions des activités de fabrication de combustible du groupe Areva Europe" a été convoqué par la direction pour mercredi et jeudi prochain.
Sur le site belge de Dessel, la direction a rencontré le personnel inquiet mercredi et une réunion d'entreprise est prévue la semaine prochaine.

En France, Areva a également été affecté par une grève jeudi, sur les sites de La Hague (Manche), de Marcoule (Gard) et de Pierrelatte (Drôme), en raison de la dénonciation d'accords d'entreprise par la direction.
Celle-ci estimait le nombre de grévistes dans l'après-midi à environ 40% des effectifs concernés (6.000 à 7.000 personnes), un niveau comparable à un précédent mouvement le 26 septembre, tandis que la CFDT comptait elle 60 à 80% de grévistes.

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