L’art et à la manière d’intoxiquer les masses

Mécanopolis. 30 avril 2010 par Faouzi Elmir

Jacques Marseille qui formait les futurs journalistes à l’art et à la manière d’intoxiquer les masses, répétait à qui voulait l’entendre que LES Français sont aujourd’hui plus riches qu’il y a cinquante ou cent ans. Ce qui est vrai, c’est que la France d’aujourd’hui croule sous les richesses produites mais deux questions méritent d’être posées: 1° qui a produit ces richesses ? 2° à qui profitent réellement toutes les richesses produites ?

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Les agents attitrés de la propagande politique capitaliste cherchent à noyer le poisson en faisant croire que les richesses produites depuis cinquante ou cent ans sont le fait du Capital, et dues à l’énergie, au « dynamisme» et au « génie » des capitalistes. En réalité, les richesses colossales accumulées depuis un siècle ont été produites par des millions d’individus utilisant leurs bras et leurs muscles pour transformer les matières premières en marchandises, lesquelles marchandises générant à leur argent et en profit pour le grand bonheur des capitalistes. Il faut rappeler que toutes les richesses produites depuis un siècle n’ont pas été dans un but orienté vers la satisfaction des vrais besoins humains mais seulement pour faire plus d’argent et pour l’enrichissement de quelques-uns. Que les fameuses classes moyennes aient profité par ricochet de quelques miettes laissées par les capitalistes sur leur table de festin une fois rassasiés, cela ne fait aucun doute mais les quelques compensations accordées à ces groupes intermédiaires sont insignifiantes par rapport aux profits colossaux amassés par les détenteurs des capitaux. Quant aux couches subalternes de la société, elles peuvent seulement regarder de loin toutes les richesses produites depuis, car pour pouvoir les acquérir, il faut un pouvoir d’achat lié à un salaire suffisant et à une situation sociale et économique stable. Ce qui n’est nullement le cas. Dire, comme le prétendait Jacques Marseille qui n’est plus de ce monde, que LES Français sont plus riches aujourd’hui qu’il y a 50 ou 100 ans, c’est tout simplement de la poudre aux yeux et de la propagande, car si la France est aujourd’hui plus riche aujourd’hui qu’il y a 50 ou 100 ans, tous LES français n’ont pas profiter d’une manière égale des richesses produites. La raison en est : l’appropriation privée des moyens de production et la logique purement mercantile du mode de production capitaliste en France. Si c’était vrai que les Français sont plus riches aujourd’hui qu’il y a 50 ou 100 ans, comment Jacques Marseille et ses acolytes expliquent-ils le phénomène de la paupérisation d’une bonne moitié des populations françaises à juger par la prolifération des associations de charité et des institutions chargées de distribuer de la soupe populaire aux « plus démunies » et de la lutte contre la faim dans un pays riche comme la France?

Un autre propagandiste employé à temps plein par les massmedias capitalistes, c’est Michel Godet qui fait l’apologie d’un système où les hommes vivent en MOYENNE 81 ans. Comme d’autres notions générales et ambiguës, le PNB, ou le revenu par habitant, la question des moyennes statistiques se prête à confusion. Il faut dire d’emblée que les modélisations mathématiques et les statistiques font partie des matériaux de base du propagandiste qui y recourt pour évacuer les questions de fond et pour donner des interprétations tendancieuses et erronées de la réalité sociale, économique et politique. Les modélisations mathématiques et les statistiques sont des techniques prouvées visant à dispenser leurs utilisateurs du contact avec le réel vécu et à ce titre on peut les classer parmi les catégories qui contribuent à la paresse intellectuelle et à l’économie de la pensée et de la réflexion. Dire que les hommes vivent aujourd’hui en moyenne 81 ans, c’est de la pure manipulation mentale, car cet énoncé fait complètement abstraction des conditions réelles des hommes dans les sociétés capitalistes. La question de la moyenne recèle une perversion fondée sur des promesses d’avenir et une hypothétique longévité qui empêchent les hommes de rechercher « ailleurs », c’est-à-dire un monde meilleur que le système capitaliste qui les exploite de leur naissance à leur mort. La question de l’espérance de vie fait partie de ces thèmes qui font croire aux classes exploitées qu’elles vivent plus longtemps qu’avant et qu’elles vivent dans le meilleur des mondes possibles. Il est bien vrai que l’espérance de vie des hommes a augmenté mais c’est une pure illusion de croire qu’elle l’a été pour leur bonheur et pour leur bien-être terrestre. Si en effet les hommes vivent aujourd’hui plus longtemps qu’il y a 20, 50 ou 100 ans, c’est pour le plus grand bonheur d’un système capitaliste qui peut exploiter plus longtemps les bras et les muscles des ouvriers et des travailleurs grâce à la médecine et c’est pourquoi Pasteur et son institut ont été mis sur un piédestal. Godet et ses compères se gardent bien d’évoquer les conditions de travail pénibles et abrutissantes de la majorité des hommes dans un système capitaliste qui n’a qu’un seul objectif, exploiter. En miroitant aux hommes une espérance de vie plus longue, Godet et consorts n’ont qu’une idée dans la tête: convaincre ceux qui travaillent de se faire exploiter le plus longtemps possible pour le plus grand bonheur des capitalistes et ceux qui ne travaillent pas d’armer de patience, car tout peut arriver même à un âge avancé, puisqu’en continuant à travailler jusqu’à l’âge de 70 ans, nous aurions encore une espérance de vie 11 ans et à l’âge de 75 ans, une espérance de vie de 6 ans. Le travail en soi n’est pas une tare mais le travail dans un système capitaliste fondé sur l’exploitation éhontée de la force de travail, le travail devient une corvée et une grande souffrance physique et psychologique. Le système capitaliste qui est par définition u voleur de temps par nature, vole aux hommes leurs meilleures années de leur vie en ne leur laissant que les mauvaises années. Dans un système d’exploitation, les hommes ne peuvent plus donner sens à leur travail qui devient un simple moyen de gagner de l’argent soit pour survivre s’ils sont pauvres soit pour se donner des « loisirs » s’ils appartiennent aux « classes moyennes » soit encore comme moyen pour accumuler plus d’argent.

En claironnant à longueur de journée dans les massmedias capitalistes que la moyenne de vie des Français est de 81 ans, Godet et consorts cherchent à manipuler le psychisme humain pour faire oublier aux hommes d’aujourd’hui ce qu’ils attendent demain, la pandémie du cancer devenue la première cause de mortalité dans le monde avant les maladies cardio-vasculaires. Contrairement aux prétentions de la propagande officielle, la pandémie du cancer n’est pas au gène mais à un mode de vie rapide et stressant, à une nourriture empoisonnée par les produits chimiques et aux différentes pollutions chimiques et atmosphériques provoquées par un mode spécifique de production et de consommation.

Si Marseille jadis et Godet aujourd’hui occupent l’espace médiatique, ce n’est pas pour leur esprit d’analyse mais pour le rôle qu’ils jouent dans la propagande capitaliste qui prépare psychologiquement les Français au démantèlement de leur système de retraite et à l’abandon progressif de tous leurs acquis sociaux arrachés de hautes luttes à la bourgeoisie et aux capitalistes par des générations d’ouvriers et de travailleurs.

Commentaires (1)

1. airelle (site web) 03/05/2010

Il est vrai que Marseille, il y a peu, et Godet, s'y entendaient pour parler de la condition ouvrière !!! Ces économistes distillaient leurs mensonges à longueur de temps, par exemple à : C'est dans l'air, de Calvi ... quand on connaît un tant soit peu le monde ouvrier, et aussi celui des précaires et chômeurs, on ne raconte pas de telles "idioties" !!! L'espérance de vie, si vraiment, elle a augmentée, cela n'est sans doute pas dans la classe ouvrière, de plus en plus pressurée, stressée,voir les décès de plus en plus jeunes des suites de cancer, et enfin par suicides, par désespoir !!! C'est cela le progrès Mr Godet ???

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